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L'ex-adjoint de Charles Taylor témoigne contre lui

Dernière modification : 14/05/2008

Devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone à La Haye, l'ancien adjoint de l'ex-président libérien Charles Taylor, Moses Blah, a témoigné à charge contre son ancien patron, notamment sur la question des enfants-soldats.

L'adjoint de Charles Taylor a témoigné mercredi à charge devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, "dépaysé" à La Haye pour des raisons de sécurité, lors du procès de l'ex-président libérien.

Moses Blah, qui fut vice-président de Taylor de 2000 jusqu'en 2003, date à laquelle il avait assuré l'intérim du chef de l'Etat pendant trois mois, a raconté à la cour comment le chef du mouvement rebelle sierra-léonais Ruf recevait ses ordres de Taylor.

Ce dernier est jugé pour viols, meurtres et terrorisme en Sierra Leone lors de la guerre civile qui a ravagé ce pays de 1991 à 2002 en armant la rébellion du Front révolutionnaire uni (Ruf) en échange des diamants exploités dans l'est du pays.

Ce conflit, tristement célèbre pour ses atrocités touchant les civils et l'enrôlement dans les deux camps d'"enfants-soldats", et celui au Liberia voisin ont fait plus de 250.000 morts.

Interrogé sur les liens entre Taylor et Foday Sankho, un ancien caporal de l'armée sierra-léonaise qui fut à l'origine du soulèvement du Ruf, Blah a répondu: "Il appelait Taylor son chef."

Le témoin a également raconté comment des enfants parfois âgés de 13 ans ou moins étaient recrutés au Liberia pour combattre en brousse.

"Il y avait des petits garçons qui traînaient derrière eux leurs armes (...). Ils étaient vraiment très agressifs, très déraisonnables et étaient complètement déboussolés", a-t-il ajouté.

L'accusation compte appeler à la barre environ 70 témoins à charge - Blah était le 27e.

Taylor, un ancien chef rebelle qui a accédé au pouvoir par la force à Monrovia avant de se faire élire, avait été contraint à la démission en 2003.

Réfugié au Nigeria, il avait été finalement extradé à Freetown, puis transféré à La Haye, où son procès est entré dans le vif du sujet en janvier. Il nie toutes les charges retenues contre lui.

La semaine dernière, le procureur en chef du tribunal spécial pour la Sierra Leone, qui bénéficie du soutien des Nations unies, Stephen Rapp, avait déclaré à Reuters que Blah, comme d'autres témoins à charge, avait fait l'objet de menaces.

En avril, un ancien maquisard avait affirmé devant le tribunal qu'il avait tué des hommes, des femmes et des enfants en bas âge sur ordre de Taylor et avait mangé le coeur d'un ancien chef rebelle.

Première publication : 14/05/2008

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