Dernière modification : 28/04/2008 

- Droits de l'Homme - France - Tunisie


Sarkozy face à la question des droits de l’Homme
Sarkozy face à la question des droits de l’Homme
Si les brochures touristiques présentent la Tunisie comme "une terre de sérénité", les organisations des droits de l’Homme voient en elle un enfer des libertés publiques.

Pour desserrer l’étau qui pèse sur la société civile, la présidente de la Fédération Internationale des droits de l’Homme (FIDH) Souhyer Belhassen tire la sonnette d’alarme.
 
Dans un entretien téléphonique avec FRANCE 24, elle dit craindre que la question des droits de l’Homme ne soit la grande absente durant ce voyage. "La France a beaucoup d’intérêts en Tunisie. Elle veut faire reculer les frontières de l’immigration et réussir le projet d’Union pour la Méditerranée. C’est pour cela qu’elle ne va pas évoquer la situation de la démocratie là-bas." Et de préciser : "Nous avons écrit au président Sarkozy et rencontré Rama Yade, secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme pour les sensibiliser. Mais je pense que les choses ne vont pas s’arranger de sitôt."

Un petit pays qui vit du tourisme
 
Dénonçant les harcèlements et les exactions dont sont victimes les associations indépendantes et redoutant la menace islamiste, la présidente de la FIDH regrette que l’Europe et la France aient donné un "satisfecit gratuit" au régime de Ben Ali. "L’Union européenne (UE) peut aider à assurer une transition démocratique et pacifique, mais hélas elle préfère fermer les yeux, ouvrant ainsi la voie à une explosion sociale inévitable."

Déjà en juin 2006, la même Fédération a demandé à l’UE de suspendre l’accord de coopération économique qui la lie avec la Tunisie pour protester contre les "violences" perpétrées contre des observateurs internationaux venus participer au congrès annuel de l’organisation tunisienne des droits de l’Homme. Son appel n’a pas été entendu.

Préoccupée, Amnesty International a écrit, pour sa part, à Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Sarkozy. Datée du 21 avril dernier, le but de la missive selon un responsable de cette organisation, est de le sensibiliser sur les atteintes aux droits de l’Homme commises par la police politique et l’utilisation par le régime tunisien de la loi sur le terrorisme pour justifier les restrictions des libertés dans ce petit pays qui vit essentiellement du tourisme.

"Les lois tunisiennes promeuvent les droits de l’Homme"

Mais face à la gronde des ONG, les autorités tunisiennes ont réfuté toutes les critiques exprimées par les défenseurs des droits de l’Homme. Citée par l’AFP, une source officielle à Tunis a indiqué que la Tunisie respectait les libertés publiques. "La Tunisie garantit l’indépendance de la justice. La constitution et les lois tunisiennes protègent et promeuvent les droits de l’Homme, et la torture et autres traitements inhumains sont fermement interdits." Elle poursuit : "La législation sanctionne sévèrement tout mauvais traitement envers les détenus et la loi garantit la réparation à toute personne condamnée à tort dont l’innocence vient par la suite à être prouvée."
 
Ce constat n’est pas partagé par la présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Khadija Cherif. Elle estime que "la justice est aux ordres, la corruption se généralise et la torture est fréquente en Tunisie." La Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme, dont le président Moktar Trifi, a dans une déclaration à l’AFP affirmé qu’ils étaient déçus par le premier voyage de Nicolas Sarkozy à Tunis. Ils disent attendre un "geste fort durant sa visite d’Etat".

Commentaires (6)

de la bêtise à la connerie

http://tunisie-harakati.mylivepage.com

Je suis choqué de voir que des prétendus tunisiens acceptent la dictature contre une croissance forte et un bon pouvoir d'achat. Je ne pense pas que l'on ait discuté avec les mêmes tunisiens. La population tunisienne en a assez de la dictature et du manque de liberté général, il est clair qu'elle recherche du pouvoir d'achat mais pas au sacrifice de ses droits fondamentaux. Allez donc proposer cette argumentation au mari de madame Sameh Harakati et vous verrez sa réaction. La souffrance est trop pesante en Tunisie pour se permettre de raconter de tels bêtises au nom d'une certaine idéologie qui ne se repose que sur la répression et la violence.

"Démocratie" non merci. Croissance oui.

Je suis Franco-Tunisien né et vivant en France. Je vais souvent en Tunisie et parle avec des gens de tous les milieux. Vivant en "démocratie" je suis bien placé pour savoir qu'elle ne garantie en rien l'absence de corruption, la manipulation de l'opinion etc.. Ce qui intéresse véritablement les gens c'est le pouvoir d'achat.
Et sur ce plan là, la Tunisie se débrouille pas mal du tout. 99% des gens sont prêts à échanger bcp de dictature contre un peu de croissance économique. Je trouve que les démocrates-faiseurs-d'opinion parlent bcp trop des 1% restants. Regardez la Chine, demandez aux gens ce qu'ils préfèrent : la croissance où la "démocratie" .. La réponse sera la même. Elle le serait même en France, j'en suis sûr....

Liberté et droits de l'homme

En guise de grands combats pour la liberté de l'homme, depuis cinquante ans, on a surtout vu la gauche française se faire complice de régimes criminels. Nos détenteurs autoproclamés de la vérité ont défendu l'indéfendable en vénérant Staline, Mao, Hô Chi Mihn ou Castro ! La gauche a exercé sa dictature intellectuelle et morale en refusant tout débat ! Non, vraiment, il n'y a pas de quoi se draper maintenant dans le manteau de la vertu en revendiquant le monopole des libertés et du coeur...

des courbettes pour quelques airbus

Joli chapeau cher collègue.La Tunisie est en effet le pays des paradoxes par excellence.J'ai suivi votre couverture de l'évènement et je la trouve assez objective.Mon avis est dans le titre.Continuons à vous regarder.

pas de democratie en Tunisie

Pas de liberté indivuelle en Tunisie. Il faudra qq dizaine d'années. La liberte ne s'offre pas mais elle s'arrache et c'est dommage pour un pays ou les citoyens sont intelligents et pas violents.

Un petit pays qui vit du tourisme

Dire de la Tunisie que c'est "un petit pays qui vit du tourisme" c'est faire preuve d'une ignorance et d'une condescendance qui n'honore ni le journaliste qui a écrit l'article ni france24 qui l'a publié. Ce qui est évident est que le souhait de l'auteur de l'article est de noircir l'image d'un pays qui certe, n'est pas parfait, mais qui évolu tout de même dans le bon sens dans un contexte international qui n'est pas simple, et qui enregistre même des succes que se soit sur la plan économique ou social.

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