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Plusieurs morts dans des affrontements à Beyrouth

Dernière modification : 09/05/2008

Sept personnes ont été tuées à Beyrouth dans des affrontements entre partisans de la majorité et de l'opposition. Ces violences se sont accentuées après le discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. (Récit V. Giebel)

 

Des affrontements armés entre partisans de la majorité anti-syrienne et sympathisants du Hezbollah ont fait au moins sept morts jeudi au Liban, selon des sources hospitalières et de sécurité. Ces violences ont éclaté après un discours du chef la milice chiite, Hassan Nasrallah, qui a qualifié les récentes décisions du gouvernement contre son mouvement de "déclaration de guerre".

Des explosions et des fusillades ont retenti en plusieurs endroits de la capitale libanaise et ont fini par gagner la majeure partie des quartiers de Beyrouth selon Jean-Marie Quemener, correspondant FRANCE 24 au Liban. Des témoins oculaires ont déclaré à FRANCE 24 que des roquettes et des mitraillettes avaient étaient utilisées dans les combats.

Les heurts armés se sont aussi étendus à de nombreuses localités de la plaine de Bekaa, dans l’est du pays, faisant au moins trois blessés, selon les services de sécurité.

La situation devient critique dans tout le pays selon Jean-Marie Quemener, qui qualifie la situation de "crise civile, un temps intermédiaire entre la crise politique et la guerre civile."

Une position partagée par Henri Helou, député de la majorité parlementaire anti-syrienne, qui confie à FRANCE 24 : "La situation sécuritaire était très grave, cela rappelle les années de guerre civile".

Saad al Hariri, chef de la coalition au pouvoir à Beyrouth, a proposé un accord de sortie de crise au leader du Hezbollah, à qui il demande de mettre fin au "siège" de Beyrouth. Cette proposition a été rejetée dans la soirée par l’opposition, a annoncé al Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah.

Nasrallah accuse le gouvernement

Lors de son allocution, le chef du Hezbollah a affirmé que "si quelqu’un s’en prenait à nos armes, nous les utiliserions à l’intérieur pour défendre nos armes". Pour la première fois, il s’est montré prêt à prendre les armes contre des Libanais alors qu’elles étaient tournées uniquement vers Israël jusqu’à présent.

Selon lui, la décision du gouvernement de mener une enquête sur son réseau de télécommunications est une "déclaration de guerre".

Le gouvernement libanais a accusé mardi le Hezbollah de gérer son propre réseau de télécommunications et d’avoir installé des caméras de surveillance à l’aéroport de Beyrouth.

Le gouvernement avait également décidé de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport international de Beyrouth, présenté comme un proche du mouvement chiite.

Haussant le ton, le leader du Hezbollah a appelé ce jeudi le gouvernement à revenir sur ses décisions. Des décisions qu’il a jugées prises "au service d’Israël, des Etats-Unis et visant à ‘déclencher une guerre’” contre son mouvement.

Nasrallah a par ailleurs justifié la mise en place du réseau de télécommunications par son mouvement en déclarant qu’il n’était pas seulement "une partie de son armement mais bien le socle des armes de la résistance".


Le Hezbollah avait été la seule faction libanaise autorisée à conserver ses armes après la guerre civile de 1975-90, au nom de la résistance à l'occupation israélienne du sud du pays.

La sortie de crise n’interviendrait, selon Nasrallah, qu’à travers "le retrait des décisions gouvernementales et le retour à la table du dialogue".

L’aéroport de Beyrouth est fermé

Jeudi l’opposition poursuivait son mouvement de protestation, débuté la veille, contre le gouvernement. Mercredi, sur fond de grève générale pour des revendications salariales, des heurts ont opposé les partisans de la majorité à ceux de l'opposition.

Les partisans du Hezbollah et ses alliés chiites ont commencé mercredi à bloquer toutes les routes menant à l’aéroport ainsi que plusieurs grands axes de la capitale.


Ces heurts interviennent à l'occasion d'une grève générale qui a dégénéré en confrontation entre partisans de l'opposition emmenée par le parti chiite et des partisans du Courant du Futur, le parti du sunnite Saad Hariri.

L’aéroport international, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, l'un des bastions du Hezbollah, était toujours fermé jeudi soir et tous les vols annulés.

L'armée libanaise a quant à elle prévenu jeudi qu'une escalade risquait de porter atteinte à son unité. "Si la situation se poursuit, tout le monde perdra et cela portera atteinte à l'unité de l'institution militaire", a déclaré le commandement de l'armée dans un communiqué.

Première publication : 09/05/2008

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