ISRAEL - JUSTICE
Olmert soupçonné de corruption
Vendredi 02 mai 2008
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a été interrogé par la police des fraudes pour une affaire de corruption. Cela porte un nouveau coup à l'image d'un homme politique déjà peu populaire.
Vendredi 02 mai 2008
Par AFPLe Premier ministre israélien Ehud Olmert a été interrogé vendredi matin par la police des fraudes dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de corruption, apprend-on de source policière.
Le mystère qui entoure ces interrogatoires, leur annonce soudaine jeudi soir, ainsi que des fuites dans les medias sur la gravité des soupçons pesant sur M. Olmert ont d'ores et déjà porté un nouveau coup à l'image d'un Premier ministre déjà peu populaire.
"Le Premier ministre a été interrogé par une équipe d'enquêteurs dirigée par le chef de la section des fraudes, Shlomi Ayalon", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police Micky Rosenfeld, sans fournir de précisions.
Les policiers de la section des fraudes se sont faufilés discrètement dans la résidence du Premier ministre pour éviter la presse, bien avant le moment fixé, pour un interrogatoire d'une heure, selon des journalistes sur place.
Selon la radio publique, M. Olmert a été interrogé en tant que suspect sur des affaires de corruption suite à un "développement important" dans les enquêtes, qui se serait produit ces derniers jours.
Ce développement fait peser des "soupçons graves", affirme la radio publique qui a lié ce rebondissment à l'interrogatoire ces derniers jours de l'ex-directrice du cabinet de M. Olmert, Shoula Zaken.
Mme Zaken fait l'objet d'une enquête policière sous le soupçon d'avoir usé de ses relations pour faire nommer de hauts fonctionnaires des services fiscaux afin d'obtenir des allègements au profit de proches.
La justice israélienne a imposé un black-out sur toute l'affaire à la demande de la police, interdisant de publier des informations sur le contenu de l'enquête.
De son côté, la Présidence du Conseil a assuré que le chef du gouvernement "répondrait aux questions des enquêteurs, comme il l'a fait dans le passé et que ses réponses allaient permettre de le laver de tout soupçon", dans un communiqué remis jeudi soir à la presse.
Le procureur d'Israël, Menahem Mazouz, avait demandé jeudi à la police d'interroger M. Olmert suivant une procédure d'urgence "dans les 48 heures".
Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, M. Olmert est en outre soupçonné d'avoir reçu des pots-de-vin d'un homme d'affaires américain.
Le journal affirme qu'il s'agit d'une nouvelle affaire, remontant à avant l'accession de M. Olmert au poste de Premier ministre en 2006 et qui n'a été portée que récemment à la connaissance de la police.
"Le Premier ministre est soupçonné d'avoir reçu durant une longue période en liquide des pots-de-vin importants d'un homme d'affaires américain qui a des affaires en Israël", écrit ce journal à grand tirage.
Cet homme d'affaires aurait impliqué M. Olmert alors que lui-même était interrogé par la police lors d'une de ses récentes visites en Israël.
L'information n'a toutefois pas été confirmée par la police ou d'autres sources.
Le procureur d'Israël avait ordonné l'ouverture d'une enquête criminelle contre M. Olmert le 16 janvier 2007, "pour soupçon de délit d'initié dans la vente par l'Etat (en novembre 2005) de sa participation majoritaire à la banque (israélienne) Leumi".
Depuis lors, la police a refermé le dossier, faute d'avoir réuni assez d'indices.
Trois autres enquêtes de police portent sur des soupçons de transactions immobilières frauduleuses, dans l'achat de sa maison rue Adolphe Crémieux à Jérusalem, et des nominations politiques abusives.
Dans ce cadre, les enquêteurs ont procédé en novembre à une spectaculaire descente de police pour saisir des documents au sein d'une vingtaine d'institutions publiques et ministères.
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