Dernière modification : 24/04/2008 

- Chine - Zambie - Zimbabwe


La pression internationale s'accentue sur Robert Mugabe
Le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est entretenu avec Jacob Zuma, le leader de l'ANC (Congrès national africain), après l'échec de la médiation du président sud-africain. (Récit : K. Yahiaoui)

L'hypothèse d'un gouvernement zimbabwéen d'unité nationale, dirigé par le président Robert Mugabe, a été avancée mercredi par la presse d'Etat comme issue à la crise post-électorale dans laquelle s'enlise le pays depuis plus de trois semaines.
   
En visite mercredi au Mozambique, le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a écarté l'idée dans l'immédiat d'un tel cabinet avec le président Mugabe, déclarant qu'il souhaitait la mise en place d'un "gouvernement de large" représentation au Zimbabwe.
   
Dans un texte publié mercredi à Harare, le quotidien The Herald souligne qu'aucun candidat présidentiel n'ayant obtenu la majorité, l'idée d'un gouvernement d'unité nationale s'impose désormais. "Par conséquent, il est logique qu'un gouvernement de transition d'unité nationale (...) soit dirigé par le président sortant", écrit ce journal, voix du régime de Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.
   
Sollicité par l'AFP, le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une proposition gouvernementale. "Notre position est très claire. Nous avons été approchés pour former un gouvernement d'unité nationale et nous avons rejeté cette proposition".
   
M. Tsvangirai, qui revendique la victoire à la présidentielle du 29 mars face à Robert Mugabe 84 ans dont 28 au pouvoir, a déclaré être "certain qu'une solution peut être trouvée à l'impasse politique actuelle".
   
"Nous souhaitons un gouvernement de large (représentation), nous sommes (en période) de transition", a déclaré M. Tsvangirai - leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) - devant la presse après une rencontre avec le président mozambicain Armando Guebuza à Maputo, dernière étape d'une tournée régionale destinée à obtenir le soutien des pays voisins.
   
Mais l'idée d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Robert Mugabe "ne se pose pas à ce stade", a déclaré le chef de l'opposition.
   
L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a de son côté appelé la communauté internationale à ne pas livrer d'armes à Harare "jusqu'à ce que les violences organisées par l'Etat cessent et que l'Etat de droit soit rétabli".
   
A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé qu'il allait faire des propositions en vue d'"un embargo sur toutes les armes à destination du Zimbabwe".
   
La Chine a laissé entendre mardi qu'elle était sensible aux appels internationaux sur ce sujet: Pékin a annoncé qu'un navire chargé d'armes pour le Zimbabwe, qui s'était vu refuser le déchargement en Afrique du Sud, était sur le point de rentrer.
   
Vingt-cinq jours après les élections générales au Zimbabwe, les résultats de la présidentielle restent inconnus. L'opposition a officiellement remporté les législatives avec 109 sièges sur 210 contre 97 au parti au pouvoir, dont la défaite historique pourrait cependant être remise en cause.
   
Alléguant d'irrégularités, la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a ordonné un nouveau comptage de tous les scrutins du 29 mars (présidentiel, législatif, sénatorial et municipal) dans 23 des 210 circonscriptions du pays.
   
Selon The Herald, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) conserve finalement son siège de Gromonzi Ouest, près de Harare, première circonscription à avoir terminé le nouveau décompte dont les résultats complets ne devraient pas être connus avant le week-end.
   
Ancien grenier à grains d'Afrique australe, le Zimbabwe, confronté à une hyperinflation de 165.000% sur l'année, est en récession économique depuis huit ans. Le gouvernement en rejette la responsabilité sur les sanctions adoptées par les Occidentaux après la réélection controversée de Mugabe en 2002.
   
La secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, était attendue mercredi en Afrique du Sud pour discuter de la crise zimbabwéenne, avant de se rendre en Zambie et en Angola.
 

Commentaires
Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet
Fermer