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Les propos du président Nicolas Sarkozy affirmant que "l'espace des libertés progresse" en Tunisie ont soulevé mardi un tollé de la part des défenseurs des droits de l'Homme.
"Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", a déclaré lundi soir Nicolas Sarkozy à Tunis en préambule à un dîner offert par son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali.
"Ces signaux, ces réformes s'inscrivent sur un chemin étroit et difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus. Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur", a insisté M. Sarkozy.
Mardi, des défenseurs tunisiens des droits de l'Homme se sont dit "déçus" par ces déclarations.
"Je suis déçue. Il ne s'agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s'intéresse pas à la réalité de ce pays", a déclaré à l'AFP Khadija Cherif, militante des droits de l'Homme et présidente d'une ONG féministe.
"Sa priorité c'est le commerce, mais il devrait savoir que le développement ne peut être qu'économique, a-t-elle ajouté, jugeant ces déclarations comme "une marque de mépris pour la société civile tunisienne".
"Si des garanties ont été données à M. Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux! C'est notre demande", s'est étonné Mokhtar Trifi, président de la Ligue de défense des droits de l'Homme. "Malheureusement sur le terrain nous n'avons pas remarqué de progrès notables, c'est peut-être même le contraire qui se passe en réalité aujourd'hui", a-t-il ajouté.
En France, le Parti socialiste a accusé M. Sarkozy d'avoir "légitimé la politique de répression" en Tunisie et "envoyé un signal aux conséquences gravissimes et dramatiques" pour les militants des droits de l'Homme dans ce pays.
"Les déclarations de Nicolas Sarkozy laissent le sentiment d'une scandaleuse hypocrisie", a jugé Razzy Hammadi, secrétaire national du PS. "Ses déclarations inacceptables l'ont amené à légitimer la politique de répression du régime tunisien", a-t-il ajouté.
Quant à l'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF), elle a jugé ces propos "inadmissibles". Pour elle, "la liberté d'expression reste une utopie en Tunisie. La presse n'y fait que glorifier le bilan du président Zine el-Abidine Ben Ali et les journalistes indépendants et leurs familles sont victimes d'un harcèlement continu".
"Les défenseurs des droits de l'homme et les syndicalistes n'échappent pas non plus à ce traitement", a souligné RSF pour qui la déclaration présidentielle "est un coup de poignard dans le dos des militants tunisiens qui attendaient beaucoup de la visite du président français".
La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade, qui accompagnait M. Sarkozy, devait recevoir dans l'après midi à Tunis Khadija Cherif et Mokhtar Trifi.

































