Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

UE - États-Unis - Russie : le double-jeu des sanctions

En savoir plus

SUR LE NET

La Toile boycotte la vidéo de l'exécution de James Foley

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Nos étoiles contraires", sortez vos mouchoirs !

En savoir plus

FOCUS

La bataille du salaire minimum aux États-Unis

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Benjamin Stora : "Les Français connaissent assez mal l’histoire de l’immigration"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Barbarie"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"La constance, c'est la confiance"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

La fermeture de restaurants Mac Donald's en Russie : scandale sanitaire ou pression politique ?

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : l'ONU va déployer 10 000 casques bleus

En savoir plus

  • Mohamed Deif, plus que jamais ennemi juré d'Israël

    En savoir plus

  • Ebola : "Moi, je refuse de faire un vol vers Conakry"

    En savoir plus

  • La Tunisie et l'Égypte ferment leurs frontières aériennes avec la Libye

    En savoir plus

  • À Bangui, plusieurs centaines de manifestants réclament le départ des soldats français

    En savoir plus

  • Yémen : ultimatum de la rébellion chiite qui exige la démission du gouvernement

    En savoir plus

  • Gaza : trois commandants du Hamas tués dans un raid israélien

    En savoir plus

  • Présidentielle au Brésil : la candidature de Marina Silva menace Dilma Rousseff

    En savoir plus

  • Syrie - Irak : le pape François tantôt pacifiste, tantôt interventionniste

    En savoir plus

  • Ebola : les deux Américains traités au sérum ZMapp sont guéris

    En savoir plus

  • Cécile Rol-Tanguy : "Je représente les résistantes qui ont été oubliées"

    En savoir plus

  • Ukraine : "C’est le début de la Troisième Guerre mondiale"

    En savoir plus

  • Assassinat de James Foley : les États-Unis ont tenté de le libérer

    En savoir plus

  • Benjamin Stora : "Les Français connaissent assez mal l’histoire de l’immigration"

    En savoir plus

  • Le chef de l'armée désigné Premier ministre à Bangkok

    En savoir plus

  • Pourquoi les négociations sur un cessez-le-feu permanent sont un cauchemar ?

    En savoir plus

Le Bolchoï autorise une Carmen en français

Dernière modification : 22/04/2008

Pour la première fois le Bolchoï va accueillir un opéra chanté en Français. Le haut-lieu de la musique classique moscovite avait déjà programmé Carmen de Bizet plus de 1000 fois, mais jamais dans sa langue originale.

Carmen de Bizet est l'un des opéras les plus populaires au monde et le grand théâtre de Moscou, le Bolchoï, l'a programmé plus de 1.000 fois en moins d'un siècle. Pourtant la première prévue mardi va briser un tabou inédit en ce lieu mythique: l'emploi de la langue française.

L'enjôleuse Carmen, malgré sa notoriété, n'avait plus agité ses castagnettes sur les planches du Bolchoï depuis les années 80, si bien que cette nouvelle mise en scène avait, quoiqu'il advienne, peu de chances de ressembler aux précédentes.

Et de fait, le spectateur en quête de sensations ne sera pas déçu par cette production plutôt extravagante où se croisent des pom-pom girls en rose vif et paillettes, un engin élévateur brandissant l'effigie du "toreador" et des contrebandiers d'inspiration vaguement sado-maso, arborant cuir, tatouages et matraques.

Aussi la gitane ne s'exprime plus en russe, comme ce fut le cas jusqu'au début des années 90, l'ancienne politique du Bolchoï exigeant la traduction de tous les opéras étrangers. Si la troupe moscovite a depuis déjà à son actif quelques opéras dans d'autres langues, c'est la première fois qu'elle s'essaie à celle de Molière.

Autre changement notable, la mise en scène fait une croix sur les dialogues chantés utilisés jusqu'ici, leur préférant des échanges parlés, conformément au souhait de Georges Bizet lui-même. De quoi réjouir l'oreille par un bel éventail d'accents puisque la principale interprète de Carmen, Nadia Krasteva, est une Bulgare, et celui de Don José, Gerard Powers, un Américain.

Cette huitième production de Carmen au Bolchoï -ou en l'ocurrence sur la scène provisoire qu'il occupera encore jusqu'en novembre 2009 en attendant la rénovation de ses locaux historiques- a été confiée à deux invités: le chef d'orchestre péterbourgeois Iouri Temirkanov et le metteur en scène britannique David Pountney.

Le premier, principal invité du théâtre moscovite actuellement, est souvent présenté comme conservateur, tandis que le second est "célèbre pour sa façon de bousculer la tradition", souligne-t-on au Bolchoï.

Iouri Temirkanov n'a d'ailleurs pas fait mystère devant la presse qu'il trouve personnellement "bête" de présenter un opéra dans une langue inconnue du public, mais admet que "telle le veut la mode des 50 dernières années" et qu'en outre "il ne serait pas bien de corriger Bizet".

David Pountney pour sa part se défend d'être un metteur en scène "radical", estimant qu'il y a dans le monde de l'opéra "des gens bien plus fous que (lui)", et se félicite que le retour aux dialogues parlés restitue "la vie théâtrale particulière et rythmée entre les personnages" voulue par l'auteur lors de sa présentation initiale à l'Opéra Comique de Paris en 1875.

Mais avec ce retour aux sources, il ne craint pas de bousculer un peu le spectateur, par des décors très confinés et surtout en présentant une gamme de costumes déconcertante, de la très sage Michaëla déguisée en Alice au pays des merveilles à Carmen ultra-sexy dans une robe de dentelle noire transparente et de longues bottes de cuir...

La principale intéressée, Nadia Krasteva, qui a chanté de nombreuses fois Carmen ne se montre pas du tout décontenancée par cette approche, même si elle reconnaît qu'elle est "plus avant-gardiste, plus moderne" que ce qu'elle a pu faire dans le passé. "Ce personnage m'est proche", explique-t-elle.

Et cette héroïne, créée par l'écrivain français Prosper Mérimée au XIXe, a encore bien des choses à dire sur la société d'aujourd'hui et sa vision de la liberté, notamment en Russie où le corps de la femme s'affiche partout dans la rue mais n'est qu'une pâle version commerciale de la vraie liberté incarnée par Carmen, souligne David Pountney.

Première publication : 22/04/2008

COMMENTAIRE(S)