22 avril 2008 - 18H47
- Jérôme Kerviel - Société générale

Un témoin accuse la Société Générale
Un responsable de l'Eurex, "gendarme" de la Bourse allemande, aurait déclaré à la brigade financière avoir alerté sans résultat la Société Générale des manœuvres litigieuses de Jérôme Kerviel dès fin 2007, selon le site de l'Express.

Un témoin allemand entendu dans l'enquête sur le perte de 4,9 milliards d'euros subie par la Société générale dit avoir alerté la banque française en vain fin 2007 des manoeuvres litigieuses du trader Jérôme Kerviel et l'accuse d'avoir répondu de manière malhonnête. Le sens général de la déposition de Michel Zollweg, publiée en partie par Le Canard enchaîné et sur le site internet de L'Express, a été confirmé à Reuters par deux sources.

 

Ce témoin, auditionné pendant une demi-journée le 10 avril par les policiers de la Brigade financière, dirige le Trading surveillance office (TSO), le "gendarme" officiel d'Eurex, marché de la Bourse allemande.

 

Dans une déclaration, la Société générale explique en substance que les alertes mentionnées par le témoin ne lui permettaient pas de prendre conscience du problème Kerviel.

 

"Les questions ne portaient pas sur les positions globales du trader. La Société Générale avait proposé à Eurex de lui fournir toutes explications complementaires souhaitées, offre à laquelle Eurex n'a pas souhaité donner suite", dit la banque.

 

Michel Zollweg a dit avoir été alerté à l'été 2007 sur des mouvements importants de marché, dûs à des engagements pris par la SocGen sur Eurex, opérés par le seul trader Jérôme Kerviel.

 

"Il est inhabituel qu'un seul individu engage une banque pour de tels montants", déclare le témoin sur le procès-verbal.

 

Il a dit avoir écrit en octobre au service de contrôle interne de la banque à propos d'un engagement de Kerviel sur un milliard d'euros mais n'a reçu qu'une réponse orale un mois plus tard, le 15 novembre 2007, l'assurant que tout était correct.

 
 
 
Nouvelle audition mercredi
 

Une confirmation écrite a été demandée et est parvenue cinq jours plus tard, a-t-il raconté. "Nous n'avons pas été satisfaits de cette réponse dont les termes étaient incompréhensibles (...) A dessein, la réponse reprenait des termes inconnus. La Société générale a volontairement utilisé une terminologie que nous ne comprenions pas", a-t-il dit.

 

Un nouveau courrier de la TSO a reçu une nouvelle réponse de la Société générale le 10 décembre, avec copie à la hiérarchie de Jérôme Kerviel, mais le témoin a expliqué qu'il n'était toujours pas satisfait, car le courrier ne rendait selon lui pas fidèlement compte des positions prises par le trader.

 

Une nouvelle demande d'information était sur le point d'être envoyée à la banque française le 18 janvier mais l'affaire a été rendue publique peu après et l'échange s'est arrêté là.

 

Mis en examen pour "abus de confiance, faux et usage de faux et introduction dans un système de traitement automatisé de données", Jérôme Kerviel, libéré le 18 mars après 38 jours de prison, doit être entendu à nouveau mercredi par les juges d'instruction chargés du dossier.

 

On lui reproche des prises de position à risque, dissimulées par des faux, à hauteur de 50 milliards d'euros. Leur liquidation par la banque du 21 au 23 janvier a généré une perte historique pour la finance de 4,9 milliards d'euros.

 

L'enquête a montré que ces agissements de Jérôme Kerviel duraient depuis plusieurs années et avaient rapporté à la banque 1,4 milliard d'euros le 31 décembre 2007.

 

La banque, alertée à 74 reprises par diverses sources en décembre 2006 et janvier 2007, n'a jamais réagi, selon un rapport d'inspection interne. Lors de plusieurs confrontations judiciaires entre Jérôme Kerviel et ses supérieurs hiérarchiques, ces derniers ont assuré n'avoir rien remarqué. Plusieurs sont sous le coup d'une procédure de licenciement.

Commentaires

Blanchi

Je pense qu'au final il n'arrivera rien à ce jeune Trader, et je ne serai pas étonné qu'il puisse réclamer de fortes indemnités pour licenciement abusif.
Il appartenait à ses patrons de superviser ce qu'il faisait, comme il appartient à n'importe quel patron d'assumer l'accident d'un de ses employés.
Il ne s'est pas enrichi personnellement et ne peut être accusé de détournement de fonds.
Il n'a rien fait perdre de lui-même à la SG.
Cette banque a accepté elle même de perdre ces 5 Milliards en vendant précipitemment au mauvais cours.
N'importe quel avocat pourra le démontrer.
Il était farfelu certainement, mais on ne va pas en prison pour ça.
Son autorité de tutelle pourra être inquiétée par contre s'il s'avère que les témoignages d'avertissemnts divers se confirment.

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