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La police visée par un attentat au nord du Pakistan

Dernière modification : 25/04/2008

Au moins quatre personnes ont été tuées et une trentaine d'autres blessées dans l'explosion d'une voiture piégée, près d'un poste de police dans le nord-ouest du Pakistan.

Quatre personnes ont été tuées vendredi et 30 blessées par l'explosion d'une bombe dissimulée dans une voiture près d'un poste de police dans le nord-ouest du Pakistan, après une période de répit d'un mois dans une vague très meurtrière d'attentats, selon la police.
   
La puissante explosion a détruit en grande partie un poste de police à Mardan, près de la grande ville de Peshawar, non loin des zones tribales où l'armée affronte des combattants islamistes pakistanais liés à Al-Qaïda et aux talibans afghans, a indiqué à l'AFP Mohammad Akhtar Khan, un officier de police.
   
Cet attentat intervient alors que le nouveau gouvernement est en train de négocier un accord de paix avec l'un des principaux groupes de talibans pakistanais, affilié à Al-Qaïda, et dont le chef, Baïtullah Mehsud avait ordonné mercredi à ses combattants de cesser ses attaques contre les forces de sécurité.
   
"Apparemment, la bombe était dissimulée dans une voiture garée entre le poste de police et un hôtel", a précisé M. Akhtar Khan. Deux policiers et deux civils ont été tués, et quelque 30 personnes blessées, dont certaines se trouvaient encore sous des décombres de l'hôtel dans la matinée, selon lui.
   
Il s'agit du premier attentat depuis la mise en place fin mars du nouveau gouvernement issu des élections législatives du 18 février et formé par une coalition de l'ex-opposition au président Pervez Musharraf, contraint depuis à une cohabitation tendue.
   
Jusqu'alors, le Pakistan avait vécu 15 mois d'une vague très meurtrière d'attentats, suicides pour la plupart, perpétrés par les combattants islamistes proches du réseau d'Oussama Ben Laden qui, avec les talibans pakistanais et afghans, a reconstitué ses forces dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l'Afghanistan, selon Washington.
   
Mais depuis sa mise en place, pour trancher avec la politique d'offensive militaire privilégiée récemment par M. Musharraf, principal allié de Washington dans la région dans sa "guerre contre le terrorisme", le nouveau pouvoir avait commencé à négocier avec les fondamentalistes.
   
Notamment avec Baïtullah Mehsud, chef présumé d'Al-Qaïda au Pakistan, à la tête du Mouvement des Talibans du Pakistan (Tehreek-e-taliban Pakistan, TTP), accusé d'être à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait plus de 1.070 morts en 15 mois et en particulier de celui qui a coûté la vie à l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto le 27 décembre. Le parti de la défunte dirige aujourd'hui le nouveau gouvernement de coalition.
   
Or Mehsud a ordonné mercredi à ses combattants de cesser ses attaques, un de ses porte-parole invoquant la signature imminente d'un accord de paix avec le gouvernement.
   
Washington s'était aussitôt dit "inquiet" et l'armée se montrait encore jeudi dubitative.
   
Mardan est le village du nouveau Premier ministre de la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), dont Peshawar est la capitale. Or ce dernier, Amir Haïder Hoti, est l'un des principaux artisans de la nouvelle politique de pourparlers avec les extrémistes.

Première publication : 25/04/2008

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