Dernière modification : 23/04/2008 

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Prodi tend une bouée de sauvetage à Alitalia
Prodi tend une bouée de sauvetage à Alitalia
Le gouvernement italien a autorisé mardi un crédit-relais de 300 millions d'euros pour Alitalia afin d'assurer la viabilité à court terme de la compagnie aérienne. Ce prêt doit être remboursé d'ici fin 2008.

Le Conseil des ministres italien a décidé d'accorder mardi soir un prêt relais d'urgence de 300 millions d'euros à la compagnie aérienne Alitalia, après le retrait de l'offre d'achat d'Air France-KLM lundi, a annoncé le chef du gouvernement sortant Romano Prodi.
   
Le remboursement de ce prêt "est prévu d'ici au 31 décembre", a indiqué M. Prodi lors d'une conférence de presse tenue à l'issue du conseil des ministres.
   
Le futur chef du gouvernement "Silvio Berlusconi m'a demandé un prêt plus substantiel que celui que nous avions prévu, afin d'avoir plus de temps pour résoudre l'affaire Alitalia. Nous avons agi avec responsabilité", a-t-il précisé.
   
La presse italienne avait estimé que le montant du prêt relais ne dépasserait pas les 200 millions d'euros.
   
Un tel prêt pourrait cependant être considéré comme une aide d'Etat par Bruxelles. La Commission européenne a en effet rappelé qu'Alitalia ne peut plus bénéficier d'une telle aide jusqu'en 2011 car elle en avait déjà obtenu dans le passé, les dernières remontant à 2001.
   
"Il s'agit d'une intervention qui dans d'autres circonstances n'aurait pas été décidée", s'est justifié le ministre de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, qui a dit "attendre de voir" la réponse de l'Union européenne.
   
Le gouvernement italien sortant entend laisser au prochain chef de gouvernement, Silvio Berlusconi, élu les 13 et 14 avril, les décisions stratégiques sur l'avenir d'Alitalia, avait déclaré dans la journée le ministre du Développement économique, Pierluigi Bersani.
   
"Les interférences excessives qui ont eu lieu lors de la campagne électorale de la part de partis politiques bien précis et les nombreuses difficultés introduites par les syndicats, expliquent la décision d'Air France", a déploré Romano Prodi.
   
Silvio Berlusconi a en effet assuré pendant toute la campagne électorale qu'il disposait d'un groupe d'entrepreneurs italiens prêts à mettre la main au portefeuille pour sauver Alitalia, mais le projet ne s'est toujours pas concrétisé.
   
Après avoir rompu le 2 avril les négociations de reprise avec Alitalia, le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a décidé de fermer définitivement la porte lundi soir.
   
Cette rupture laisse Alitalia sans solution de secours dans l'immédiat. Elle disposait fin mars de ressources financières d'environ 170 millions d'euros et a récupéré 69 millions d'euros de crédit d'impôts début avril.

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