Ce lundi, l'armée libanaise a prévenu qu'elle aurait recours à la force si nécessaire, à partir de ce mardi 6H00 (3h00 GMT) pour faire régner l'ordre public dans le pays.
"Les unités de l'armée feront cesser les violations (...) dans le respect de la loi, même si cela implique le recours à la force", selon un communiqué de l'armée.
Reprise des combats à Tripoli
Des affrontements ont repris ce lundi à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, alors que Beyrouth et plusieurs villages dans les montagnes du Chouf retrouvaient un certain calme après avoir été pendant plusieurs jours le théâtre d’affrontements entre des miliciens de l'opposition menée par le Hezbollah et des partisans du gouvernement pro-occidental.
A Tripoli, de violents combats ont eu lieu dans les quartiers de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, selon la presse libanaise. Au moins une personne a été tuée et quatre autres blessées, selon l’AFP.
Depuis la région du Chouf, au sud-est de la capitale, Lucie Fielder, correspondante de FRANCE 24, explique que la situation semble calme lundi dans la région d’Aley, une ville stratégique surplombant Beyrouth. Des violents combats ont eu lieu pendant le week-end faisant au moins 36 morts, selon des sources de sécurité libanaise.
La région d'Aley est dominée par les membres de la communauté druze et par les chrétiens maronites. Mais la région – stratégiquement située le long de la route nationale qui relie Beyrouth à Damas – compte également des villages à dominance chiite, pour la plupart fidèles au Hezbollah.
"Une bataille pour le Moyen-Orient"
Les affrontements ont baissé d'intensité, après l’appel à la trêve lancé dimanche par le chef druze Walid Jumblatt anti-Hezbollah, à son rival druze pro-Hezbollah Talal Arslan, à la suite des combats sanglants de ce week-end qui ont opposé leurs partisans réciproques.
Ces conflits font suite à plusieurs jours de lutte dans les rues dans la capitale, grâce auquel le Hezbollah a pu prendre le contrôle d’une grande partie de Beyrouth-Ouest avant de finalement laisser place libre à l’armée libanaise pendant le week-end.
Plusieurs barricades ont cependant été maintenues par les combattants du Hezbollah et leurs alliés ; la route à l'aéroport international de Beyrouth, elle, reste fermée pour le sixième jour consécutif.
Au total, 47 personnes ont été tuées au cours des affrontements, a rapporté à l'AFP une source des services de sécurité.
La récente montée de violence dans ce petit pays voisin d'Israël et de la Syrie rappelle étrangement la brutale guerre civile de 1975-1990, qui avait entraîné des batailles rangées entre les innombrables communautés du Liban, pour la plupart d’entre elles alliées avec les pouvoirs régionaux.
Pour le ministre des Télécommunications libanais Marwan Hamadé interviewé sur FRANCE 24 ce lundi, on ne peut pas encore parler de guerre civile. Il a cependant répété la demande d’aide de son gouvernement aux autres nations arabes, rappelant que “la bataille ici est non seulement une bataille pour le Liban, mais aussi une bataille pour le Moyen-Orient”.
Comme lors de la guerre civile, la montée actuelle de violence au Liban a des répercussions dans l’ensemble du Moyen-Orient. L’Iran et la Syrie apportant leur soutien au Hezbollah, des experts estiment que les pays arabes pro-occidentaux comme l'Egypte et l'Arabie saoudite considérent comme désastreuses ces récentes démonstrations de violence.
Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis dimanche au Caire ont annoncé qu'ils enverraient une délégation ministérielle à Beyrouth pour des discussions avec les dirigeants libanais afin d’aider à trouver une réponse immédiate à la crise.Cependant ni l'Egypte, ni l’Arabie saoudite pas plus que la Syrie n'en font partie.
Nabih Berri, le président du Parlement libanais, annonce ce lundi, que la séance parlementaire censée procéder à l'élection du Président de la République est reportée au 10 juin. Elle devait se tenir ce mardi. Il s’agit du 19ème report de l’élection présidentielle.
Le Liban, qui vit sa pire crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, n’a plus de chef d’Etat depuis le 24 novembre dernier en raison d’une bataille interne pour le pouvoir entre les groupes politiques pro et antisyriens.






















Commentaires
a propos de vos reportages
Je suis FR24 depuis son commencement et voudrai dire que j'apprécie les reportages de Mr. J-M Quemener sur le Liban. Je n'appréciais pas trop vos reporters avant la venue de Mr J-M Quemener qui, par contre, semble comprendre la situation locale.
Fouad Siniora a envisagé la démission
Selon le quotidien "L'Orient-Le Jour", le Premier ministre Fouad Siniora a envisagé la démission. Le quotidien libanais rapporte dans ces colonnes : « Même Israël n'a pas osé faire ce qu'ils ont fait », a déploré hier Fouad Siniora, qui a présidé, tard en soirée, une réunion ministérielle à l'issue de laquelle l'option de la démission, un temps envisagée, a été écartée. Cette renonciation serait le "résultat de tractations intenses, tant internes qu'externes, notamment avec Nicolas Sarkozy et de nombreux responsables arabes, dont le souverain jordanien et l'émir qatari."
Preuve que le chef de l'état français est parfaitement actif dans ce dossier.
Des minable
Pour vous les internautes se résume a des minables qui tape virtuellement sur Hassan Nasralah, un des chef de l'opposition soutenu par une majorité de Libanais (confère élection estudiantine). Vous avez pas honte?
L'autorité du pacte national
C'est au moment les plus critiques que les gestes prennent leur plus grande valeur. Aussi, s'il semble toujours aussi illusoire de voir le Hezbollah et sa puissante milice se conformer aux résolutions de l'ONU appelant à son désarmement, qui constitue le noeud gordien de la situation politique libanaise, il incombe désormais aux autres factions, pro-gouvernementales, sunnites, druzes, chrétiennes, d'accomplir publiquement ce geste solennel en remettant leurs armes aux forces armées régulières, qui, selon les propres termes du président Sarkozy dans son message au Premier ministre Siniora, doivent être seules à avoir « le monopole de la force ».
Dans l'actuel contexte libanais, où persiste un risque d'escalade dont chacun ignore où il peut conduire, c'est pourtant la seule stratégie viable.
Une telle initiative, prise par les responsables des diverses forces politiques devant la Nation, marquerait en effet fortement les esprits et placerait le Hezbollah, s'il persistait à s'y refuser, dans une situation où sa puissance paramilitaire finirait par jouer contre lui, puisque ses ennemis s'effaçant devant lui, il se trouverait, sur-armé mais nu, en face du peuple libanais pris à témoin.
A l'instar du jugement de Salomon, celui qui, aujourd'hui, aime le plus sa nation, est celui qui sait se faire violence jusqu'à transférer sa capacité belligérante à l'armée libanaise pour s'en remettre et renforcer la légitimité des institutions. Cela serait d'une haute valeur constitutionnelle et patriotique.
L'armée deviendrait, dès lors, la garante de la sécurité de ces groupes dits « pro-gouvernementaux » et du besoin de cohésion nationale.
Cette opération de désarmement, nécessitant un accord politique préliminaire, ne va pas de soi.
Pourtant, une telle initiative isolerait, si ce mouvement persistait à s'arroger un rôle militaire parallèle, le Hezbollah sur la scène libanaise, en le plaçant devant ses contradictions, peut-être ses machinations, et en lui retirant le champ de bataille sur lequel sa posture et sa propagande font illusion, puisque se nourrissant de violence, il la recherche et la provoque et exploite ce climat « défavorable » comme justification à sa militarisation.
Au terme de ce désarmement, il reviendrait au peuple par un référendum de trancher l'ultime question en imposant au Hezbollah qu'il transfère lui aussi sa puissance armée à l'institution militaire et impose sa vision du pacte national.
Nul ne peut, indéfiniment, se dérober à la volonté du peuple.
Le Liban, dit-on, est un concentré des problèmes du Moyen-Orient. Il procurerait, dès lors, un signal remarquable et exemplaire, sensible peut-être jusqu'en Irak confronté lui-aussi, dans des termes quasi-identiques, au jeu paramilitaire de l'armée du Mahdi.
La nation libanaise, dont trop disent qu'elle est une fiction, aurait ainsi triomphé et manifesté le fait qu'elle est réelle et authentiquement souveraine.
Aoun: les chrétiens vont-ils s'entretuer à cause de lui ?
La situation actuelle de ce qui s'est passé au Liban ressemble à une partie d'échec sérrée comme si chacun des 2 camps (pro et anti Hezb) avaient 10 coups d'avance mais depuis hier avec un léger avantage pour les anti-Hezb, comme si les fous de Dieu était tombé dans le piège (trop tard pour revenir en arrière).
Cela est d'autant plus rassurant que l'on a une meilleure visibilité de ce qui va arriver dans un proche futur aux anti Hezb qui vont probablement reprendre le dessus politiquement, en principe sans avoir besoin de se comporter comme des bêtes enragées (pro Hezb).
La seule inconnue, c'est le Général Aoun...va-t-il laisser le fauteuil du futur président du Liban a Mr Sleimane (mais, peut-on vraiement faire confiance sur ses intentions ?), dont cela semble acquis, ou Mr Aoun va-t-il tout faire pour se faire élire, au risque de commettre des actions qui vont à nouveau déstabiliser le Liban (n'oublions pas qu'il a été prêt de s'allier avec le Hezb pour devenir président comme candidat consensuel du Hezb) ?
Dans le cas oû Mr Sleimane est élu président, il faut éviter l'humiliation à Mr Aoun, c'est pourquoi il faut rester lucide et lui proposer un poste-clé pour qu'il revienne chez les anti-Hezb.
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