Ted Quinlan est un homme occupé. En tant que président du relais de la flamme olympique a Canberra, il est chargé du bon déroulement des événements, et la tâche est de taille.
Le passage remarqué de la torche dans les capitales européennes l’inquiète. “Nous sommes déterminés à faire de l’étape de Canberra un succès”, se rassure-t-il, avant d’ajouter “même si nous savons que nous avons des problèmes de sécurité à régler, c’est évident, vu ce qui s’est passé dans d’autres capitales.”
Pour assurer un parcours sans heurt, le gouvernement australien a décidé d’interdire, sur le passage de la flamme à Canberra, la présence des services de sécurité chinois -les fameux hommes en bleu. "C’est une question juridique", explique Ted Quinlan.
“Le contrôle de la foule est entièrement du ressort de la police fédérale australienne, qui est très compétente en ce domaine. Il n’y aura pas de bus entiers remplis d’hommes en bleu, prêts à sauter dans la mêlée. Ca ne se passera pas comme ca, c’est sûr.”
Convaincre les autorités chinoises des bienfaits de cette décision n’a pas été choses aisée. La Chine est responsable de la flamme olympique -un rôle qu’elle prend très au sérieux. La convaincre d’abandonner une part de son contrôle sur la flamme a nécessité de “forcer un peu la porte”, explique Ted Quinlan.
Aux yeux de la communauté tibétaine en Australie, les fameux hommes en bleu de la sécurité chinoise sont tout simplement indésirables.
“Ils font partie de l’armée, de la police armée du peuple, explique Paul Bourke, directeur du Conseil Tibétain en Australie. Ils sont responsables de nombreuses atrocités perpétrées a l’encontre des Tibétains du Tibet.”
Du côté des manifestants, limiter la présence des services chinois semble apaiser les tensions. “Les Tibétains d’Australie sont rassurés de savoir qu’à Canberra, notre droit de manifester dans le calme sera garanti”, déclare Temay Zirgin, porte-parole de la communauté tibétaine en Australie.
Pour ce jeune Tibétain, le passage de la torche sera avant tout l’occasion pour sa communauté de lancer un appel a Pékin : l’espoir de voir un jour la Chine et le Tibet à la table des négociations.





