- Californie
Etudier sans papier aux Etats-Unis, c’est le sort d’Andréa et Eder. Assis sur l'une des pelouses ensoleillées de la prestigieuse université de Californie à Los Angeles, ils racontent leurs histoires respectives. Le père d’Andréa a été expulsé il y a deux ans... quant à Eder, il n’a aucun souvenir de son pays d’origine, le Mexique qu’il a quitté à l’âge de trois ans.
Selon les associations qui les recensent, il y a 4 000 étudiants sans papiers sur un total de 200 000 dans les universités publiques de la Californie. L’administration les reconnaît puisqu’ils ne cochent pas de nationalité au moment de leur inscription. Eder et Andrea s'en amusent presque aujourd'hui. “On ne coche rien parce qu’on est de nulle part” annonce Andréa, un peu gênée, tandis qu'Eder confirme : “Quand j ai rempli mes demandes, il y a deux an, moi aussi je n’ai rien coché.” Et Andréa de conclure : “Oui, les petites cases qui correspondent à la nationalité, on les les laisse vides”
La loi californienne prévoit les même frais de scolarité pour les sans papiers que pour les résidents de l’Etat, 8 000 dollars par an. C’est trois fois moins que pour les étudiants internationaux, mais toujours trop, selon Cristopher, autre étudiant sans papier de UCLA, qui raconte timidement : “Tu te prends la réalité de ta situation en pleine figure quand la facture tombe tous les quatre mois, et que tu dois payer 2 500 dollars de ta poche. Et toi tu n’as pas droit aux bourses contrairement aux autres.”
L’accès à l’aide financière pour ces étudiants, c’est précisément ce que prévoit une proposition de loi connue sous le nom de Dream Act. Et c’est le point surlequel partisans et oppsosants du Dream Act diffèrent. Pour les conservateurs, cette aide est une forme de traitement spécial donc inégalitaire et un mauvais signal envoyé à l’étranger.
Jeffers Dodge, président de l’Alliance des Republicains de Los Angeles prévient : “On ne doit allouer cet argent ou accorder de faveur à ces étudiants parce que ça encouragerait d’autres immigrants du monde entier à traverser illégalement.”
Du côté du sénateur qui a proposé l’adoption du Dream Act, la loi en vigueur est jugée hypocrite. Arturo Chavez, son directeur de district à Los Angeles, enfonce le clou : “Leur présence est connue puisqu’ils remplissent les papiers, leur argent est accepté, mais on ne les aide pas... C’est une contradiction majeure que nous essayons de résoudre en faisant adopter le Dream Act.”
L’année dernière loi du Dream Act a franchi toutes les étapes du processus législatif avant de se heurter au veto du gouverneur Arnold Schwarzenegger. Ce dernier a refusé que des fonds soient alloués à des gens qui ne sont pas régularisés tandis que les frais de scolarité augmentent pour les autres étudiants. Une nouvelle version du Dream Act doit lui être présentée prochainement.























