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Israël serait prêt à se retirer du Golan

Dernière modification : 25/04/2008

Le président syrien assure que, selon la Turquie, Israël est disposé "à se retirer du plateau du Golan contre la paix avec la Syrie". Le Golan a été conquis par Israël en 1967, puis annexé par l'Etat hébreu en 1981. (Récit : L. Barcellini)

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a assuré à la Turquie que son pays était prêt à restituer le plateau du Golan à la Syrie en échange de la paix, a déclaré un membre du gouvernement syrien à la chaîne Al Djazira.

 

"Ehud Olmert est disposé à faire la paix avec la Syrie sur la base des conditions internationales - à savoir la restitution à la Syrie de la totalité du plateau du Golan", a affirmé Bouthaina Chaaban, ministre syrienne des Expatriés, lors d'une interview retransmise en direct.

 

Elle a précisé que le message israélien avait été transmis au président Bachar al Assad par le Premier ministre turc Tayyip Erdogan, qui compte se rendre samedi à Damas.

 

La Syrie demandera des précisions à Erdogan, a indiqué Chaaban, ajoutant que son pays n'avait pas l'intention d'engager des discussions secrètes avec l'Etat juif.

 

"Les Israéliens parlent beaucoup de paix, a-t-elle dit. la position de Damas est que la Syrie est toujours favorable à une paix qui (garantisse) le rétablissement des droits complets (...) nous négocions depuis dix ans pour le retour du Golan."

 

Un membre de l'entourage du Premier ministre turc a démenti qu'Erdogan ait remis un message à Assad.

 

Le Golan syrien a été conquis par l'armée israélienne pendant la guerre des Six-Jours de 1967, puis annexé par l'Etat hébreu en 1981 - mesure qui n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

 

Au sujet des informations de mercredi, Mark Regev, porte-parole d'Olmert, a dit: "Je n'ai rien à ajouter à ce que le Premier ministre a déclaré vendredi dans ses entretiens avec la presse israélienne sur sa volonté de paix avec la Syrie."

 

 

RÔLE DES USA

 

 

En réponse à une question sur le Golan, Olmert avait dit la semaine dernière au quotidien Yedioth Ahronoth qu'il travaillait à une "initiative importante" pour la paix avec Damas.

 

Des pourparlers de paix israélo-syriens ont capoté en 2000 en raison d'un désaccord sur l'ampleur d'un retrait de Tsahal du Golan. Les tentatives de divers pays pour persuader les deux parties de les reprendre ont échoué du fait des conditions posées par chacune d'elles.

 

Damas demande qu'Israël s'engage à se retirer complètement du Golan et souhaite que les Etats-Unis, principal allié de l'Etat juif, supervisent les négociations. De son côté, Israël tient à ce que les liens de la Syrie avec le Hezbollah libanais et le mouvement islamiste palestinien Hamas soient inscrits au programme des discussions.

 

Le Golan, plateau fertile et stratégique, assure à Israël le contrôle d'importantes ressources hydrauliques dans une région aride, de vignobles, de vergers et de pâturages.

 

Environ 18.000 colons israéliens vivent sur le plateau avec 22.000 Druzes qui se considèrent comme syriens.

 

Des diplomates en poste dans la capitale syrienne ont minimisé la portée des informations de mercredi en notant qu'Israël et Damas devaient aussi s'entendre sur la manière de traiter les relations de la Syrie avec le Hezbollah et le Hamas.

 

L'Etat juif accuse la Syrie d'être la principale voie de ravitaillement du Hezbollah.
Reconnaissant que des entretiens avaient lieu par l'entremise d'un tiers, Assad a déclaré dimanche lors d'une réunion à huis clos du parti Baas qu'un engagement d'Israël à évacuer entièrement le Golan était nécessaire à des pourparlers mais que d'éventuelles négociations directes seraient publiques.

 

"Le président a clairement fait comprendre que les efforts d'une tierce partie étaient bienvenus dans la mesure où il y avait accord sur un cadre et où Israël s'engageait à un retrait complet", selon une source proche du comité central du Baas.
 

Première publication : 24/04/2008

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