Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

À L’AFFICHE !

La personnalité tourmentée de "Mr. Turner"

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : colère à Peshawar lors des funérailles des écoliers assassinés

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

François Hollande, un recentrage à gauche ?

En savoir plus

UNE COMÉDIE FRANCAISE

La loi Macron dans l'étau des divisions de la gauche ?

En savoir plus

BILLET RETOUR

Billet Retour à Phnom Penh

En savoir plus

DÉBAT

Rapprochement États-Unis - Cuba : la fin du castrisme ?

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Russie : il ne faut pas pas vendre la peau de l'ours

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Albert Ébossé : une contre-autopsie du joueur camerounais conclut à un assassinat

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

Hacking de Sony Pictures : la victoire de Pyongyang

En savoir plus

Khieu Samphan, chef des Khmers rouges, devant les juges

Dernière modification : 24/04/2008

Jacques Vergès exige que les pièces du dossier de son client Khieu Samphan, ex-chef de l'Etat khmer rouge, soient traduites en français. Le tribunal lui a délivré un avertissement et a ajourné l'audience. (Reportage : C. Payen)

L'ancien chef d'Etat cambodgien Khieu Samphan a comparu, pour la première fois, devant le tribunal spécial chargé de juger les anciens responsables khmers rouges. Khieu Samphan, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, réfute toute responsabilité dans le génocide. Il fait appel de sa détention provisoire avant le procès dont la date n’est pas encore fixée. Un des ses avocats Maître Jacques Vergès, qui dénonce depuis plusieurs semaines un vice de procédure, passe à l’attaque.

"Je vous annonce un scandale, lance Maître Vergès au tempérament bien trempé. Ce matin, j’ai signalé au tribunal que 16.000 feuilles constituant l’accusation contre Monsieur Khieu Samphan n’étaient pas traduites en français. Or, le français est une langue officielle et donc je suis incapable de savoir ce que l’on reproche à mon client ! Je leur ai dit d’être francs !" Et de poursuivre devant les journalistes : "S’ils considèrent que le français ne mérite pas d’être langue internationale, ils n’ont qu’à le décider. Or, manifestement, toute la procédure contre monsieur Khieu Samphan est nulle !".

C’est le coup de tonnerre dans les rangs du tribunal, parrainé par l’ONU. Maître Vergès, lui, exhulte. A l’instant même où l’avocat célèbre sa sortie théâtrale, la cour lui délivre un avertissement officiel et décide d‘ajourner indéfiniment l’audience. Mais elle s’étonne qu’il n’ait jamais évoqué aucun "problème linguistique" auparavant.

La défense veut saisir l'ONU

La procureure cambodgienne Chea Leang a qualifié de "regrettable" le report de l'audience, alors que les victimes des Khmers rouges s'impatientent. Elle a estimé que les impératifs de traduction allaient ralentir et retarder les audiences.

"Je vais de surprises en surprises. Et ce genre de sanctions, je le porte comme une cravate", a rétorqué Maître Vergès. Il a par ailleurs affirmé que le tribunal avait "demandé à M. Khieu Samphan de changer d'avocat". Rappelant ses "50 ans de barreau", Maître Vergès a dit : "C'est la première fois que je vois des juges demander à un accusé de changer d'avocat. C'est un scandale unique". Il annonce vouloir saisir les Nations unies.

L’avocat, qui compte parmi ses anciens clients célèbres le terroriste Carlos et le nazi Klaus Barbie, se rendait au Cambodge pour la quatrième fois en quelques mois. Il connaît Khieu Samphan de longue date. Samphan a étudié en France dans les années 1950. Tous deux fréquentaient les cercles marxisants du mouvement anti-colonialiste.

Lors de son arrestation en novembre, Khieu Samphan, 76 ans, avait contesté les faits qui lui sont reprochés, affirmant que les fonctions qu'il occupait à l'époque ne suffisaient pas à démontrer sa culpabilité dans des crimes. Il fait partie d'un groupe de cinq accusés qui vont être jugés lors du second semestre 2008.

Au pouvoir entre 1975 et 1979, les Khmers rouges sont responsables de la mort d'environ deux millions de Cambodgiens.

Première publication : 23/04/2008

COMMENTAIRE(S)