24 avril 2008 - 10H03

Les Arméniens de France commémorent leurs victimes
La communauté arménienne de France célèbre la mémoire de ses victimes ce jeudi. Il y a 93 ans débutait le génocide arménien, sujet toujours très sensible entre la Turquie, l'Arménie et plusieurs pays occidentaux. (Reportage D. Charton)

Les Arméniens de France commémoraient mercredi et jeudi à Paris le génocide, pour rendre hommage aux victimes et condamner le négationnisme de la Turquie, a annoncé vendredi le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) dans un communiqué.

Le génocide, qui a fait 1,5 million de victimes, a commencé le 24 avril 1915 à Istanbul avec l'arrestation de 600 notables arméniens qui furent assassinés ou déportés, rappelle de CCAF. C'est Schamiram Sevag, 94 ans, qui a ranimé mercredi soir la flamme sur la tombe du Soldat inconnu. Elle est la fille du poète Roupen Sevag, l'un de ces notables arrêtés à Istambul.

Jeudi à 11H00 était prévue une cérémonie à la Mairie de Paris, en présence de deux survivants du génocide, aujourd'hui centenaires. Dans l'après midi seront célébrées deux messes de requiem, l'une en la cathédrale arménienne de la rue Jean Goujon, l'autre à Notre-Dame de Paris.

Le CCAF invite à un rassemblement jeudi à 16H30 devant la statue du père Komitas, intellectuel arménien, place du Canada (VIIIe) d'où partira un cortège en direction de l'ambassade de Turquie.

Manifestation en Arménie

Plus de 10.000 personnes ont défilé mercredi dans les rues de la capitale arménienne Erevan à la veille du 93ème anniversaire des massacres d'Arméniens par l'Empire ottoman, demandant que la Turquie reconnaisse un génocide.

Les manifestants, pour la plupart de jeunes gens et des étudiants, ont défilé en brandissant des torches et des bougies en souvenir de ces tueries commencées en 1915 et reconnues par une vingtaine de pays comme un génocide.

La Turquie rejette vivement ce terme et la question a été à de nombreuses reprises à l'origine de frictions entre ce pays et l'Occident.

Après avoir brûlé un drapeau turc sur la Place de la Liberté à Erevan, les manifestants se sont dirigés vers un monument aux victimes où ils ont déposé des gerbes de fleurs.

De nombreux manifestants portaient les drapeaux des 23 pays dont les gouvernements et parlements ont reconnu à ces massacres le caractère de génocide, parmi lesquels figurent le Canada, la France, la Suisse et la Pologne.

D'autres portaient des banderoles proclamant "Sauvez l'Europe! Laissez la Turquie hors de l'Union européenne !" ou "93 ans depuis le génocide arménien!".

Le président arménien Serge Sarkissian devrait participer aux cérémonies prévues jeudi auxquelles des milliers de personnes sont attendues.
 

Commentaires

Je me pose des questions

on joue au peuple qui se victimise le plus. Les Turcs ont également subi des pertes (plus de 400000) mais au moins eux ne viennent pas pleurer.

toutes les commémorations!

Beaucoup d'algériens vivent en France aussi et en plus grand nombre que les Arméniens, à quand les commémorations du massacre de Sétif ( 45000 morts civils manifestants ) et les victimes du 17 octobre 1961 les Algériens jetés à la Seine ou pendus à des feux rouges en plein Paris pas en Turquie!

Génocide, oui !

Les Arméniens ont été victimes d'un génocide, oui. En quoi n'auraient-ils pas droit à la reconnaissance ? Il n'est pas question d'aller fourrer son nez chez les autres, mais simplement de reconnaître cette abomination. Pour information, beaucoup d'Arméniens vivent en France, terre d'Asile (heureusement), d'où ces commémorations. Cela s'appelle la Diaspora.

boule de neige

Bientôt je pense, on a ouvert la boite de pandore avec le devoir de mémoire et les commémorations du génocide juif, faut pas s'étonner que d'autres communautés s'y engouffrent.Merci de publier.

Est-ce vraiment ce qui est essentiel?

La France devrait plutot s'occuper de sa propre histoire plutot que d'aller fourrer notre nez chez les autres...
A quand la reconnaissance du génocide pérpétré aux Algériens?

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