Vendredi 05 décembre 2008

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Polémique sur des photos de Paris sous l'Occupation

Lundi 21 avril 2008

L'exposition "Les Parisiens sous l’Occupation" montre des scènes de vie en décalage complet avec ce qu'était la réalité de 1940 à 1945. Organisée dans la capitale, cette manifestation choque et crée la polémique. (Reportage : J. André)

Lundi 21 avril 2008

L’exposition "Les Parisiens sous l’Occupation", proposée par la Bibliothèque historique de la ville de Paris, met en scène 250 photographies couleurs signées André Zucca, photographe du journal de propagande nazi "Signal". Ouverte depuis le 20 mars, et jusqu'au 1er juillet, cette exposition suscite à la fois malaise et polémique.

1942, sous un ciel bleu, des femmes en lunettes de soleil, tout sourire, bouquinent au Jardin du Luxembourg. Des scènes de joie autour de terrasses de café ou de vitrines bien garnies. Ces images inédites, prises par un 24/36 Leica, montrent des scènes de vie idylliques de la vie parisienne entre 1941 et 1945, en plein pendant la Seconde guerre mondiale. Le manque de commentaires pour expliquer leur connotation propagandiste est criant.

La plupart des photos contrastent avec les livres d’Histoire qui rappellent la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942. Où sont les files d’attente devant les magasins d’alimentation ? Où sont les témoins de l’Occupation ? De rares clichés dévoilent des étoiles jaunes cousues sur les vestes des passants. Ce regard inattendu de la "France allemande" ne laisse pas indifférent.

"Qu'on arrête cette exposition !"

Sans remettre en cause leur beauté, ces clichés dérangent. Pire, le titre de l’exposition choque. A l’image de Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé des affaires culturelles, et élu du 4ème arrondissement (lieu de l’exposition) qui crie son indignation. "Je suis pour qu'on arrête cette exposition !", lançait-il, la semaine dernière dans les colonnes de l’hebdomadaire, le Journal du Dimanche. "Franchement, c'est insupportable. Tout cela me dégoûte".

Christophe Girard dit avoir découvert cette exposition le jour de son inauguration, en mars. "Elle m'a mis tellement mal à l'aise que j'ai quitté le vernissage", raconte-t-il. "Pourtant, si on avait clairement expliqué au public qu'il s'agissait de photos de propagande, l'exposition aurait pu être très intéressante."

La polémique est lancée. L’exposition doit-elle continuer ? Y a-t-il eu un couac à la mairie de Paris ? Christophe Girard, qui n’a pas souhaité répondre aux questions de FRANCE 24, se serait excusé pour ses propos vifs.

Le bureau du patrimoine de la Mairie de Paris, qui dépend du service culturel, se défend : "L’exposition a été validée par des commissaires indépendants [dont Jean Baronnet] et l’historien Jean-Pierre Azéma est associé à l’exposition".

La Mairie de Paris reconnaît "un manque"

La Mairie de Paris tient également à préciser : "De toutes les photographies présentées dans l’exposition, pas une seule ne fut publiée dans ce magazine nazi".

Le photographe Zucca (1897-1973), correspondant de guerre pour France Soir et pour Paris Match en 1939, est appelé par l’occupant en 1941 pour travailler au magazine de propagande Signal. Ce bimensuel, diffusé dans les pays occupés, réservait la couleur seulement aux photos de guerre.
A la Libération, André Zucca perd sa carte de presse et se voit écarté de la profession de journaliste.

La Mairie de Paris reconnaît désormais "un manque de matériel pédagogique" et s’attache désormais à faire oublier ces erreurs d’organisation. "Des précisions historiques, jusqu'alors cruellement manquantes, ont été ajoutées", précise-t-on.

De son côté, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, qui parle "d’une affaire mal engagée", tient à rectifier le tir. Il a préféré ne pas interdire l’exposition pour éviter toute accusation de censure. Il décide tout de même de faire cesser la campagne d’affichage.

Un débat serait également prévu pour rattraper cette maladresse. Le thème serait : "Le photographie peut-elle être un témoin objectif ?".

Les Parisiens sous l'Occupation : André Zucca. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 22, rue Malher, 4ème. Tél.: 01 44 59 29 60. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 19h. Jusqu'au 1er juillet.


 

  • 05/05/2008 10:34:43 Signaler un abus

    juste des traficants de jambon

    Quand on voit comment les irakiens résistent aux américains à Bagdad, on se demande pourquoi les parisiens occupés n'en en pas fait de même.

  • 03/05/2008 14:36:03 Signaler un abus

    Tous les français étaient des résistants

    Si tous les français qui pendant la guerre ont collaboré avec l'occupant avaient perdu leurs boulots, Papon, Mitterand, Marchais etc.. se seraient retrouvés au chomage. La plupart des français n'étaient ni collabos ni résistants ou alors un peu des deux à la fois.
    Aujourd'hui certains éxistent au conseil de Paris en voulant réécrire l'histoire, mais beaucoup de parisiens ont encore la mémoire de cette période, mais pas celle dont ont fait les livres d'histoire parcequ'elle est trop vrai.

  • 02/05/2008 11:35:16 Signaler un abus

    occupation allemande

    M. Le Pen avait jugé, en janvier 2005 dans l'hebdomadaire Rivarol, que "l'occupation allemande (en France) n'a pas été particulièrement inhumaine", comme souvent Le Pen ne dit pas que des conneries et avait déjà une longueur d'avance.

  • 23/04/2008 01:05:40 Signaler un abus

    réalités

    Encore un drame du politiquement correcte! Qui peu honnêtement s'indigner qu'on nous montre des photos de la vie de tous les jours dans Paris occupé? Car c'est bien de cela qu'il s'agit!! la vie de tous les jours, ni plus ni moins, et c'est cela l'Histoire! Pas cette espèce de maquillage honteux que l'on veut nous faire avaler au nom de je ne sais trop quel "politiquement correcte' une fois encore et sous prétexte que ces images ont été prises par un photographe allemand!!
    Faut -il condamner les gens qui apparaissent sur ces images, et sans doute à leur corps défendant, pour avoir l'air tout simplement heureux de vivre en dépit de la tourmente? Faudra-t-il dans 50 ans ne montrer que des images des attentats et des morts de Bagdad et cacher celles des gens qui trouvent encore le moyen de rire, de faire leurs courses et de s'assoire à la terrasse des cafés? Il y en a... et heureusement, et pour autant il ne se font sans doute pas traiter de collabos!!!

  • 22/04/2008 11:29:46 Signaler un abus

    Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ...

    Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ... C'est ce que montrent ces réactions. En effet, qu'on l'accepte ou non, ces photos font partie de l'histoire et nous montrent que certains ont plutôt bien vécu malgré la guerre. Cette vision peut choquer mais à le mérite de mettre le doigt sur le fait que tous les français n'ont pas été des héros de guerre ou des résistants exemplaires. Peut-être que certaines personnes influentes ont peur de se reconnaître sur ces clichés (ou de reconnaître un parent ou un proche) ... En tout cas je trouve saine la réaction de M. Delanoë de maintenir cette exposition et de ne pas la censurer comme le demandent certains.

  • 22/04/2008 10:36:48 Signaler un abus

    fausse polémique

    Pendant l'Occupation, des gens prenaient du bon temps et alors?On voudrait nous faire croire le contraire, qu'il n'y avait que des résistants?Certes, les parisiens manquaient de beaucoup de choses, les tickets de rationnement en sont la preuve, la rafle du Vel d'Hiv est un épisode tragique mais de là à nous dresser un tableau a contrario de parisiens dans leur majorité luttant contre l'occupant est complètement faux.Avant aout 44 et l'avancée des Alliés, les actes de résistance étaient plutôt rares dans la capitale, et je vous rapelle qu'en février 1944 soit 6 mois avant la Libération de Paris, plus de 500 000 parisiens sur 1 million d'habitants à l'époque acclamaient le Maréchal Pétain lors de sa visite à Paris.Donc je vois pas de quoi on s'indigne à la vue de ces photos.Tout tentative de réécrire l'Histoire est condamnable et on doit assumer son passé quelqu'il soit.


 

 

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