- Nicolas Sarkozy - Union européenne
Il peut se targuer d’avoir réussi le Traité constitutionnel, et ne manque jamais de le faire ! C’était l’un de ses grands thèmes de campagne : relancer l'Union européenne, paralysée depuis les "non" français et néerlandais à la Constitution. Aussi, lorsqu'il arrache l'accord des 27 au sommet de Lisbonne en octobre 2007 pour son projet de mini-traité "simplifié", Nicolas Sarkozy ne cache pas sa joie. Un texte qui passe comme une lettre à la poste, sans référendum, comme il l’avait d’ailleurs promis. Pas de référendum, en France du moins. Seuls les Irlandais en organisent un le 12 Juin, qui pourrait gâcher la fête de la présidence française : car s’ils votent "non", retour à la case départ. Les six précieux mois où Paris préside seront occupés à rechercher un "plan B", introuvable !
Inquiétudes à Bruxelles
La présidence française de l’UE à partir de juillet suscite des inquiétudes et pas mal d'agacement à Bruxelles. L'Europe a surtout été pour le président français le théâtre d'incessantes chamailleries avec l'Allemagne. La chancelière allemande Angela Merkel supporte mal ces critiques répétées contre le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, qu'elle considère comme autant d'atteintes à son indépendance. Mais c'est surtout son projet d'Union pour la Méditerranée (UPM) qui a cristallisé la crise du couple franco-allemand. Berlin emmène la fronde de ceux - ils sont nombreux - qui considèrent qu'un regroupement des seuls pays riverains de la Méditerranée porte les germes d'une division de l'UE. Le sommet du 13 juillet prochain en sera l’acte fondateur : gain de cause allemand, tout le monde est convié (les 27 et les riverains du Sud), mais certains menacent déjà de boycotter, pour protester contre la présence d’Israël : un bon test de réconciliation… et d’esprit de consensus, donc !
Un programme chargé
Au programme de cette présidence française, quatre thèmes, traduisant beaucoup d’ambition, voire énormément d’optimisme.
- Relancer la défense européenne : pas facile sans accord avec les Britanniques, qui possèdent la première armée européenne. Sauf que Gordon Brown est toujours immobilisé, empêtré dans la ratification du Traité de Lisbonne.
- Juguler l’immigration à 27 : un sujet "ultra-sensible", avec un projet de loi au niveau européen qui prévoit que la durée de rétention maximale des étrangers en situation irrégulière soit de six mois (contre 32 jours en France). Certaines associations et églises l’ont déjà surnommé "la directive de la honte".
- Stabiliser la Politique agricole commune : autre sujet de tension avec la Grande-Bretagne, qui souhaite profiter de 2008, année d’un "bilan d’étape", pour la remettre en cause, la récente crise alimentaire apportant de l’eau à son moulin. "Ne touchez pas à nos subventions !", répondent les Français, grands bénéficiaires de cette politique qui absorbent 40% du budget européen.
-Signer le "Paquet climat", avec des objectifs de réduction des CO² d'au moins 20% d'ici 2020, en prenant pour référence le niveau des émissions de 1990, et de 30% si d'autres nations se fixent sur cet objectif. Ce pourrait être l’un des grands résultats affichés par Nicolas Sarkozy, à la fin de sa présidence… Un signal fort au monde avant les négociations post-Kyoto qui démarrent en 2009. A condition tout de même que le débat sur l’opportunité d’augmenter notre consommation de biocarburants - de plus en plus controversés - ne fasse pas déraper les discussions !
La question turque
Nicolas Sarkozy, le président anti-Turquie, envoie des signaux brouillés. Le projet de révision constitutionnelle adopté mercredi en Conseil des ministres supprime l'obligation de soumettre tout nouvel élargissement de l'Union européenne à un référendum en France. Cette obligation, introduite sur l'impulsion de Jacques Chirac lors d'une précédente réforme de la Constitution, en 2005, visait surtout la Turquie. Le paradoxe est qu'elle est supprimée par son successeur à l'Elysée qui est opposé à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Il dit que s’il est encore président, il organisera ce référendum. Mais on parle d’une adhésion dans 15 ans, au-delà des deux mandats possibles pour lui !
En attendant, dans deux mois à peine, ce sera à lui de jouer à Bruxelles, avec finesse et doigté, car ses homologues sont à prendre avec des gants !

























Commentaires (10)
turquie
Jamais. 92% du territoire turc est en Asie.
1/ les turcs doivent redonner aux KURDES tout l'est de leur territoire, soit 1/3 de la Turquie actuelle.
De plus la Turquie devra payer au nouvel etat kurde 1 billion d'euros annuels pendant 10 ans pour compenser leur attitude colonialiste.
2/ Turquie doit commencer a se mettre en relation avec ses voisins: Iran, Irak, Syrie et Kurdistan pour former un marche commun arabe.
président ? vous avez dit président....
Notre " roi soleil " ,dont le logement se situe à la " Lanterne " à Versailles devra mettre un peu d'eau dans son vin, si il ne veut pas une coalition des représentants des autres pays européens contre lui du fait de ses positions à l'emporte-pièces.Mais sa cour,qui est entièrement dévouée corps et àme et boit ses paroles,le soutiendra quoiqu'il dise....
De quoi être sidéré !
SARKOZY a raison sur tous les fronts, cela se vérifie chaque jour:
- Mandelson et Lamy signent avec l'OMC un accord défavorable et foutu d'avance à cause l' imminence des élections Américaines, seul, il le dit haut et fort, bientôt les autres suivront.
- Le traité de Lisbone est essentiellement son oeuvre, il l'a défendu le soir même de son intronisation en se rendant en Allemagne, a obtenu gain de cause alors que l'Europe était bloquée grâce entre autres à l'incohérence du PS. A l'heure actuelle seul DUBLIN pose problême, Varsovie l'a déjà voté et le ratifiera comme d'habitude après une petite tentative de chantage.
- L'Union Méditerranéenne voulue par lui seul, critiquée par les autres est finalement adoptée.
- Le fonctionnement de la BCE était critiqué par lui seul, aujourd'hui l'Allemagne et l'Espagne nous rejoignent.
Peu importe que sa popularité ne soit qu'à 36%, aucun autre politique n'aurait plus étant donné qu'ils sont au moins 10 à se partager les 64 % restants.
Aucun ne fait preuve d'autant de volonté, de courage, de pragmatisme...les autres ne faisant que du "Français dormez tranquilles, nous veillons sur vous, nous vous donnerons ce qui vous manque et bla bla bla !"
Détracteurs de tout crin, rappelez vous ce que vous écrivez aujourd'hui, vous en rougirez dans 10 ans quand tout le monde reconnaîtra que SARKO, Speedy Gonzalès ou Zébulon ,peu importe, était un Président travailleur extrême, pragmatique, omniprésent, à l'origine en très peu de temps des multiples réformes indispensables à la rénovation de notre pays, ce pays actuellement en chute libre.
SARKO fait également preuve d'abnégation, lui qui est de la trempe d'un dirigeant de grande entreprise à 200.000 € par mois mini, alors qu'il se contente de 20.000 pour se faire insulter.
De Gaulle a sauvé la France et aujourd'hui tout le monde se recommande de lui alors que par 2 fois les Français l'ont viré. Un peu de mémoire SVP.
Noah et l'abbé Pierre étaient les personnalités préférées des Français, et alors...auraient ils pu diriger un pays ?
M. SARKOZY, dans 4 ans j'espère que vous vous re-présenterez même si je doute que vous le fassiez une fois votre contrat rempli comme c'est bien parti pour.
SOMMET DU 13 JUILLET
Country/City: ALGERIE/ORAN LA MEDITERANEENE
A ce projet que l'on appel UNION POUR LA MEDITERANEE et qui porte le sigle de l'UMP inversé pour quelle raison doit on convier les pays membres de l'UE des 27 aulieu des seul riverains du bassin mediteraneen?
puisque se projet porte bien le dénominatif mediteranée et non baltique, mer du nord ou autre, au concepteur de ce projet pour quelle raison ne pas donner plus d'information sur les tenons et aboutissons afin que les
peuples de la partie SUD puissent se faire une idée sur leur avenir dans un climat démocratique tel qu'il est
toujours avancé par les soit disant pays démocrates.
la france
sarko president de l'europe qu'il s'occupe de la france ,mais de la france il s'en fout commede l'an 40 c'est surtout son compte en banque et celui de sa famille qui l'interesse la france il va nous la mettre dans la merde et dans 4ans il nous diras je ne peu pas faire en 5ans se que les autres non pas pu faire en 30ans ben voyons cc'est toujours le même blablabla
De l'Europe
Non Nicolas ne peut en aucun cas se targuer d’avoir réussi le traité constitutionnel puisque ce traité n’est ni réussi ni l’œuvre du seul Sarkozy. Ce traité n’est pas réussi puisqu’il est aux antipodes du mandat donné par la Convention de Laeken qui demandait transparence et rapprochement politique entre l’Europe et ses citoyens. Nous avons deux textes illisibles qui reprennent l’essentiel de la Constitution en concédant quelques symboles ou détails aux opposants de l’Europe. On ratifie ce texte en catimini pour ne pas avoir à répondre de l’Europe devant les électeurs. On dira que les Français ont dit davantage non à Chirac, à la directive Bolkenstein ou au chômage qu’à la Constitution, et on aura en grande partie raison. Mais qu’en partie seulement. La lisibilité de cette Constitution, qui avait le mérite de remplacer l’ensemble des traités antérieurs, a largement contribué à faire comprendre que l’Europe n’est jusqu’à présent globalement qu’un outil de libéralisation et de régulation d’un marché antérieur. Un peu court pour une œuvre de 50 ans. Beaucoup ont dit non pensant qu’on leur servirait alors une Europe plus politique. C’était une erreur mais j’aime à vrai dire la question posée. Que font les traités de Lisbonne ? Ils esquivent. Esquiver un problème n’est pas le traiter, c’est repousser à plus tard la réponse de fond, la résolution du problème et donc l’aggraver. Accroitre le fossé entre l’Europe et ses citoyens. Une épée de Damoclès en construction.
Cette constitution au rabais a été largement préparée par la Commission et par la présidence allemande, cessons de faire croire que notre Zorro national est l’artisan de ce texte. Il en est un des partisans, un des défenseurs actifs et efficaces, mais il n’en est ni l’inspirateur ni le rédacteur.
Reconnaissions que les attaques françaises contre la BCE sont des piques démagogiques inoffensives lancées pour recevoir les viva bruyants d’un bon peuple que l’on conforte ainsi dans son irréalisme économique, ce qui ne contribue pas à la modernisation de notre pays. Vous auriez pu vous référer aux volontés françaises de voir s’instaurer une véritable gouvernance économique de la zone euro, le débat est là beaucoup pertinent.
Cessons également de feindre de croire que la Méditerranée est une mer française. Reculez de quelques centimètres votre nez de la carte de la Côte d’Azur et vous constaterez avec effroi que c’est une mer sacrément stratégique pour l’ensemble de l’Europe, Europe du Nord comprise.
Comme d’habitude notre Président super actif confond politique et communication. Il est excellent de voir la France revenir en Europe et l’Europe ne pourra jamais avancer sans initiatives françaises. Mais je crains déjà d’être déçu :
- On parlait d’Europe de la Défense et on sent déjà que tout ce bruit va être fait pour une coopération concrète sur deux malheureux hélicoptères militaires. Ce n’est pas la peine de réintégrer la structure du commandement intégré de l’Otan pour ce piètre objectif;
- La question essentielle de l’équilibre entre gestion des flux migratoires et gestion de la morne démographie européenne va se limiter au film Hortefeux Le Retour;
- Ayez le courage d’aider à faire rentrer la France dans le XXIème siècle en faisant comprendre à vos lecteurs que ce n’est pas sur le dossier agricole que l’Europe va bâtir sa puissance ou sa richesse de demain,
- Votre dernier exemple est malheureusement encore plus pitoyable : pourquoi ne commencez vous pas d’abord par rappeler que la méthode choisie par l’Europe pour traiter des émissions de gaz à effet de serre est la même que celle qui a démontré sa parfaite inefficacité dans ce que l’on appelle la stratégie de Lisbonne? Méthode du naming & shaming : on se fixe un objectif commun et on laisse à chacun le choix des moyens. Aucune obligation, aucun contrôle, aucune organisation particulière, aucune contrainte, juste des forum réguliers pour informer sur l’état des différents pays. Voilà comment par un coup de baguette magiq ue l’Europe aurait dû devenir en 2010 l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde. Échec absolu, jusqu’à ce pauvre Jean Monnet qui en a des crampes d’estomac sous sa dalle du Panthéon. Il avait pourtant dédié toute sa vie à une méthode à laquelle il serait grand temps de revenir. Je suis pour ma part atterré que l’on puisse nous resservir le Naming & Shaming pour les GES et que personne ne s’en émeuve.
L’Europe comme la France souffre de l’absence de responsabilisation politique. L’image et le verbe éphémères sont plus importants que la réalité et la résolution des problèmes. La fin de crise n’est donc pas pour demain.
Très cordialement
Jean Brochier
@Anonyme
Je ne sais pas si vous avez remarqué, il y a écrit "France24" en haut de la page...
...
Le titre fait peur...
STOP BLABLA
Insupportable ces articles... Typique des journalistes français mondains qui blablattent... L'Europe ne se dirige pas comme un pays... Ca s'arrête là. Et faudrait s'intéresser aussi aux autres présidences, y a pas que la française. Chauvinisme nombrilisme débile. Bien français ça aussi.
Gros enjeux
L'alliance Méditerranéenne est évidemment très importante pour nous pays riverains.
Elle apportera à l'évidence plus de stabilité autour de nous par un meilleur essor économique, un meilleur contrôle des fluxs migratoires, un rampart évident contre le terrorisme.
Je m'étonne que certains pays Européens, moins concernés fassent comme s'ils souhaitaient faire cavalier seul. Qu'ils nous laissent faire alors, qu'ils ne se mêlent pas de nos problèmes de frontière.
Quant au nouveau traité, c'est effectivement Sarkozy qui l'a réussi, l'Europe était en panne, figée à cause de nos grands socialistes même pas d'accord entre eux.
Quand à la banque Européenne, elle devra fatalement lâcher du mou, il ne sera plus supportable longtemps d'être en déséquilibre de près de 40% dans les échanges avec la zône Dollar.
Les Allemands jouent cavalier seul dans cette affaire, ce n'est pas à l'évidence très communautaire.
Quant à La Turquie, ce n'est plus l'Europe et je suis d'accord pour qu'elle n'y entre pas, sinon pourquoi Iran Irak, Liban, Jordanie pendant qu'on y est.
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