Regardez notre reportage sur le Fernando Lugo, dit "l'évêque rouge".
Le Paraguay élit dimanche un nouveau président qui pourrait, pour la première fois en plus de 60 ans, échapper au contrôle du parti Colorado.
La plupart des sondages placent en tête l'ancien évêque catholique Fernando Lugo, chef de file d'une coalition de centre gauche.
Il est talonné par Blanca Ovelar, candidate du parti Colorado (centre droit) et première femme à briguer la présidence du pays, et l'ex-général Lino Oviedo, dirigeant du parti de droite Unace.
De nombreux commentateurs soulignent que le résultat reste incertain. Les premiers sondages de sortie des urnes seront diffusés après 17h00 locales (21h00 GMT).
Le scrutin se décide à la majorité simple, sans second tour.
Plusieurs dizaines d'observateurs internationaux surveilleront le bon déroulement du vote dans un pays où la corruption et la contrebande sont répandus.
Les craintes de fraude et de violences ont été apaisées au cours de la journée, aucun incident majeur n'ayant été signalé par les observateurs ou les autorités électorales.
Quelques échauffourées localisées ont toutefois éclaté et du gaz lacrymogène a été projeté dans le bureau de vote où le colistier de Lugos accomplissait son devoir électoral, a indiqué un membre de son équipe de campagne.
"Cela ne nous effraie pas et ne nous intimide pas, nous sommes tous très calmes", a assuré Lugo au micro d'une radio locale.
"Presque pas d'icidents"
Maria Emma Mejia, responsable d'une équipe d'observateurs de l'Organisation des Etats américains, a indiqué qu'aucune tentative importante de fraude n'avait été signalée.
"Le taux de participation a été très élevé et il n'y a presque pas eu d'incidents", a-t-elle affirmé.
Lugo espère mettre fin à la domination politique qu'exerce depuis 61 ans le parti Colorado, qui détient à ce jour le record mondial de longévité au pouvoir. Le Colorado a soutenu durant 35 ans la dictature du général Alfredo Stroessner avant de précipiter sa mise à l'écart en 1989.
Blanca Ovelar et son mentor, le président sortant Nicanor Duarte Frutos, ont rejeté la possibilité d'une fraude.
"Nous sommes prêts à accepter les résultats des élections quels qu'ils soient et nous demandons la même chose des autres candidats", a déclaré Ovelar à la presse.
Au sujet des risques de fraude, Lugo a noté que la question "flottait dans l'atmosphère" mais il a dit ne pas croire à l'éventualité d'un scénario violent. "Toutes nos élections ont été pacifiques, indépendamment des résultats", a-t-il souligné.
L'armée et quelque 10.000 policiers assureront la sécurité du scrutin, qui se déroule de 7h00 à 17h00 (11h00-21h00 GMT).
Le pays compte 2,8 millions d'électeurs inscrits sur une population de 5,6 millions d'habitants.
Parallèlement à la présidentielle, les électeurs voteront pour renouveler le Congrès et élire de nouveaux gouverneurs de province. Aucun parti ne devrait obtenir de majorité au Congrès.
















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