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Kouchner qualifie la libération de "très difficile"

Dernière modification : 30/04/2008

Après la Colombie, Bernard Kouchner poursuit en Equateur sa mission en vue de la libération "très difficile" d'Ingrid Betancourt et des autres otages des Farc.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner poursuit mardi en Equateur sa délicate mission en faveur d'Ingrid Betancourt et des autres otages des Farc, dont il a admis que la libération serait "très difficile".
   
La France continuera "à rechercher d'autres interlocuteurs (ndlr: des Farc) car nous devons être constants", a déclaré mardi soir lors d'une conférence de presse à Quito M. Kouchner à l'issue de sa rencontre avec le président socialiste d'Equateur Rafael Correa.
   
Le numéro deux des Farc, Raul Reyes, a été tué le 1er mars lors d'un raid de l'armée colombienne en territoire équatorien provoquant une grave crise diplomatique entre, d'un côté, la Colombie soutenue par les Etats-Unis, de l'autre l'Equateur et le Venezuela. A la suite de cette élimination, les Farc ont interrompu tout contact avec l'extérieur.
   
La "visite en Equateur de Bernard Kouchner a relancé les démarches pour les libérations d'Ingrid Betancourt et des autres otages des Farc, avec une demande à la guérilla pour qu'elle la (ndlr: Ingrid Betancourt) libère compte tenu de sa santé précaire", a déclaré mardi à l'AFP le ministre de la Sécurité Gustavo Larrea.
   
Cette visite de M. Kouchner "ouvre un canal politique marquant la volonté de libérer les otages (....) et maintenant que ce canal est ouvert, la libération des otages est la prochaine étape", a déclaré M. Larrea à l'issue de sa rencontre avec le ministre français des Affaires étrangères.
   
M. Larrea a été accusé à plusieurs reprises par les autorités colombiennes d'avoir participé à une tentative de médiation ratée avec la guérilla en décembre et d'avoir d'étroits contacts avec les Farc.
   
M. Kouchner est arrivé en fin de matinée à Quito, après une première étape à Bogota, où il a évoqué l'évolution du dossier la veille avec le président colombien Alvaro Uribe.
   
Mardi soir le président colombien a affirmé à la chaîne de télévision privée RCN avoir indiqué à Bernard Kouchner qu'il n'envisageait pas, contrairement à ce que souhaite Paris, de réactiver la médiation du président du Venezuela Hugo Chavez dans l'affaire des otages.
   
M. Uribe avait brusquement mis fin à une mission de son homologue vénézuélien en novembre, l'accusant "d'ingérence" dans les affaires colombiennes.
   
"J'ai de l'espoir, j'ai de l'espoir mais c'est très, très très difficile. Nous devons attendre", avait auparavant déclaré le ministre français, interrogé par la radio privée colombienne La FM, juste avant son départ pour l'Equateur.
   
"Je suis inquiet parce que la situation dans le pays est préoccupante", a-t-il ajouté.
   
La guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) réclame la libération de 500 rebelles emprisonnés en échange de celle de 39 otages dits "politiques", dont trois Américains et l'ex-candidate à la présidence Ingrid Betancourt, qui détient aussi la nationalité française.
   
La mission de Bernard Kouchner en Colombie, en Equateur puis au Venezuela a pour but de "renouer" le dialogue entre ces trois pays, dans un contexte de discorde régionale.
   
Le président équatorien a récemment ravivé la tension avec la Colombie en proposant, à l'instar de son allié vénézuélien Hugo Chavez, d'accorder le statut de force belligérante aux Farc, une hypothèse catégoriquement rejetée par Bogota.
   
Attendu à Caracas dans la soirée, M. Kouchner tentera de convaincre mercredi le chef d'Etat vénézuélien de poursuivre ses efforts de négociateur.
   
M. Chavez, dont les démarches ont abouti à la remise en liberté de six otages depuis le début de l'année, a toutefois averti avant la venue du ministre français que ses contacts avec les Farc avaient été "pulvérisés" après le raid colombien en Equateur.

Première publication : 30/04/2008

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