Samedi 19 juillet 2008

  • Lancer la vidéo

BIRMANIE - REPORTAGE

L'ONU juge indispensable un pont aérien vers la Birmanie

Mardi 13 mai 2008

L'ONU juge que l'établissement d'"un pont aérien ou un pont maritime" est indispensable pour éviter une "deuxième catastrophe" en Birmanie. Anaïs Boussat, envoyée spéciale de FRANCE 24, a rencontré des rescapés du cyclone.

Mardi 13 mai 2008

Les pressions internationales ont beau s’intensifier, le régime des généraux en Birmanie repoussait toujours ce mardi les propositions d’aide étrangère et voulait garder la maîtrise de la distribution de nourriture et de médicaments auprès des sinistrés du cyclone Nargis.

Onze jours après la catastrophe naturelle, dont le bilan officiel provisoire fait état de 34 273 personnes tuées et près de 28 000 disparus, la junte affirme que "la nation n'a pas besoin de travailleurs humanitaires spécialisés", et que "les besoins de centaines de milliers de sinistrés" ont été satisfaits. Ce sont les déclarations du vice-amiral Soe Thein, haut responsable militaire, cité dans le journal gouvernemental New Light of Myanmar.

"On peut se demander si l’aide internationale n’est pas détournée"

Sur le terrain, l’envoyée spéciale de FRANCE 24, Anaïs Boussat, témoigne des attentes des habitants vis-à-vis du gouvernement : "J’ai visité un monastère proche de Rangoun où 90 personnes sinistrées par le cyclone sont logées. Certaines ont tout perdu : leurs maisons, leurs récoltes, et parfois leurs proches. Beaucoup ont l’air épuisées. C’est grâce aux donations privées que le monastère a pu nourrir toutes ces familles. Les habitants font remarquer que l’Etat, lui, n’a donné que cinq sacs de riz, ce qui est très insuffisant."

Un Birman, interviewé par Anaïs Boussat, décrit une situation inédite et catastrophique : "C’est la première fois que nous sommes confrontés à ce genre de désastre. Pour l’instant, l’aide des donateurs n’est pas suffisante, nous avons besoin de plus d’aide et surtout de bénévoles supplémentaires."

Notre envoyée spéciale s’interroge sur l’origine de l’aide alimentaire qui arrive dans la région du delta de l’Irrawaddy, où elle a pu se rendre malgré l’interdiction qui est faite aux étrangers d’y pénétrer. "L’aide qui est distribuée à la population apparaît comme essentiellement birmane, décrit-elle. Les camions portent des pancartes colorées avec le nom des donateurs : des mécènes privés, des entreprises, des temples et des organisations gouvernementales.
 
Cette aide est distribuée de façon très officielle, en présence de policiers et de militaires. Mais je n’ai vu aucun signe d’aide internationale dans le delta de l’Irrawaddy. Cette absence peut paraître étrange dans la mesure où l’aide internationale arrive à Rangoun. On peut se demande si celle-ci n’est pas détournée. Son origine est peut-être masquée ou transformée à son arrivée dans le pays."

"Paradoxalement, la catastrophe va peut-être ouvrir une fenêtre politique"

Rémy Favre, correspondant à Rangoun pour RFI et FRANCE 24, parle des éventuelles conséquences politiques du cyclone : "J’ai rencontré des Birmans qui pensent paradoxalement que la catastrophe va peut-être ouvrir une fenêtre politique.
  
Pour l’instant, les gens ne sont pas prêts à manifester, mais ils ont conscience que l’aide alimentaire arrive tardivement à cause des lenteurs et des craintes du gouvernement. Ils ont un accès aux médias internationaux, notamment aux télévisions étrangères. Et beaucoup de Birmans sont très en colère."

Notre correspondant évoque également une crise économique et une probable augmentation du prix du riz. : "On se rappelle que c’est l’inflation qui avait déclenché en août dernier les grandes manifestations de moines en Birmanie."

Pression internationale et aide au compte-gouttes

Tout en voulant contrôler l'acheminement de l’aide internationale, la Birmanie ouvre timidement ses portes.

Un premier appareil militaire américain rempli de secours a atterrit à Rangoun lundi. Les Etats-Unis ont envoyé mardi un avion supplémentaire et un troisième était attendu dans la journée.

Par ailleurs, le commissaire européen au Développement Louis Michel a annoncé ce mardi qu'il avait obtenu un visa pour entrer en Birmanie, où il veut convaincre les autorités de laisser entrer l'aide humanitaire. L’Union européeenne appelle les autorités birmanes à autoriser une aide humanitaire "libre de toute entrave".

De son côté, l’Onu plaide pour l’établissement d’un pont aérien ou maritime. Son secrétaire général, Ban Ki-moon, a exprimé lundi "son immense frustration" devant les lenteurs "inacceptables".

 


  • 13/05/2008 17:09:05

    Esprit prétorien

    Les élements de la nature, décidément, se vengent sur les humains avec de plus en plus de brutalité et d'imprévisibilité. En dépit des dépenses en progrès techniques et technologiques pour prévenir de tel risques. Qu'à cela tienne, personne n'est à l'abri d'une telle démonstration de force, et comme par imprévisibilité ou supertition ce sont les populations les plus démunis qui en subissent les conséquences, vogue la galère.

    Que le déchainement des élements de la nature est sujet à confrontation sur la responsabilité des être humains sur les causes est compréhensible jusqu'à le raisonnable. Mais là où l'incompréhension demeure, c'est tout de même l'impossibilité des aides humanitaires de parvenir et d'être distribuées aux victimes de ces ravages.

    Comment comprendre qu'un pays comme la Birmanie dirigée par une junte militaire à l'esprit prétorien, refusant que les ONG, venant pour la plupart des pays riches, sont interdits de visas. Or cela fait des années que ces mêmes pays riches ferment les yeux et font preuves d'indifférence sur les agissements de la junte militaire qui s'est accaparait du pouvoir de manière sanglante.

    Ceci est un Etat de fait qui in fine se retourne contre cela même qui laissent des Etat, existant ou virtuel, se faire diriger par des pouvoirs dictatorials, militariste et arbitraire. Cela pour dire qu'en toute circonstance et quelle que soit la cause d'un ravage humain, ce sont les peuples qui sont fait prisonniés et exposés aux conséquences.

    Vidéo

    • SUR LE TERRAIN

      "Certains birmans pensent que paradoxalement le cyclone et la catastrophe vont peut-être ouvrir une fenêtre humanitaire sur le pays". R. Favre, correspondant RFI/FRANCE 24 (13/05 16H GMT+2)

    • REACTION

      "L'attitude de la junte birmane conduit à aggraver cette crise." Rama Yade, secrétaire d'Etat au Droits de l'Homme (Paris 13/05 20H GMT+2)

    • SUR LE TERRAIN

      "Il y a beaucoup de rumeurs d'invasions américaines" C. Payen, se trouve sur la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande 13/05

    • REPORTAGE

      Exclusif - A Mae Sot, avec les Marines qui se préparent à intervenir (Reportage : C. Payen et S. Kane) 11/05/08

    • SUR LE TERRAIN

      "L'aide paraît essentiellement Birmane" - A. Boussat, envoyée spéciale en Birmanie 13/05


 

News Briefs

Meteo

Actuellement

  • New York
    Clear. Chaud.
    30°C
  • Rio de Janeiro
    Clear. Doux.
    19°C
  • London
    Broken clouds. Doux.
    17°C
  • Paris
    Broken clouds. Doux.
    19°C
  • Moscow
    Partiellement ensoleillé. Doux.
    22°C
  • Istanbul
    Ensoleillé. Chaud.
    26°C
  • Mumbai / Bombay
    Broken clouds. Chaud.
    30°C
  • Beijing
    Nuages épars. Chaud.
    29°C
  • Tokyo
    Partiellement ensoleillé. Chaud.
    31°C
  • Shanghai
    Partiellement ensoleillé.  Hot.
    32°C
  • Sydney
    Ensoleillé. Doux.
    17°C
  • Johannesburg
    Brume. Frais.
    9°C