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Sharif et Zardari progressent sur les juges

Dernière modification : 01/05/2008

Les discussions entre Nawaz Sharif et son allié Asi Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, sur une éventuelle réintégration des juges démis par Pervez Musharraf en novembre, ont enregistré quelques progrès. (Récit : K. Yahiaoui)

Les discussions entre les deux parties de la coalition pakistanaise dans le but de sauver le tout jeune gouvernement ont enregistré quelques progrès, mais il reste des points à voir ce jeudi, a déclaré le ministre Nisar Ali Khan mercredi soir.

 

“Les discussions ont bien avancé. Nous avons abouti à un consensus sur la plupart des sujets, mais il reste quelques divergences d’opinion sur des points constitutionnels et législatifs", estime ce même ministre, proche de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif.

 

Les deux partis seraient d’accord sur un texte de résolution mais le PPP pousserait encore en faveur d’amendements constitutionnels qui incluraient des réformes judiciaires.

 

L’ancien Premier ministre Sharif est arrivé mardi soir à Dubaï pour peser sur les discussions, après l'échec de ses adjoints à régler les différends avec Asif Ali Zardari, dirigeant du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto et actuel Premier ministre.
  
Les discussions portent sur le rétablissement des juges démis en novembre dernier par le président Pervez Musharraf. Les deux hommes s’étaient entendus avant les élections pour rétablir ces derniers dans leurs fonctions un mois après la formation de leur gouvernement. La date-butoir était donc fixée au 30 avril.

 

Le PPP est à la tête du nouveau gouvernement mais, n'ayant pas la majorité absolue au Parlement, il doit compter sur le soutien de la Ligue musulmane du PML (N) de Nawaz Sharif, qui dispose de certains portefeuilles. Ceux-ci menacent de quitter la coalition gouvernementale, s’ils ne parviennent pas à un accord qui leur semble valable.

 

Or toute dissolution du gouvernement, formé il y a un mois, ferait craindre une nouvelle période d’instabilité politique. Alors même que ce pays, qui possède l’arme nucléaire et reçoit l’appui des Etats-Unis, doit faire face à l’activisme islamiste et à de graves problèmes économiques.

 

Déjà un mois de tractations

 

Le 3 novembre 2007, le président pakistanais avait proclamé l’état d’urgence et démis de leurs postes soixante juges de la Cour suprême et des hautes cours provinciales. La Cour suprême était alors sur le point de statuer sur l’éligibilité de Musharraf pour un nouveau mandat de président, alors qu’il était encore chef des armées.

 

Depuis la victoire éclatante de son ancienne opposition aux législatives du 18 février, M. Musharraf est contraint à une cohabitation et la restauration des juges évincés pourrait conduire à un réexamen de la légalité de sa réélection contestée à la présidence, le 6 octobre dernier.

 

Un moyen d'éloigner Pervez Musharraf

 

Nawaz Sharif, qui a été renversé par Pervez Musharraf en 1999, espère rétablir ces juges dans le but de parvenir à terme à éloigner Musharraf du pouvoir.

 

Asif Ali Zardari, conformément à un accord secret entre son épouse et Pervez Musharraf à l'automne, ne verrait pas d'inconvénient à une cohabitation avec le chef de l'Etat à peine réélu pour cinq ans, tandis que M. Sharif a fait de son éviction un cheval de bataille, qui passe par la restauration des juges.
 
En vertu de leur entente, parrainée par les Etats-Unis, pour un futur partage du pouvoir, Pervez Musharraf avait autorisé Mme Bhutto à rentrer d'exil à l'automne en l'amnistiant, ainsi que Asif Ali Zardari, de multiples accusations de corruption et détournements de fonds publics du temps où elle dirigeait le pays.

Première publication : 01/05/2008

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