élections - Paraguay
L'ancien évêque catholique Fernando Lugo donné gagnant
Lundi 21 avril 2008
L'ancien évêque catholique Fernando Lugo, chef de file d'une coalition d'opposition de centre gauche aurait, selon les premières projections officielles, remporté l'élection présidentielle au Paraguay. (Récit : M. Gaudin)
Lundi 21 avril 2008
Par AFPRegardez notre reportage sur le Fernando Lugo, dit "l'évêque rouge".
Surnommé l'"évêque des pauvres", Fernando Lugo, donné gagnant d'un scrutin présidentiel dimanche contre le Parti Colorado au pouvoir depuis 60 ans, a connu une ascension politique rapide, après avoir renoncé à sa charge ecclésiastique en 2006 pour prendre la tête du front anti-gouvernemental.
Chevelure et barbe poivre et sel, le regard direct derrière des lunettes à monture métallique, le sourire serein, le candidat n'a été convaincu qu'en mars 2006, par l'opposition d'emmener l'APC, coalition d'une vingtaine de formations majoritairement de gauche, aux élections présidentielles.
Parfois surnommé depuis "l'évêque rouge", Lugo dit préférer au qualificatif de "gauche" qu'on lui accole celui de "progressiste".
"Si vous demandez à cinq personnes dans une pièce une définition pour "gauche", vous en obtiendrez cinq différentes", a-t-il souligné, en riant, vendredi lors d'une conférence de presse dans son quartier général.
Accusé de vouloir instaurer au Paraguay un système de type chaviste, Lugo a saisi l'occasion pour se démarquer des présidents populistes du Venezuela Hugo Chavez et de Bolivie Evo Morales, en affirmant que s'il "valorise les politiques de la région" sud-américaine, il croit en revanche que le Paraguay doit "suivre son propre processus".
Les autorités ecclésiastiques qui ne l'on pas excommunié l'avaient publiquement qualifié de rebelle, le comparant "à un poignard planté dans le corps de l'Eglise".
Fernando Lugo est un homme dont la conscience politique s'est éveillée très tôt au sein de sa propre famille persécutée sous la dictature d'Alfredo Stroessner (1954 - 1989).
Il né le 30 mai 1951 à San Solano, dans la région d'Itapua (sud), l'une des plus défavorisée de ce pays, dont un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Ses proches sont modestes, non pratiquants, unis et surtout très politisés, à l'image de son oncle Epifanio Mendez Fleitas, une des figures de proue du Parti Colorado (conservateur), qui entra en dissidence contre le dictateur Stroessner.
Militants opposés au régime, trois de ses frères avaient été contraints à l'exil, après avoir été torturés, et son père avait également été maintes fois arrêté.
Mais lui touché par Dieu à 19 ans, et au grand dam de son père, a choisi d'entrer au Séminaire de la Congrégation de la Parole Divine en 1971 avant d'être ordonné prêtre six ans plus tard et d'intégrer l'Université catholique de Notre Dame d'Asuncion.
Missionnaire, il part ensuite en Equateur pour y travailler jusqu'en 1982 au contact des couches sociales les plus défavorisées.
Ces années lui valent aujourd'hui le surnom d'"évêque des pauvres", en référence à l'influence de l'Equatorien Leonidas Proano, membre de la Théologie de la libération, un mouvement social issu de l'Eglise catholique, teinté de marxisme et développé en Amérique latine dans les années 70.
Expulsé du Paraguay en 1983 par le régime de Stroessner, il connaît quatre ans d'exil à Rome, avant de rentrer au pays, où il est devenu en 1994 évêque de San Pedro (centre), un département socialement défavorisé, aux relations chaotiques avec les autorités.
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