30 avril 2008 - 13H25

Sharif et Zardari à la recherche d'un accord sur les juges
Nawaz Sharif et son allié Asi Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, se sont rencontrés pour discuter de la réintégration ou non des juges démis par Pervez Musharraf en novembre. Les discussions doivent se poursuivre jeudi.

Les discussions à Dubaï entre l'ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif et le chef du parti de la défunte Benazir Bhutto ont enregistré des progrès et se poursuivront jeudi, a déclaré mercredi un ministre, collaborateur de Sharif.

 

"Beaucoup de progrès ont été réalisés (...) Il y a un consensus sur la plupart des points mais des divergences d'opinion sur certaines questions juridiques et constitutionnelles", a dit le ministre, Nisar Ali Khan.

 

Les deux hauts dirigeants politiques pakistanais se sont rencontrés afin de discuter d'un sujet déterminant pour l'avenir de la coalition. Celle-ci s'était en effet donné jusqu'au 30 avril pour résoudre la question des juges démis en novembre dernier par le président Pervez Musharraf.

L’ancien Premier ministre Nawaz Sharif est arrivé mardi soir sur place après l'échec de ses adjoints à régler les différends avec Asif Ali Zardari, concernant le rétablissement de ces juges. Les deux hommes s’étaient entendus avant les élections pour rétablir ces derniers dans leurs fonctions un mois après la formation de leur gouvernement.

Les juges avaient été démis de leurs fonctions par le président Pervez Musharraf en novembre dernier au moment de la proclamation de l’état d’urgence.

Le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto, désormais dirigé par son époux Asif Ali Zardari, est à la tête du nouveau gouvernement mais, n'ayant pas la majorité absolue au Parlement, il doit compter sur le soutien de la Ligue Musulmane du PML-N de Nawaz Sharif, qui dispose de certains portefeuilles.

Les deux partis seraient d’accord sur un texte de résolution mais le PPP pousserait encore en faveur d’amendements constitutionnels qui incluraient des réformes judiciaires.

Déjà un mois de tractations

Le 3 novembre 2007, le président pakistanais avait proclamé l’état d’urgence et démis de leurs postes soixante juges de la Cour suprême et des hautes cours provinciales. La Cour suprême était alors sur le point de statuer sur l’éligibilité de Musharraf pour un nouveau mandat de président, alors qu’il était encore chef des armées.

Depuis la victoire éclatante de l'ex-opposition au chef de l'Etat aux législatives du 18 février, M. Musharraf est contraint à une cohabitation et la restauration des juges évincés pourrait conduire à un réexamen de la légalité de sa réélection contestée à la présidence, le 6 octobre dernier.

Des tractations quotidiennes depuis un mois ont systématiquement échoué.

Un moyen d'éloigner Pervez Musharraf

Nawaz Sharif, qui a été renversé par Pervez Musharraf en 1999, espère rétablir ces juges dans le but de parvenir à terme à éloigner Musharraf du pouvoir.

Asif Ali Zardari, conformément à un accord secret entre son épouse et Pervez Musharraf à l'automne, ne verrait pas d'inconvénient à une cohabitation avec le chef de l'Etat à peine réélu pour cinq ans, tandis que M. Sharif a fait de son éviction un cheval de bataille, qui passe par la restauration des juges.

En vertu de leur entente, parrainée par les Etats-Unis, pour un futur partage du pouvoir, Pervez  Musharraf avait autorisé Mme Bhutto à rentrer d'exil à l'automne en l'amnistiant, ainsi que Asif Ali Zardari, de multiples accusations de corruption et détournements de fonds publics du temps où elle dirigeait le pays.

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