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Carnet de route en Haïti

Dernière modification : 30/04/2008

Alors qu'Haïti attend la nomination d'un nouveau gouvernement, le pays est aux prises avec des émeutes de la faim. Willy Bracciano et Sophie Claudet, journalistes à FRANCE 24, sont sur place. Lisez le carnet de route de cette dernière.

Analyses, reportages, interviews : retrouvez notre dossier spécial sur une crise alimentaire d'ampleur planétaire.


Dimanche 27 avril
 

Hier nous avons passé la journée aux Cayes, la troisième ville d'’Haïti et celle où les émeutes de la faim du début avril ont commencé. A priori, la ville ne semble pas aussi pauvre que Port-au-Prince même si, elle aussi, a son bidonville : la Savane, là d'’où sont parties les manifestations. Comme Cité Soleil (voir la description plus bas du 25 avril), la Savane fait ironiquement face à la mer, de ces mers dont on rêve sur les cartes postales...

 

Palmiers arc-boutés au-dessus d’un sable fin et blanc, mer translucide... Mais au bord des vagues s'’échouent et s’'amoncellent des détritus en tout genre, et le long de la plage survivent de nombreuses familles dans des cabanes faites de bric et de broc avec pour toitures de la tôle ou un simple plastique tendu au-dessus de quatre "murs" de cartons et de ficelle pour les moins chanceux.

 

La région des Cayes est connue pour son agriculture : canne à sucre, café, riz... Mais celle-ci se meurt au profit d’'importations massives et moins coûteuses. Et puis le maire nous a expliqué que pour des "raisons politiques" les usines de cannes à sucre ont été fermées, il y a vingt ans environ. On misait alors sur le développement industriel d'’Haïti. Du côté des pêcheurs, le désarroi. Les cyclones à répétition perturbent les fonds marins et les poissons se font de plus en plus rares.

 

On nous dit aussi que le déboisement quasi systématique des montagnes environnantes pour produire du charbon a aussi une influence sur la faune maritime. Lorsqu'’il pleut à torrent (pendant les cyclones notamment mais aussi pendant la saison des pluies qui est sur le point de commencer), la boue se déverse massivement dans la mer et les poissons s’en vont ou meurent. Un drame humain et naturel qui semble irréversible si le développement de l'’île n’est pas repensé de fond en comble.

 

Pour en revenir aux émeutes, pourquoi sont-elles parties des Cayes ? Les habitants du bidonville de la Savane citent la faim, la misère et le chômage (plus de 70% d'’après le maire des Cayes). Le maire et un sénateur du coin parlent de la faim, c’est indéniable, mais aussi de manipulations politiques. Le mouvement a été vite récupéré par des pro-Aristide (ancien président très charismatique et toujours perçu par beaucoup comme le champion des pauvres, malgré des détournements ou "sa mauvaise gestion" de fonds publics avérés. Jean-Bertrand Aristide est aujourd’hui en exil en Afrique du Sud).

 

Le sénateur des Cayes a d’'ailleurs été attaqué à son domicile par des partisans d’'Aristide pour avoir osé critiquer leur implication dans les émeutes. On nous parle aussi du rôle des narcotrafiquants. L'un d’'entre eux avait été récemment arrêté,et le commissariat des Cayes a été attaqué pendant les émeutes pour tenter de le libérer. Il faut savoir que la cocaïne transite de Colombie et de Jamaïque via Haïti en route vers les Etats- Unis.

Demain nous partons pour l’'Artibonite, le grenier à blé du pays... Il fut un temps, quand on n'avait pas si faim en Haiti.

  

Vendredi 25 avril
 

Le président d’Haïti René Préval n’a pas encore dévoilé le nom du futur Premier ministre. On nous dit que ce n’est maintenant plus qu’une question d’heures.
 

Nous sommes de retour à Cité Soleil. C’est la troisième fois que nous nous y rendons depuis notre arrivée en Haïti. Bien sûr, rien n’a changé. Mais nous comprenons petit à petit pourquoi et comment Haïti en est arrivée là, dans cet état lamentable de faim, de pauvreté… Cité Soleil nous offre de précieux indices.
  
Cité Soleil, le bidonville le plus grand et le plus démuni de Port-au-Prince, a été édifié au début des années 1980 quand les habitants des campagnes ont commencé à affluer vers Port-au-Prince et sa nouvelle zone industrielle. Les entreprises de textiles étrangères, qui avaient commencé à s’implanter dans la région, promettaient de nombreux emplois. Mais la zone industrielle ne s’est pas développée comme prévu. Du coup, de nombreuses entreprises se sont délocalisées en République dominicaine et dans d’autres Etats plus stables d’Amérique latine.
 
Mais en Haïti, l’exode rural s’est poursuivi, entraînant l’émergence de nombreux bidonvilles. Ces paysans avaient délaissé leurs terres parce qu’ils n’arrivaient plus à écouler leurs marchandises, faute de demande.
 

Aujourd’hui, nous avons rencontré un groupe d’anciens paysans installés à Cité Soleil, certains ayant déjà bien dépassé la soixantaine. Jamais ils n’auraient imaginé qu’ils finiraient comme ça. Pour la plupart, ils sont au chômage, dépendent de l’aide alimentaire, et vivent dans de minuscules baraques faites de bric et de broc (en béton pour les plus chanceux, en tôle ondulée pour les autres). Dans les allées, les égouts s’écoulent à l’air libre et les déchets s’entassent.
 

Ces paysans nous ont raconté leur histoire. Ils sont invariablement originaires des Cayes (où la dernière émeute de la faim a commencé) et de l’Artibonite. Ces deux régions, à elles seules, couvraient tous les besoins alimentaires du pays. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai tenté d’expliquer, dans mes précédents carnets de route et dans les quelques reportages, pourquoi et comment le secteur agricole d’Haïti a périclité : la décision politique d’importer les produits agricoles américains bon marché (en particulier du riz), dans le milieu des années 1980 et de développer l’industrie à la place (notamment des vêtements destinés à l’exportation), le dumping américain…
 

En fait, le problème c’est qu’Haïti souffre de la faim et de la malnutrition depuis longtemps, alors que ça ne devrait pas être le cas ! Et, devinez quoi, on m’a dit que le riz n’était pas consommé quotidiennement avant d’être massivement importé. Les habitudes alimentaires des classes moyennes et pauvres ont changé dans le milieu des années 1980. Les repas étaient apparemment bien plus variés quand Haïti produisait ses propres aliments.
 

Nous partons demain à la campagne. J’imagine que nous aurons beaucoup d’autres histoires à raconter à notre retour.



Mardi 22 avril


Aujourd’hui pour la première fois nous avons le temps et l’'occasion de quitter Port-au-Prince pour la journée. Premier constat : les routes (peut-on d’'ailleurs parler de routes ?) sont dans un état catastrophique dès que l’'on sort des artères principales avec tout ce que ce grave problème d’'infrastructures peut avoir comme conséquences : enclavement, difficultés à commercer avec la capitale pour tout ce qui concerne l'’agriculture, la pisciculture, exode rural massif vers Port-au-Prince...

La campagne semble moins pauvre de prime abord. On n'’y trouve pas la densité démographique propre à la capitale. Mais cette impression se dissipe rapidement, en tout cas là où nous sommes allés, c'est-à-dire dans la région de Croix-des-Bouquets et de Petit-Bois. Certains vivent dans des habitats en dur, d’'autres dans des cabanons.

L'’agriculture est rare, la terre semble à la fois riche et pourtant aride. On voit des palmiers, arbres à pain, manguiers et des vaches émaciées qui broutent quelques brins de paille déjà brûlés par le soleil d’avril. En arrière-plan, un imposant massif montagneux vert par endroits.

J’'ai aperçu de la route une clinique de campagne : trois structures de béton éventrées, alignées côte-à-côte, une tenture tendue au milieu qui fait office de "salle d'’accouchement".  La clinique s'’appelait "Merci de Dieu". Un signe qui rappelle la foi tangible, omniprésente de ce peuple. Cette foi, on la voit partout, exprimée haut et fort sur les devantures des magasins, sur les murs des villes... et surtout, surtout sur les minibus collectifs, bariolés, peints de mille couleurs, et promettant à Dieu une croyance éternelle.


Lundi 21 avril

Aujourd’'hui, nous rencontrons des Haïtiens qui ont la chance de travailler. Ils sont peu. Plus de 70 % de la population est au chômage, une statistique officielle qui ne prend a priori pas en compte le secteur de l'économie informelle, très développée en Haïti. Ceci étant dit, même dans ce secteur informel, les revenus ne sont pas très élevés, à moins naturellement que l'’on parle de contrebande ou de tout ce qui touche à la corruption dans ce pays où ces pratiques semblent plutôt bien développées.
  
Le gouvernement a promis de s’'attaquer d’'ailleurs à la corruption, mais ce n’est pas une mince affaire. Exemple :  l'’introduction régulière dans le pays de biens sur lesquels aucun droit de douanes n’'est payé, pratique frauduleuse s'’il en est. De nouvelles mesures sont mises en place pour y remédier, mais le système ne semble pas très bien rodé. Résultat :  on nous dit que des tonnes de biens, dont de la nourriture, ont pourri des semaines durant dans le port d'une capitale en pleine crise alimentaire !
 

Pour en revenir aux travailleurs, sachant que plus des deux tiers d’'Haïtiens vivent avec moins de 1,5 euro par jour, nous avons préféré aller à la rencontre d’'une population représentative de cette pauvreté massive : les ouvriers. Le salaire minimum officiel est de 1,5 euro par jour, juste au-dessus du seuil de pauvreté. Et la vie est rude pour les ouvriers, en temps de hausse des prix de la nourriture.
 
Les conditions de travail ne sont pas aussi horribles que l’'on pourrait le supposer, lorsqu'’on constate la façon dont vit une grande partie de la population et pour un pays où le marché est totalement déréglementé.
  
Ceci étant dit, on ne va pas très loin avec 1,5 euro par jour, surtout lorsque, pour manger à l'’usine, la moitié du salaire journalier y passe. Les Haïtiens que nous avons rencontrés au parc industriel de Port-au-Prince, ouvriers, contremaîtres et même patrons semblaient très heureux de nous accueillir pour que l’'on montre "que les Haïtiens sont travailleurs et veulent s'’en sortir." Nous n’'en n’'avions jamais douté et l'’avons même constaté à maintes reprises lors de ce court voyage.
  
Les entreprises étrangères implantées au parc furent beaucoup moins accueillantes. Les Coréens nous ont tout simplement refusé l’'accès à leur usine, tout comme une entreprise américaine de confection de vêtements de sport. Une fois le boss américain rentré dans son hôtel, les Haïtiens ont repris la main et nous ont fait pénétrer dans l'’usine.
  
Comme je le disais, ce n’'est pas paradisiaque, mais au moins, on n'y voit pas d'’enfants travailler, et si la chaleur est assez pesante, il y a des ventilateurs disposés ça et là dans le grand hangar où 350 couturières et couturiers s’'activent derrière leurs machines huit heures par jour, avec une pause d’'une demi-heure le midi. On nous a demandé de ne pas citer la marque des vêtements de sport. Nous respecterons cette demande, naturellement.
 
L'’usine est restée fermée pendant un an et demi et vient tout juste de rouvrir. Avec la nouvelle disposition de levée des droits de douanes sur les textiles haïtiens vers les Etats-Unis, l’'usine exporte massivement. Ce n’est pas la panacée mais les industries à forte utilisation de main d’œ'oeuvre créent des emplois, chose rare en Haïti.
  
Reste à savoir combien le short de gym sera vendu sur le marché américain. On peut imaginer que ce ne sera plus qu’'un, ou deux ou trois euros...
 

Dimanche 20 avril

 

Haïti est dans l’expectative… Enfin une partie de la population. L’autre – la grande majorité – se soucie plutôt de trouver à manger. Un nouveau Premier ministre devrait être nommé dans les jours voire les heures à venir… C’est ce que l’on nous dit du côté du Parlement.
  
Quel que soit le futur Premier ministre, il (ou elle ? c’est déjà arrivé en Haïti) aura du mal à résorber la crise alimentaire en quelques jours, mois ou même années. Tous les observateurs ici s’accordent à dire qu’il faut entièrement repenser le développement de l’île, que ce soit les donateurs internationaux (mea culpa pour certains) ou les politiques. Certains politiques appellent de tous leurs vœux le retour de Jean-Bertrand Aristide au pays. L’ancien président jouit d’ailleurs d’une incroyable popularité dans les classes pauvres.
  
Pendant les émeutes de la faim, il y a deux semaines et encore récemment il y a quelques jours, des manifestants ont aussi demandé que le président en exil vienne les sauver de leur misère. Aristide a-t-il été élevé au rang d’icône ? Populiste et fantasmée, cette adoration est-elle justifiée ou non ? Quoi qu’il en soit, sous Aristide, Haïti était déjà l'un des pays les plus pauvres du continent américain.

 

Pour en revenir au développement d’Haïti, on nous dit qu’il faut d’abord et avant tout sortir le pays de sa dépendance agricole et humanitaire. Quelques chiffres : sur un budget national de 77 milliards de gourdes (la monnaie locale), 30 milliards seulement viennent des impôts. Le reste est couvert pas la communauté internationale. Le riz, comme d'autres denrées de base, est massivement importé des Etats-Unis, où il est moins cher et subventionné, tant et si bien que la production agricole locale, découragée, s’est au fil des années complètement atrophiée. Il faudrait donc revitaliser ce secteur, potentiellement employeur de main-d’œuvre.
   
Dans l’immédiat les agriculteurs manquent même de graines pour pouvoir planter. Le chemin est long. Étonnant par ailleurs, on nous dit ici que la plupart des services comme l’éducation ou la santé sont en fait entre les mains du secteur privé ou associatif, et donc pas universels et gratuits... Là aussi, il faudra repenser l’accès à ces services fondamentaux surtout pour les plus pauvres.
  
En l’état actuel des choses, seul un enfant sur deux va à l’école (statistique officielle et peut-être plus élevée en réalité) et l’analphabétisme est très répandu. 70 % de la population vit avec moins d’un euro par jour et 50 % avec moins de 60 centimes d’euro par jour…

 

Quoi d’autre à raconter ce dimanche ? Le temps est superbe, Caraïbes oblige, et alors qu’à quelques kilomètres de là croupissent les habitants des bidonvilles dans leur pauvreté abjecte, d’autres Haïtiens profitent d’une belle après-midi ensoleillée, certains se prélassent au bord de leurs piscines, d’autres frappent dans une balle de tennis… Tout ça pour dire que les écarts de revenus sont inouïs dans ce pays… et l’évasion fiscale généralisée.




Samedi 19 avril
 
Haïti, île ou moitié d’'île (puisque la République Dominicaine s’'étend sur l’'autre moitié de l'île Hispaniola). Végétation luxuriante, terrains vallonnés, montagneux, pays époustouflant de beauté, mais il y a aussi et encore la misère, de celle que l'’on ne peut pas ne pas voir. A Bel Air, un quartier bétonné et pauvre de Port-au-Prince, les habitants ont du mal à joindre les deux bouts et souffrent de la hausse vertigineuse des prix des denrées de base comme le riz ou les haricots que l’'on appelle "pois", ici.
 
Mais j’'ai vu des enfants en uniforme à la sortie de l'’école, des femmes au marché qui certes n’'achetaient pas grand-chose mais s’'y rendaient quand même, des rues qui grouillaient de monde, des jeunes tout sourire qui m’'ont interpellée pour me parler du chômage et me montrer au passage la mixture de maïs et d'’eau qu'’ils mangeaient dans des gamelles en zinc. Des gens qui ne semblaient pas avoir complètement renoncé.
 
A Cité Soleil, c'est une autre histoire. Les conditions de vie sont inimaginables, indignes pour des êtres humains.  Quatre cent mille personnes s'’entassent dans ce bidonville, hommes et femmes, quasiment tous au chômage, certains tentent la traversée vers les Etats-Unis sur des bateaux de fortune. Ironie mordante : l’'aéroport international de Port-au-Prince est à quelques encablures et des avions en partance vers les Etats-Unis survolent sans cesse Cité Soleil. Et puis il y a aussi des centaines d'’enfants souvent pieds nus ou carrément nus. Les petits sourient encore, les plus grands ont l'’air hagards, et arborent ce regard dur d'’adultes propre aux enfants qui souffrent trop vite, trop tôt, trop fort.

Une partie du quartier est construite en dur, mais la majeure partie des gens s'’entassent dans des cabanons de zinc, dormant souvent à même la terre. Ce qui semble être un plan d’'eau artificiel de loin n’'est autre qu’'une large cuvette remplie d’'eau malodorante, un égoût géant à ciel ouvert autour duquel s'’entassent des montagnes de détritus pourrissants. Quelques cochons s'’y promènent sous l’œ'oeil imperturbable d'’habitants qui viennent faire leurs besoins sur les ordures, faute de sanitaires.

Une mère nous accoste, nous montre son cabanon, un bébé dans les bras le ventre gonflé :  "la petite est malade, elle a des vers". Son autre fille a reçu des éclats de balles lors d'’échanges de tirs entre gangs interposés. Sur la joue, le cou et la nuque de Lovencia : trois cicatrices boursouflées. Elle a sept ans mais a l’'air d’'en avoir cinq. Son père est mort quelques mois après son accident, tué par balles. Comme la misère, la violence fleurit aussi à Cité Soleil. La flambée des prix n’'est que la goutte d’'eau qui a fait déborder le vase. Cité Soleil est oubliée de tous ou presque. Aide humanitaire par ci, gouvernementale par là. On ’imagine mal comment ces laissés-pour-compte pourront un jour avoir une vie digne d'’êtres humains. La crise alimentaire semble presque un détail dans cet océan de détresse.

Première publication : 27/04/2008

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