Descente aux enfers au Zimbabwe
Lundi 05 mai 2008
Un mois après l'élection présidentielle au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, candidat de l’opposition, affirme avoir "gagné" les élections et a confié pendant "Le Talk de Paris" refuser un second tour. Pourra-t-il tenir ?
Descente aux enfers au Zimbabwe
Par Ulysse GossetLundi 05 mai 2008
Sous la férule du dictateur Robert Mugabe, le Zimbabwe ressemble au Titanic en train de sombrer. L’inflation atteint 165 000 %, au moins 3 des quelques 13 millions d’habitants ont quitté le pays. Qui pourra arrêter cette spirale infernale ?
Cela fait un mois que le pays a voté pour élire un nouveau président. Le candidat de l’opposition, l’ancien mineur syndicaliste Morgan Tsvangirai, affirme avoir "gagné" et nous dit dans Le Talk de Paris qu’il refuse un second tour.
Pourra-t-il tenir ? Mugabe s’accroche au pouvoir. L’impasse est totale. Le plus vieux chef d’Etat du monde veut régner jusqu’à l’âge de 100 ans ! "On ne peut accepter qu’un homme meure à son poste simplement pour satisfaire son égo et son égoïsme", affirme le Président du Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), Mugabe ne peut prendre le pays en otage pour rester au pouvoir."
Destin tragique pour le pays, comme pour Mugabe, le père de l’indépendance. Des négociations secrètes ont déjà eu lieu entre ses conseillers et ceux de l’opposition. La commission électorale affirme que Morgan Tsvangirai n’a pas obtenu plus de 47 % des voix…
Le Président de l’Union Africaine (UA), Jean Ping, tente de jouer les intermédiaires. Mugabe gagne du temps, laisse pourrir la situation...
Morgan Tsvangirai, lui, réclame qu’un émissaire de l’ONU se rende sur place pour permettre une transition pacifique du pouvoir. Risque de bain de sang ou de coup d’Etat ?
Le chef de l’opposition a quitté son pays il y a trois semaines et se trouve en Afrique du Sud : il refuse d’envisager le pire. Il sait que sa vie est menacée, que les hommes de main de Mugabe sont prêts à tout. Mais il ne veut pas renoncer à une stratégie de "changement démocratique."
Il reconnaît cependant qu’il y a des "durs" au sein de l’armée, capables d’un "coup d’Etat", mais il se dit convaincu qu’ils ne tiendront pas face aux pressions du peuple et surtout de la communauté internationale…
La clé du drame est sans doute pour une bonne part en Afrique du Sud, où le Président Thabo Mbeki refuse hélas de s’engager clairement. Que fait l’ONU, que fait l’Europe ? L’attentisme ne fait que précipiter la longue descente aux enfers du Zimbabwe.
Retrouvez l’interview de l’ancien mineur syndicaliste Morgan Tsvangirai dans Le Talk de Paris sur le site de France 24.
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