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Mission délicate pour Kouchner en Colombie

Dernière modification : 29/04/2008

Bernard Kouchner est en Colombie, pour une mission qui s'annonce délicate. Hugo Chavez, espoir de libération pour Ingrid Betancourt, a déclaré qu'il avait perdu tout contact avec les FARC. (Précisions : R. Langlois)

Bernard Kouchner débute une tournée en Amérique du Sud dans l’espoir de relancer les négociations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Mais la France, qui veut aplanir les tensions dans la région entre la Colombie, le Venezuela et l’Equateur, risque d’essuyer un nouveau revers dans ce dossier.
 

Le ministre des Affaires étrangères français doit s’entretenir lundi à Bogota avec le Président Alvaro Uribe, puis mardi avec le Président Rafael Correa à Quito, avant de retrouver le Président Hugo Chavez pour la dernière étape de sa visite, à Caracas, au Venezuela.
 

Notre correspondant à Bogota, Romain Langlois commente : "Kouchner va tenter d’apaiser les tensions entre Bogota, Caracas et Quito, afin de créer un climat diplomatique favorable à une solution négociée pour libérer les otages."
 

Mais dimanche, un des chefs des FARC, Ivan Marquez, a affirmé dans les colonnes du quotidien argentin Perfil que "les libérations unilatérales sont closes" et ajouté que le président vénézuélien Hugo Chavez était le seul espoir pour délivrer l’otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt.
 
"Une mini-Guerre froide"


Depuis la mort de Raul Reyes, le 1er mars 2008, tué lors d'un raid colombien en territoire équatorien, les négociations sont dans l’impasse. "Une mini-Guerre froide règne dans la région andine", précise Romain Langlois.
 

Mais Nicolas Sarkozy l’a rappelé, jeudi lors de son intervention télévisée. Il "ne renoncera pas" à obtenir la libération d’Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002 par la guérilla des FARC. "Je ne dis pas qu'on a tout bien fait, mais on y arrivera", a dit le président français.
 
Début avril, Paris avait subi une douche froide. La mission humanitaire française partie récupérer Ingrid Betancourt à bord d’un Falcon 50 avait été jugée "irrecevable" par les FARC. Après avoir taxé Nicolas Sarkozy d’"ingénu, les FARC précisaient qu’elles n’agissent jamais "sous la pression de campagnes médiatiques".
 

"Restaurer Hugo Chavez dans son rôle de médiateur"
 

Au cours de sa tournée en Amérique latine, le chef français de la diplomatie, qui s’était déjà entretenu avec les présidents Chavez et Uribe en février sans aboutir à de grandes avancées, "pourrait demander à Alvaro Uribe de restaurer Hugo Chavez dans son rôle de médiateur", avance Romain Langlois.
 

Mais Bernard Kouchner doit faire face à deux conceptions du conflit des FARC. "D’un côté, la Colombie estime qu’il s’agit d’une organisation narco-terroriste qu’il faut détruire. De l’autre, Quito et Caracas la considèrent comme un organisation politique avec laquelle il faut négocier", explique Romain Langlois.
 

Les tensions entre Bogota et Caracas se sont apaisées depuis le Sommet du Groupe de Rio à Saint-Domingue, le 7 mars dernier, où Hugo Chavez a su faire preuve de modération dans ses propos. Mais Alvaro Uribe, qui avait accusé en novembre Chavez d’"ingérence" dans les affaires colombiennes, a déjà annoncé la semaine dernière qu'il s'opposerait à toute médiation du président vénézuélien Hugo Chavez.
 

Pour sa part, Hugo Chavez a déclaré dimanche que son gouvernement avait "perdu le contact avec les FARC" et que la négociation d'un accord pour un échange de prisonniers était "devenue très complexe". De plus, Alvaro Uribe a réaffirmé la semaine dernière son refus d'accorder le statut de force belligérante aux FARC, une hypothèse émise la veille par son homologue équatorien Rafael Correa.
 

Bernard Kouchner devrait avoir encore plus de difficultés à rapprocher Bogota et Quito. "Les relations entre la Colombie et l’Equateur sont encore extrêmement mauvaises depuis le raid colombien en Equateur", rappelle Romain Langlois.
 

La visite à Quito permettra "de voir quels sont les contacts du président équatorien Rafael Correa avec les FARC. Les Equatoriens nous ont dit qu'ils avaient des contacts", précisent les sources diplomatiques françaises, qui admettent que le contexte de cette tournée "n'est pas simple".

Première publication : 28/04/2008

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