08 mai 2008 - 21H33
- Russie - Serbie - Union européenne

Ultime bataille entre pro-Européens et nationalistes
Au dernier jour de la campagne électorale serbe, les pro-Européens et les ultra-nationalistes russophiles se sont livrés à une ultime bataille avant les législatives de dimanche, cruciales pour l'avenir du pays.

Pro-européens et ultranationalistes russophiles livraient jeudi, au dernier jour de la campagne électorale serbe, une ultime bataille avant les législatives de dimanche, cruciales pour l'avenir du pays.

Les ultranationalistes du Parti radical serbe (SRS) conservent un léger avantage avec 34 % d'intentions de vote contre 33 % pour l'alliance pro-européenne autour du Parti démocrate (DS) du président Boris Tadic, selon les dernières enquêtes d'opinion.

Ces législatives sont considérées comme un référendum pour ou contre la poursuite de l'intégration de la Serbie à l'Union européenne (UE).

Une victoire des ultranationalistes inverserait en effet la tendance pro-européenne adoptée par la Serbie depuis la chute en 2000 du régime autoritaire de Slobodan Milosevic.

"Ces élections sont un référendum pour décider si nous voulons aller vers l'Europe ou rester isolés", a déclaré M. Tadic mercredi soir lors de son dernier meeting à Belgrade devant plusieurs milliers de partisans.

"Un référendum pour décider si nous voulons vivre comme les autres nations européennes ou être isolés à l'intérieur des Balkans", a-t-il ajouté.

"J'ai toujours été eurosceptique", a dit de son côté Tomislav Nikolic, le chef du SRS dont le président est toujours le paramilitaire Vojislav Seselj, jugé à La Haye pour crimes de guerre.

"Si la Russie décide un jour de former une alliance pour contrer l'influence de l'UE, je proposerai que la Serbie la rejoigne", a ajouté M. Nikolic dans des déclarations rapportées par l'agence indépendante Fonet.

En février dernier M. Tadic ne l'avait emporté que d'extrême justesse contre M. Nikolic, lors d'une présidentielle déjà considérée comme un référendum pour ou contre l'Europe des 27.

Les relations avec l'UE après l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février, sont à l'origine de la crise politique que la Serbie traverse et que les élections de dimanche sont censées résoudre.

Le Premier ministre nationaliste, Vojislav Kostunica, a dissous en mars le gouvernement, rompant la coalition avec les pro-européens restés favorables au rapprochement avec l'UE malgré le soutien de Bruxelles à l'indépendance du Kosovo même s'ils y sont eux aussi opposés.

Les nationalistes ont largement profité de l'amertume que l'indépendance du Kosovo a provoqué auprès de nombreux Serbes qui le considèrent comme le berceau historique de leur pays.

Dans le cadre de sa campagne électorale, M. Kostunica s'est d'ailleurs rendu mercredi dans le nord du Kosovo, majoritairement serbe, où il a réaffirmé: "Le Kosovo est la Serbie".

Belgrade qui veut montrer que le Kosovo est toujours sa province, a appelé les Serbes du Kosovo à participer au scrutin de dimanche, défiant ainsi les autorités de l'ONU, en principe les seules habilitées à y organiser des élections.

Bruxelles, qui suit attentivement les législatives serbes, a donné un coup de pouce aux pro-européens en signant la semaine dernière avec Belgrade l'Accord de stabilisation et association (ASA), premier pas vers l'adhésion de la Serbie à l'UE.

Dix-sept pays de l'UE ont également décidé d'accorder la gratuité des visas à la grande majorité des citoyens serbes.

L'issue du scrutin de dimanche demeure incertaine. Aucune des deux principales forces politiques serbes n'est en mesure de remporter une claire majorité et les analystes prévoient, après les élections, de longues tractations pour la formation d'un gouvernement.

Le Parti socialiste serbe (SPS) du défunt Milosevic pourrait alors jouer un rôle décisif. Les analystes n'écartent pas l'éventualité d'une alliance avec les pro-européens de M. Tadic même si un accord avec les ultranationalistes semblerait plus logique.
 

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