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Le mythe de l'Aliya, 60 ans après

Dernière modification : 12/05/2008

A l’origine de l’Etat d’Israël, l'Aliya désigne l'immigration des juifs en Terre sainte. L’expérience de quatre jeunes montre que, si le mouvement reste vivace, le mythe fondateur a peut-être vécu. (Reportage : G. Auda, M. de Chalvron)

En tout, 400 "olims", des nouveaux immigrants, débarquent à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv. Une haie d’honneur accueille les nouveaux immigrants : Russes d’un côté, Français de l’autre, ils affichent les mêmes sourires, la même émotion.

 

"C’est un rêve que l’on caressait depuis 2 500 ans… Nos parents le disaient, nous le réalisons !", lance Odette Gian, nouvelle arrivante.

 

Israël soigne son accueil et le sésame, un passeport israélien, est remis en main propre par le ministre de l’Intégration.

 

L’Aliya, ou la montée vers Israël, incarne le rêve sioniste de réunir tous les juifs sur la même terre. 60 ans après la création de l’Etat, Israël s’accroche à ce mythe de l’Aliya : ces images feront le tour du pays.

 

"Comme à la maison"

 

En janvier dernier, Myriam Naydis atterrissait à l’aéroport Ben Gourion et commençait son Aliya. Quatre mois plus tard, cette Ukrainienne de 23 ans passe le week-end chez des amis à Nahalé, petit village de Galilée.

 

 "Ils me disent toujours : ‘Quand tu veux manger quelque chose, ouvre le frigo et sers-toi, fais comme chez toi, comme à la maison’", raconte-t-elle.

 

Les Hammer, c’est un peu la famille de Myriam en Israël. Elle les a rencontrés il y a trois ans en Ukraine, à Odessa, et ils l’ont incitée à franchir le pas.

 

"C’est très difficile de faire l’Aliya, d’être loin de chez soi, d’avoir laissé derrière soi ses habitudes et sa culture. C’est un acte très courageux, c’est vraiment bien", affirme Reout Hammer.

 

Myriam a longuement réfléchi avant de s’exiler : en faisant son Aliya, elle a dû renoncer à sa nationalité ukrainienne. Pendant cinq mois, elle suit des cours intensifs d’hébreu. Un centre d’intégration organise également des séminaires à l’intention des immigrants.

 

"Les immigrants découvrent un monde sauvage avec beaucoup de pièges", explique un avocat qui anime ces sessions de formation.  "Si je peux les aider à les éviter, notamment sur les locations d’appartements, l’Aliya devient un peu plus facile."

 

Exil temporaire

 

Laura Benabou , 23 ans, représente l’archétype de l’Aliya réussie : quatre années en Israël, une maîtrise quasi-parfaite de l’Hébreu et un travail, conseillère financière dans une grande banque israélienne.

 

"Pour l’instant, je crois que j’ai réussi à atteindre tous mes objectifs… Tous !", affirme-t-elle.

 

Laura n’est pas pour autant fixée à Tel Aviv. Elle envisage de s’exiler temporairement à Paris ou à Londres pour y gagner plus d’argent dans la finance.

 

Avant d’arriver à Tel Aviv, Laura est passée par Ashkélon, où s’est établie sa mère. Une autre réalité israélienne domine ici : début mars, des dizaines de roquettes en provenance de Gaza se sont abattues sur la ville.

 

"Je ne suis pas venue pendant 10 jours. Je n’arrive pas à m’habituer à la sirène qui sonne et à attendre 30 secondes pour savoir si ça va tomber sur moi ou pas", déclare-t-elle.

 

"La misère moins pénible au soleil"

 

Si Laura envisage de suspendre son Aliya pour améliorer l’ordinaire, d’autres n’ont pas le choix.

 

Jonathan Clarque, 28 ans, franco-israélien lui aussi, revient à peine de France. Il y travaille cinq mois par an et passe le reste de l’année à Tel Aviv, où il vit avec 1 000 à 1 200 euros par mois. "Je reviens de Paris parce que je devais bosser, parce que j’avais besoin d’argent", explique-t-il avant d’ajouter : "Je pense qu’on peut conclure par la belle phrase d’Aznavour : 'la misère est moins pénible au soleil'… Je confirme !"

 

On estime qu’entre un quart et la moitié des nouveaux immigrants français gardent ainsi leur emploi en France : c’est ce que l’on appelle la "Boeing Aliya".

 

Rudy Cohen, un ami de Jonathan, est arrivé en Israël en 2002 mais habite en ce moment en France pour finir ses études d’avocat. Dans son métier, il affirme que les salaires sont jusqu’à 10 fois plus élevés en France.

 

Il compte bien revenir s’installer à Tel Aviv en novembre prochain, tout en travaillant en France. Son but : profiter d’un taux de change favorable pour acquérir un appartement en Israël où, selon lui, on trouve "les plus belles femmes du monde".

 

Myriam, Laura, Jonathan et Rudy : quatre visages de l’Aliya pour une immigration à la carte, définitive ou provisoire.
 
Regardez leur témoignage en vidéo ci-dessus

Première publication : 08/05/2008

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