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En Irak, Rice s'en prend au radical chiite Sadr

Dernière modification : 21/04/2008

En visite surprise en Irak, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'en est prise au radical chiite Sadr, qui a menacé le gouvernement d'une "guerre ouverte" s'il ne mettait pas fin à la campagne de répression de ses partisans.

 

BAGDAD, 20 avril (Reuters) - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en visite dimanche à Bagdad, a approuvé la campagne du gouvernement irakien contre les milices, alors qu'une reprise des violences dans la capitale faisait 23 morts.


Des roquettes ont frappé dimanche la "Zone verte", enclave gouvernementale fortifiée de Bagdad où Rice a rencontré le Premier ministre irakien Nouri al Maliki ainsi que d'autres responsables, les félicitant pour leur action contre les partisans de Sadr.


Elle s'en est vivement prise à l'imam radical chiite, qui a menacé samedi le gouvernement d'une "guerre ouverte" s'il ne mettait pas un terme à la campagne de répression de ses partisans.


"Il vit toujours en Iran. Je suppose que si la guerre est ouverte, ce n'est certainement pas pour lui", a déclaré Rice aux journalistes qui l'accompagnaient lors de sa visite à Bagdad.


"Ses partisans peuvent bien aller à la mort, lui reste en Iran", a-t-elle ajouté.


Sadr a répliqué par voie de communiqué et condamné la présence de Rice en Irak. Le gouvernement, affirme-t-il, ne devrait pas accepter la présence de tels "occupants terroristes dans notre pays pur".


Sur le terrain, les forces gouvernementales, appuyées par les bombardements de l'aviation américaine et de l'artillerie britannique, n'ont guère rencontré de résistance samedi en s'emparant d'un bastion sadriste à Bassorah, la grande ville du Sud chiite.


Mais les combats entre les miliciens et le gouvernement à Sadr City, dans l'est de la capitale, ont fait des centaines de morts depuis la fin du mois dernier.


Le colonel Steven Stover, porte-parole de l'armée américaine, a fait état d'une série de fusillades et de frappes aériennes menées dans ce quartier, fief des miliciens de l'Armée du Mahdi, au cours desquelles 20 combattants ont trouvé la mort.


"Je dirais que ça a été la nuit la plus chaude depuis quelques semaines", a-t-il dit. "Je crois que depuis hier soir, la violence est montée d'un cran."


Stover a évoqué deux tirs de missile effectués par des hélicoptères qui ont tué chacune trois combattants. Neuf autres ont péri dans une fusillade survenue dans la matinée et deux autres encore dans des échanges de tirs en soirée.


Les miliciens de l'Armée du Mahdi, qui contrôlent de nombreux quartiers chiites, ne cachaient pas avoir hâte que le cessez-le-feu imposé par Sadr prenne fin. "Nous sommes très heureux et nous avons hâte. Nous attendons la fin du cessez-le-feu", a déclaré à Reuters un commandant de la milice connu sous le nom de Abou Hassan.

 

"DERNIER AVERTISSEMENT"


La perspective d'un soulèvement à grande échelle des forces de Sadr alourdit les enjeux de son bras de fer avec le Premier ministre Nouri al Maliki, qui a menacé de mettre le mouvement de l'imam au ban de la vie politique s'il ne démantèle pas sa milice de l'Armée du Mahdi.


La mobilisation contre le gouvernement des miliciens - qui sont plusieurs dizaines de milliers - pourrait mettre fin à une période de relatif recul des violences alors même que les forces américaines procèdent à un retrait partiel de leurs effectifs.


"Je lance mon dernier avertissement et mon dernier mot au
gouvernement irakien: soit il revient à la raison et prend le chemin de la paix (...), soit il subira le même sort que le précédent gouvernement", a déclaré Sadr dans un communiqué diffusé samedi soir, faisant référence au régime déchu de Saddam Hussein sans fournir de précisions.


Il a ajouté: "S'ils ne reviennent pas à la raison et ne réduisent pas l'infiltration des miliciens, nous allons déclarer une guerre ouverte jusqu'à la libération."


Le mouvement de Sadr accuse d'autres groupes chiites d'infiltrer, avec leurs miliciens, les forces de sécurité irakiennes, notamment dans le sud de l'Irak, où plusieurs factions sont en concurrence pour le contrôle d'une région d'où vient le gros de la production de pétrole.


La menace de Sadr tombe particulièrement mal pour le gouvernement irakien. Vendredi, les forces américaines ont dit disposer d'informations selon lesquelles Al Qaïda, chassée de Bagdad et de l'ouest de l'Irak l'an dernier, préparait un retour dans la capitale où elle prévoirait de mener des attentats à la bombe de grande ampleur.


Le chef d'Al Qaïda en Irak a appelé à la multiplication des attaques contre les forces américaines au cours du mois à venir, a indiqué un organisme de surveillance des activités terroristes, l'institut SITE, basé aux Etats-Unis.


L'appel à la mobilisation d'Al Qaïda rendu public samedi était contenu dans un enregistrement audio d'une heure où s'exprime Abou Hamza al Mouhadjir, qui a demandé aux activistes du groupe sunnite de "célébrer" l'annonce récente du chiffre de plus de 4.000 soldats américains tués en Irak.

Première publication : 21/04/2008

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