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Nasrallah accuse et menace le gouvernement

Dernière modification : 08/05/2008

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré que les décisions prises par le gouvernement libanais à l'encontre de sa formation chiite étaient une "déclaration de guerre".

Le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a affirmé dans une conférence de presse que le gouvernement est "responsable" de la situation actuelle du Liban.

Le chef du Hezbollah a par ailleurs affirmé que "si quelqu’un s’en prenait à nos armes, nous les utiliserions à l’intérieur pour défendre nos armes". Pour la première fois, il s’est donc montré prêt à utiliser des armes contre des Libanais alors qu’il répétait jusqu’à maintenant que les armes de la résistance étaient tournées uniquement vers Israël.

Nasrallah considère la décision du gouvernement de mener une enquête sur son réseau de télécommunications comme une "déclaration de guerre".

Le leader chiite se référait aux décisions prises mardi par le gouvernement libanais à l’encontre du Hezbollah, accusé de gérer son propre réseau de télécommunications et d’avoir installé des caméras de surveillance à l’aéroport de Beyrouth.

Le gouvernement avait également décidé de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport international de Beyrouth, Wafic Choucair, présenté comme un proche du mouvement chiite.

Haussant le ton, le leader du Hezbollah a appelé ce jeudi le gouvernement à revenir sur ses décisions qu’il a décrites comme étant "au service d’Israël, des Etats-Unis" et visant à "déclencher une guerre" contre son mouvement. Il a notamment accusé le gouvernement et en particulier le Premier ministre Fouad Siniora "être à la solde des Etats-Unis".

Nasrallah a par ailleurs justifié la mise en place du réseau de télécommunications par son mouvement déclarant qu’il n’était pas seulement "une partie de son armement mais bien le socle des armes de la résistance".

Le Hezbollah avait été la seule faction libanaise autorisée à conserver ses armes après la guerre civile de 1975-90, au nom de la résistance à l'occupation israélienne du sud du pays.

La sortie de crise n’interviendrait, selon Nasrallah, qu’à travers "le retrait des décisions gouvernementales et le retour à la table du dialogue".

L’aéroport de Beyrouth est fermé

Jeudi l’opposition poursuivait son mouvement de protestation, débuté la veille, contre le gouvernement. La veille, sur fond de grève générale pour des revendications salariales, des heurts ont opposé les partisans de la majorité à ceux de l'opposition.

Les partisans du Hezbollah et ses alliés chiites ont commencé mercredi à bloquer toutes les routes menant à l’aéroport ainsi que plusieurs grands axes de la capitale.

Ces heurts interviennent à l'occasion d'une grève générale qui a dégénéré en confrontation entre partisans de l'opposition emmenée par le parti chiite et des partisans du Courant du Futur, le parti du sunnite Saad Hariri.

L’aéroport international, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, l'un des bastions du Hezbollah, était toujours fermé jeudi après-midi et tous les vols annulés.

L'armée libanaise a quant à elle prévenu jeudi qu'une escalade risquait de porter atteinte à son unité. "Si la situation se poursuit, tout le monde perdra et cela portera atteinte à l'unité de l'institution militaire", a déclaré le commandement de l'armée dans un communiqué.

Pour sa part, le mufti Rachid Kabbani, le plus haut dignitaire sunnite au Liban, a condamné, mercredi soir, en termes très sévères l’action du Hezbollah, le sommant d’évacuer les rues investies et les accès de l’aéroport et appelant les États arabes et islamiques au secours du Liban.

Le Liban traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, et se trouve sans chef d'Etat depuis le 24 novembre, les deux parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur un partage du pouvoir.

Première publication : 08/05/2008

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