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Pour combattre le paludisme, la prévention

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Dernière modification : 25/04/2008

Le paludisme tue à travers le monde trois millions de personnes chaque année, et un enfant toutes les 30 secondes. Dans les villages reculés comme Likuto en Zambie, la prévention reste le remède le plus efficace. (Reportage : AITV)

Ethiopie : plus de 18 millions de moustiquaires distribuées depuis 2005

L'Ethiopie a enregistré des progrès sensibles dans la lutte contre le paludisme, réduisant de 50% les décès dus à la maladie chaque année, notamment grâce à la distribution massive de moustiquaires imprégnées, la meilleure méthode de prévention selon les experts.
  
"En Ethiopie, 18 millions de moustiquaires imprégnées d'un insecticide de longue durée ont été distribuées depuis 2005", indique l'Unicef dans un communiqué transmis à l'AFP vendredi à l'occasion de la première Journée Mondiale contre le Paludisme.
  
Fin 2005, selon le Bureau des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha), "le paludisme était la troisième cause de mortalité en Ethiopie, où il tuait au moins 100.000 personnes chaque année".
  
Aujourd'hui, selon l'Unicef, "les décès imputables au paludisme en Ethiopie ont été réduits de plus de 50%".
  
L'Ethiopie, avec 80 millions d'habitants, est le pays le plus peuplé de la Corne de l'Afrique et aussi l'un des plus pauvres.
  
"Le paludisme est endémique sur 75% du territoire éthiopien, mettant en danger plus de 50 millions de personnes. La maladie est la première cause de mortalité" dans le pays, précise l'Unicef dans un récent rapport.
  
Le programme éthiopien de lutte contre le paludisme est soutenu par les agences onusiennes et des ONG internationales, ainsi que par les Etats-Unis et le Canada qui a versé plus de 12 millions de dollars dans ce domaine en 2007.
  
"L'Ethiopie est devenu l'un des pays prioritaire pour l'initiative américaine contre le paludisme l'année dernière. Cette année, un fond de 20 millions de dollars sera utilisé premièrement dans la région Oromo (centre), qui souffre le plus du paludisme", a déclaré le chef de l'agence américaine d'aide au développement en Ethiopie, Glenn Anders.


Au Sénégal, un traitement préventif testé sur les enfants


Au Sénégal, où le paludisme touche chaque année environ 10% de la population - soit plus d'un million de personnes -, un programme de traitement à la fois préventif et curatif sera lancé cet automne à destination des enfants de moins de cinq ans, les plus touchés par la maladie.
  
"Ce traitement, intermittent et saisonnier, constitue une nouvelle stratégie préventive, il concernera 100.000 enfants des zones d'endémie palustre", explique le docteur Cheikh Sokhna, chercheur paludologue à l'Institut de recherche pour le développement (IRD, France).
  
Au Sénégal, un des 43 pays sub-sahariens d'endémie, les zones palustres sont situées dans les régions rurales humides, où la maladie fait davantage de ravages malgré les distributions régulières de moustiquaires imprégnées et les campagnes d'information du ministère de la Santé.
  
"Le paludisme constitue le premier problème de santé publique au Sénégal où plus de 50% de la demande des services de santé est lié à la maladie", selon le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) du ministère de la Santé sur son site en ligne.
  
Ces constats ont conduit les chercheurs à explorer de nouvelles pistes de prévention, comme le programme de traitement imaginé par l'IRD, le ministère de la Santé et l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
  
Cette méthode a déjà été expérimentée à petite échelle entre 2000 et 2004 dans la localité de Niakhar (région de Fatick) et s'était soldée par une réduction spectaculaire de 86% de la morbidité palustre.
  
"Le but est d'essayer de voir si l'efficacité est la même à grande échelle.  Je suis convaincu que les gens peuvent vivre avec le paludisme sans en mourir grâce à un meilleur accès aux soins", explique le docteur Sokhna.
  
Financé à hauteur de 3,9 millions de dollars par la Fondation Bill et Melinda Gates, ce programme prévoit d'administrer en trois étapes (en septembre, octobre et novembre) à chaque enfant ciblé une dose de combinaison d'antipaludiques à base d'artémisinine (ACT), seul traitement considéré comme véritablement efficace contre la maladie en l'absence de vaccin.
  
"Les autorités locales, des notables des associations et les familles seront sollicités pour la distribution", précise le chercheur sénégalais.
  
"Dès le mois de septembre prochain, le programme sera lancé dans les districts sanitaires de Fatick, Bambey (centre-est) et Mbour (côte est)", poursuit le scientifique, qui indique que "l'objectif est de contrôler la morbidité et le poids du paludisme chez les enfants, dont un sur cinq décède chaque année de la maladie".
  
"Une évaluation sera ensuite faite, en vue de déterminer les zones qui ont enregistré des taux de réussite importants, ainsi que celles où l'opération s’est révélée moins concluante, avant d'envisager de l'étendre à l'échelle nationale", détaille le paludologue.
  
Selon lui, la vulnérabilité des Africains face au paludisme provient essentiellement de la spécificité du moustique anophèle local (l'"Anopheles gambiae"), dont l'importante durée de vie (jusqu'à un mois) et la forte capacité vectorielle (peut infecter jusqu'à 200 personnes) le rendent particulièrement néfaste.
  
Une journée "Paludisme - maladie sans frontière" (www.rollbackmalaria.org) a été officiellement lancée jeudi à Livingstone, en Zambie, en présence de 17 ministres de la santé d'Afrique australe.
  
Créé en 1998 à l'initiative notamment de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le RBM ("roll back malaria"), réunit gouvernements, ONG et secteur privé pour lutter contre cette maladie qui fait plus d'un million de morts par an.

Première publication : 25/04/2008

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