Naples : les ordures traînées en justice !
Mardi 06 mai 2008
La Commission européenne a décidé de saisir la Cour européenne de justice pour que l'Italie soit contrainte d'agir plus efficacement contre la crise des déchets de Naples… sous peine d'amende.
Naples : les ordures traînées en justice !
Par Caroline de CamaretMardi 06 mai 2008
Environ 1 300 tonnes d'ordures jonchent encore les rues de Naples malgré les efforts déployés pour assainir la ville. C’est moins que début mars, où la masse de déchets abandonnés atteignait 4 500 tonnes, mais c’est toujours trop. Des habitants exaspérés ont mis le feu aux monceaux d'immondices, des incendies susceptibles de dégager des gaz toxiques.
Cette crise des déchets, récurrente depuis quatorze ans, empoisonne les rapports entre l'Italie et l'Union européenne qui juge insuffisants les efforts pour la résoudre. La Commission européenne a décidé de saisir la Cour européenne de justice pour que l'Italie soit contrainte d'agir plus efficacement sous peine d'amende. On en est au premier stade de la procédure, loin encore des amendes : la Cour de Luxembourg devra dire si l’Italie viole la loi européenne qui l’oblige a produire un plan de gestion des déchets. Bruxelles juge ce plan totalement incomplet avec des trous pour des quartiers entiers ! Exemples, aucun endroit n'est prévu pour stocker les ordures de façon adéquate, et rien n'est prévu pour le tri. Pire, l’Italie reçoit des subventions européennes pour construire un incinérateur pour Naples livrable en 2009 : or cette construction n’avance pas !
Bruxelles envoie un message clair : ne vous réfugiez plus derrière le prétexte de la Mafia, agissez ! "La mise en cause de la responsabilité du crime organisé ne doit pas masquer la cause la plus directe, à savoir l'absence d'action et l'absence de volonté politique", avait dénoncé en janvier le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas. Les autorités italiennes doivent tout tenter : vendre les déchets à l’étranger comme c’est déjà la cas avec l’Allemagne, pour réduire leur entassement, et booster les investissements publics dans ce secteur.
Le chef du futur gouvernement, Silvio Berlusconi, vainqueur des élections législatives d'avril, avait auparavant promis aux Napolitains qu'il convoquerait son premier conseil des ministres dans leur ville pour travailler sur le problème des déchets "tant qu'il ne serait pas réglé". Bruxelles lui répond aujourd’hui : chiche !

