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Israël fête son soixantième anniversaire

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Dernière modification : 08/05/2008

Les festivités en Israël, pour son soixantième anniversaire, ont été placées sous haute surveillance. La crainte d'attentats mobilise des milliers de policiers. En arrière-plan également, de fortes tensions politiques. (Récit : H. Drouet)

Retrouvez également notre dossier spécial sur les 60 ans d'Israël.

 

 

Au deuxième jour des commémorations du soixantième anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, l’armée est au cœur des célébrations. Parades aériennes et navales, sauts de parachutistes et reconstitutions de champs de bataille marquent l’anniversaire d’un pays construit à force de victoires militaires mais qui, en l’absence de solution au conflit qui l’oppose aux Palestiniens, reste vulnérable.

 

"Israël veut montrer tout ce qui a été accompli à travers l’armée, qui est l’une des plus puissantes au monde", explique Marc de Chalvron, correspondant de France 24 à Jérusalem. "Elle est le ciment d’une nation qui ressemble de plus en plus à une mosaïque."

 

Selon Michel Gurfinkel, journaliste et auteur du Roman d’Israël interviewé sur France 24, "sur la plupart des plans, le rêve s’est réalisé. La population s’est multipliée par 10, elle a été logée, soignée, éduquée (…) Elle réussit à faire renaître la langue hébraïque". Mais, il a ajouté : "il y a un point où Israël n’a pas totalement réussi, c’est la paix."

 

L'armée israélienne maintient depuis lundi un bouclage de la Cisjordanie en invoquant des questions de sécurité. Les différentes manifestations se déroulent sous haute surveillance par craintes d’attentats de militants extrémistes palestiniens. Les spectateurs des nombreux concerts et spectacles organisés à travers tout le pays devront se plier à des contrôles de sécurité renforcés, détecteurs de métal et fouilles des sacs.

 
"Nous sommes ici pour rester"
 

Le coup d’envoi des commémorations, dont le montant s’élève à 28 millions de dollars, a été donné dès mardi. Les drapeaux ont été mis en berne sur les édifices publics, en hommage aux 22 437 soldats israéliens tombés au combat et aux 1 634 civils tués dans des attentats depuis la création de l'Etat d'Israël le 14 mai 1948.

 

Jérusalem a lancé les festivités mercredi avec un grand son et lumière auquel a assisté Tony Blair, ancien Premier ministre Britannique et représentant du Quartette pour le Proche-Orient. La population de Tel Aviv a été conviée à un feu d’artifice et à un concert.

 

"Je suis sûr que beaucoup de gens dans le monde sont surpris que nous ayons atteint le 60e anniversaire d'Israël", Liat Dimant, 25 ans,  étudiante à l'université de Tel Aviv, a déclaré à l’agence Reuters. "Mais tous ceux qui vivent ici - jeune ou vieux, homme ou femme, de gauche ou de droite - savent que nous sommes ici pour rester".
 

Soixante ans après l'attaque conjointe de cinq armées arabes contre le nouvel Etat proclamé d'Israël qui a menacé son existence, le pays présente de multiples facettes. Grâce à des réformes d'inspiration libérale et à la bonne santé du secteur des hautes technologies, la croissance économique atteint chaque année 5 % depuis 2003.

 

Mais cette croissance n'a pas bénéficié à tous. Selon les statistiques officielles, plus de la moitié des enfants à Jérusalem vivent en-dessous du seuil de pauvreté.

 

Les seuls à se tenir loin des festivités hier étaient la minorité arabe de nationalité israélienne vivant en majorité dans le quartier de Jérusalem-Est.

 
Toujours l’espoir d’une solution au conflit
 

La menace extérieure est cependant toujours présente. Israël, qui a signé des accords de paix avec l’Egypte et la Jordanie, entretient toujours des rapports conflictuels avec la Syrie et estime que le programme nucléaire iranien constitue une menace pour son existence même.

 

"Notre conflit dure en effet depuis longtemps", a déclaré le Premier Ministre Ehoud Olmert dans un discours prononcé au carré militaire du cimetière du Mont Herzl à Jérusalem-ouest mercredi. "Cependant, c'est à la paix, pas à la guerre, que nous aspirons."

 

Pour la première fois depuis sept ans, les négociations de paix ont repris entre Israéliens et Palestiniens, vivement encouragés par les Etats-Unis qui souhaitent aboutir à une entente sur les contours d'un accord d'ici la fin de l'année.  Mais les dicussions en cours pourraient être perturbées par la mise en cause du Premier ministre Olmert dans une affaire de corruption.

 

"Environ la moitié de l’opinion publique israélienne est en train de réaliser que la poursuite d’un destin national israélien a été à l’origine d’une injustice, ce qui n’était pas le cas dans les années 60", a déclaré sur France 24 Joav Toker, professeur de sciences politiques à l’American Graduate School of International Relations. "Suivez-bien l’évolution de l’opinion publique, car elle change."

Première publication : 08/05/2008

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