Afghanistan - Agriculture - Humanitaire - Trafic de drogues
Kaboul peine à éradiquer la production de pavot
Jeudi 01 mai 2008
En chassant les Taliban du pouvoir, les alliés ne s’attendaient pas à faire face à une telle explosion de la production d’opium. Les politiques d’éradication de cette culture tardent connaître le succès. (Reportage : C. Billet, T. Luddin)
Jeudi 01 mai 2008
Par FRANCE 24Le pavot d’opium et sa production
Plutôt que l’éradication pure et simple des cultures, Kaboul, appuyée par la communauté internationale, a choisi d’inciter les producteurs à renoncer à l’opium en échange de compensations.
Le gouvernement sert d’intermédiaire avec les organisations d’aide dans cet échange de bons procédés. Les fermiers qui ont arrêté de cultiver le pavot ont reçu du matériel, des plants, des graines.
Mais la reconversion des fermiers est loin d’être évidente. La pilule a du mal à passer pour Nasurullah, chef du village de Khanan : "Si je récolte 1 kilo de pavot, c’est plus rentable qu’une tonne de blé. Tous nos revenus sont dans cette fleur !"
Conséquence, les propriétaires terriens n’ont plus les moyens d’embaucher des travailleurs à la journée. Le taux de chômage augmente. Les plus pauvres sont les premières victimes de l’éradication du pavot.
L’économie locale reposait entièrement sur la production de pavot. La fleur servait même de monnaie d’échange. Aujourd’hui, dans la province, le système entier s’effondre. Tout le monde est touché.
Les chefs tribaux, sur lesquels les structures politiques afghanes reposent, ne cachent pas leur mécontentement quant aux contreparties du gouvernement.
"Nous avons promis au gouvernement d’appliquer les lois et de ne pas cultiver de pavot. Mais nous demandons aussi qu’il nous donne des projets alternatifs et nous attendons toujours. Le gouvernement est soutenu par notre tribu. Et sans les tribus, il n’y aurait pas de gouvernement !", prévient Ghulam Hussain Yousufzai, chef de tribu de Gulai Jabaghai. Le message est clair : la patience des chefs locaux a ses limites.
Soyez le premier à réagir.
Pour aller plus loin

