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Les appels à une intervention internationale pour désamorcer la crise post-électorale au Zimbabwe se sont multipliés mardi, des responsables religieux allant jusqu'à affirmer que les violences risquaient d'atteindre des proportions génocidaires.
Alors que la polémique sur l'éventuelle livraison d'armes chinoises à Harare se poursuivait, Pékin a défendu son droit de vendre du matériel militaire au régime de Robert Mugabe, tout en laissant entendre que la livraison pourrait être annulée.
Tandis que de nombreuses sources font état de violences croissantes à travers le pays, les résultats du scrutin présidentiel du 29 mars n'ont toujours pas été annoncés et le nouveau comptage partiel des suffrages semblait devoir encore durer longtemps.
Le Zimbabwe a annoncé le report du sommet du Marché commun des Etats d'Afrique australe et de l'Est (Comesa) qui se devait se tenir du 1er au 15 mai à Victoria Falls (nord-ouest), expliquant que "les dates initialement prévues pouvaient coïncider avec le processus encore non terminé des élections", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
La commission électorale avait indiqué plus tôt que le nouveau décompte, qui a débuté samedi et devait durer trois jours, ne serait pas achevé avant ce week-end.
Mardi, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a sensiblement haussé le ton, réclamant la publication des résultats "dès que possible".
"Il est inacceptable que les résultats de l'élection présidentielle au Zimbabwe n'aient toujours pas été annoncés, trois semaines après l'élection", a-t-il déclaré à l'issue d'une visite au Liberia.
L'opposition, qui affirme que dix de ses membres ont été tués par des milices pro-gouvernementales, réclame désormais une intervention de l'ONU et de l'Union africaine (UA).
Les leaders religieux de diverses confessions ont aussi appelé mardi la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), l'UA et les Nations unies à tout tenter "pour mettre fin à la détérioration de la situation politique et sécuritaire au Zimbabwe".
"Nous avertissons le monde que si rien n'est fait pour aider le peuple du Zimbabwe dans la situation difficile dans laquelle il se trouve, nous serons bientôt les témoins d'un génocide similaire à ceux qui ont eu lieu au Kenya, au Rwanda, au Burundi et dans d'autres lieux d'Afrique et du monde", ont-ils déclaré dans un communiqué commun publié à Harare.
C'est dans ce cadre que la secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, doit se rendre mercredi en Afrique du Sud pour évoquer la situation au Zimbabwe.
Le porte-parole du parti au pouvoir au Zimbabwe et ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a jugé l'utilisation du terme génocide infondée: "Un génocide, ce sont des meurtres de masse à grande échelle (...) Il n'y pas de génocide dans ce pays, la loi est respectée".
Il a ironisé sur les "mensonges" de l'opposition qui ne visent selon lui qu'à "s'assurer d'une intervention internationale dans les affaires intérieures du Zimbabwe".
Il a en outre revendiqué le "droit souverain" de son pays d'acheter des armes.
Mais la Chine a laissé entendre que la livraison pourrait être annulée. "Le contrat en question avait été signé l'année dernière et n'a rien à voir avec l'évolution récente de la situation au Zimbabwe", a affirmé Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères tout en précisant que l'armateur était "en train d'envisager son retour en Chine".
L'agent maritime affrétant le navire avait auparavant affirmé que le bateau faisait route vers Luanda, capitale de l'Angola.
Washington a demandé à Pékin "de ne plus envoyer de cargaisons (d'armes) supplémentaires et, si possible, de rappeler" celle destinée au Zimbabwe.
Le parti du président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, a officiellement perdu les législatives. Mais le nouveau comptage pourrait lui permettre de récupérer sa majorité parlementaire.



























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