08 mai 2008 - 05H12
- Belgique

La Belgique frôle une nouvelle crise politique
Les Flamands menacent de voter un texte considéré par les francophones comme une atteinte à leurs droits linguistiques. En cause : l'unification linguistique de la Belgique, symbolisé par l'arrondissement bilingue Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Le risque de voir tomber le gouvernement belge s'est éloigné mercredi, à la veille d'une session à haut risque au Parlement national où les Flamands menacent de voter un texte considéré par les francophones comme une atteinte à leurs droits linguistiques.
  
Les partis francophones ont laissé entendre qu'ils bloqueraient la proposition de loi controversée, via des recours parlementaires, si les Flamands vont de l'avant, plutôt que de se retirer de la fragile coalition gouvernementale dont ils font partie.
  
"Il est normal que les francophones utilisent les moyens (à leur disposition) pour éviter un vote sur le contenu" de cette proposition, qui entend remettre en cause des droits linguistiques spécifiques accordés aux francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles, a déclaré une responsable francophone, Joëlle Milquet.
  
Dans le détail, il s'agit pour les Flamands, au nom de l'unification linguistique de leur territoire, de scinder une arrondissement électoral bilingue (appelé Bruxelles-Hal-Vilvorde ou "BHV").
  
Jusqu'ici, les partis francophones avaient laissé planer le doute sur la riposte envisagée au cas où les partis flamands mettraient à l'ordre du jour de la séance plénière de la Chambre, jeudi à 14H00 (12H00 GMT), leur proposition de loi.
  
Certains, lassés des querelles incessantes avec les Flamands qui réclament une autonomie régionale renforcée dans le royaume, n'excluaient pas de claquer la porte du gouvernement.
  
"Le gouvernement est fragile, mais il ne tient tout de même pas qu'à un fil. Il ne devrait pas tomber cette semaine, sauf si la situation s'emballe", a estimé mercredi un autre responsable francophone de la majorité.
  
"Les francophones crieront sans doute très fort, mais il est peu probable qu'ils retirent leur soutien", estime également le politologue Jean Faniel, en soulignant que "personne n'a vraiment intérêt à retourner aux urnes", un an après les dernières législatives.
  
Pour marquer leur opposition au projet de scission de BHV sans faire chuter le gouvernement du Flamand Yves Leterme, les partis francophones disposent de plusieurs recours, susceptibles de faire traîner les discussions pendant plusieurs jours ou semaines.

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