Morgan Tsvangirai - Robert Mugabe - Zimbabwe
Tsvangirai serait en tête, mais sans majorité absolue
Jeudi 01 mai 2008
Le chef de file de l'opposition serait en tête du 1er tour de la présidentielle avec près de 48 % des voix. La Commission électorale n'a pas confirmé ces informations. (Explications : C. Dumay, correspondante au Cap)
Dossier La crise politique au ZimbabweJeudi 01 mai 2008
Par AFPLe dirigeant de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai devrait arriver devant le président Robert Mugabe au premier tour de l'élection présidentielle mais sans franchir la barre des 50%, ont annoncé mercredi des sources proches de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC).
"Nous n'avons pas les chiffres définitifs mais au dernier comptage, nous avions entre 48% et 50% pour Tsvangirai", a indiqué une source.
Selon une autre source, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a recueilli plus de 47% des voix "mais moins de 50%".
Plus d'un mois après le premier tour du scrutin du 29 mars, la Commission électorale affirmait achever la collecte des résultats, qu'elle doit présenter jeudi aux candidats ou à leurs représentants.
Interrogé par l'AFP, le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a refusé de commenter ces chiffres.
"Il y aura une vérification demain et ce n'est qu'après ce processus que nous pourrons parler des pourcentages recueillis par chacun des candidats", a-t-il déclaré.
M. Tsvangirai s'est d'ores et déjà proclamé vainqueur de l'élection présidentielle affirmant qu'il avait obtenu plus de 50% des suffrages dès le premier tour.
Le régime assure de son côté depuis des jours qu'aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue et qu'un second tour sera nécessaire.
Dans cette hypothèse, un troisième candidat, l'ex ministre des Finances Simba Makoni - qui semble être arrivé loin derrière les deux autres - devrait soutenir Morgan Tsvangirai.
L'opposition accuse les partisans du président Mugabe de s'être lancés dans une campagne de violences. Mercredi, le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, affirmé que son parti avait comptabilisé "20 morts à travers les différentes provinces du pays".
Mercredi, l'organisation Human Rights Watch (HRW) dont le siège est à New York, a affirmé que l'armée était "responsable d'une nouvelle vague de violations des droits de l'Homme dans le pays".
De son côté, le gouvernement a savouré mercredi un rare succès diplomatique, après une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU qui n'a pas réussi à se mettre d'accord sur une intervention dans la crise.
Le MDC avait demandé aux Nations unies une "résolution forte" contre le régime de M. Mugabe, mais de nombreux pays ont estimé qu'il n'était pas opportun d'intervenir, a expliqué l'ambassadeur américain adjoint, Alejandro Wolff.
"L'ONU snobe le MDC" titrait en Une le quotidien d'Etat The Herald.
Le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France et la Belgique ont poussé pour une intervention qui a été bloquée par l'Afrique du Sud, la Russie, le Vietnam, la Chine, le Burkina Faso, le Costa Rica, la Libye et l'Indonésie, selon le journal.
"Il s'agissait d'une machination britannique pour essayer de brimer les nations africaines, d'un complot raciste (...) pour dire que les Africains ne sont pas capables de prendre des décisions", a commenté le porte-parole du gouvernement Bright Matonga.
Sur le plan économique, la Banque centrale a décidé de laisser flotter le dollar zimbabwéen sur le marché des changes pour reconstituer ses réserves en devises étrangères.
En janvier 2004, l'Etat avait fixé un taux de change officiel pour le dollar zimbabwéen, révisé à plusieurs reprises et actuellement à 30.000 ZIM dollars pour un dollar américain.
En raison notamment d'une hyperinflation de 165.000 % en taux annuel, la monnaie locale s'est écroulée sur le marché parallèle et s'échangeait mercredi à 100 millions de ZIM dollars pour un USD.
Le gouverneur de la Banque centrale du Zimbabwe, Gideon Gono, a promis mercredi de "dompter le "dragon de l'inflation", un engagement qu'il avait déjà pris il y a deux ans en utilisant la même métaphore. L'inflation s'élevait alors à 993,6%.
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