Le président chinois Hu Jintao est arrivé mardi à Tokyo pour la première visite depuis 10 ans d'un chef d'Etat chinois au Japon, dont le passé militariste a laissé des blessures encore vivaces en Chine.
L'avion d'Air China s'est posé en début d'après-midi sur l'aéroport d'Haneda, proche de la capitale, sous haute sécurité, avec plus de 6.600 policiers mobilisés pendant la visite de M. Hu, qui s'achèvera samedi.
Le ministre japonais des Affaires étrangères, Masahiko Komura, a accueilli le président chinois à sa descente d'avion, acclamé par plus de 200 diplomates, hommes d'affaires et résidents chinois, agitant des drapeaux chinois et japonais.
"J'espère qu'à travers cette visite, nous pourrons renforcer notre confiance mutuelle et notre amitié, approfondir notre coopération et ouvrir un nouveau chapitre pour une relation mutuellement profitable entre la Chine et le Japon", a déclaré M. Hu.
"Au nom du peuple et du gouvernement chinois, je saisis cette occasion pour présenter au peuple japonais notre profonde gratitude et notre reconnaissance", a-t-il ajouté.
M. Hu, qui est le deuxième président chinois à se rendre dans l'archipel depuis l'établissement des relations diplomatiques en 1972, séjournera au Japon jusqu'à samedi. Signe de l'importance que les Japonais accordent à cette visite, trois rencontres sont prévues avec l'empereur Akihito, dont les apparitions en public sont exceptionnelles.
Le président chinois dînera mardi soir avec le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, mais ses entretiens officiels ne débuteront que mercredi.
Contrairement à ce qui s'était passé durant le séjour du président chinois Jiang Zemin en 1998, les questions liées à l'histoire douloureuse de l'occupation japonaise en Chine dans les années 30 et 40 ne devraient être qu'effleurées. De l'avis unanime, la visite de M. Jiang avait été un échec en raison de l'insistance avec laquelle il avait réclamé des excuses du gouvernement japonais.
A quelques mois des Jeux Olympiques de Pékin, Hu Jintao a intérêt à ce que son voyage, le premier à l'étranger depuis les émeutes au Tibet, soit couronné de succès. La Chine a besoin d'un environnement stable et pacifique pour poursuivre sa croissance économique et souhaite consolider la réconciliation avec son voisin japonais entamée en 2006.
Pendant son séjour exceptionnellement long, M. Hu va se livrer à une véritable offensive de charme auprès des Japonais, avec au menu une partie de ping pong, des discussions avec des étudiants, des visites de sites historiques, et probablement l'annonce de l'envoi d'un panda chinois pour remplacer Ling Ling, le vieux panda du zoo de Tokyo mort de vieillesse la semaine dernière.
Mais le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda et son hôte chinois ne manqueront pas d'aborder aussi les questions qui fâchent, comme le désaccord sur l'exploitation de gisements de gaz en mer de Chine orientale et la qualité sanitaire des produits alimentaires chinois, après la découverte au Japon de raviolis chinois contenant des pesticides.
Sur le Tibet, question hautement sensible pour les Chinois, M. Fukuda devrait adopter un profil bas et rassurer le président Hu sur sa présence à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques à Pékin le 8 août.
MM. Hu et Fukuda devraient signer plusieurs accords de coopération dont l'un dans le domaine du changement climatique.
Pékin avait quasiment gelé les relations avec le Japon durant les mandats du Premier ministre Junichiro Koizumi, entre 2001 et 2006, en raison de ses visites au sanctuaire Yasukuni, consacré aux soldats morts pour le Japon, parmi lesquels figurent plusieurs criminels de guerre.















Commentaires
désannexons!
La France aussi en Corse, Nouvelle Calédonie, DOM TOM....
ne pas faire a autrui ce l'inacceptable pour soi
la chine devrait s'inspirer des deboires du passé causés par les japonnais afin de desanexer le tibet
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