L'ONU a prévenu mardi que la violence politique au Zimbabwe approchait d'un niveau "critique" avant le second tour de la présidentielle et souligné que les opposants au régime du président Robert Mugabe étaient principalement visés.
Cette mise en garde onusienne intervient alors que le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, qui a remporté une victoire historique au premier tour, s'apprête à regagner son pays pour affronter Robert Mugabe au second et que les pressions internationales pour que le scrutin soit juste s'accentuent.
"Les actes de violence se produisent dans les zones rurales et urbaines", où "il y a des signes que la violence augmente (...) et pourrait atteindre un niveau critique", a déclaré le représentant des Nations unies au Zimbabwe, Agustino Zacarias.
"Il y a un schéma émergent de violence politique infligée principalement, mais pas exclusivement, aux partisans ruraux du MDC (Mouvement pour le changement démocratique, opposition)", a-t-il indiqué.
Faisant toutefois état d'"informations selon lesquelles les partisans du MDC ont aussi recours à la violence", il a exhorté "les dirigeants, au delà des divisions politiques, à renoncer explicitement à la violence politique".
Mardi, des policiers armés ont en outre empêché l'ambassadeur des Etats-Unis au Zimbabwe et d'autres diplomates de visiter un hôpital où étaient soignées des victimes des violences post-électorales.
L'ambassadeur américain James McGee a eu une altercation verbale avec ces policiers armés à l'hôpital de Mvurwi, à environ 80 kilomètres au nord de Harare, après qu'il eut tenté de visiter l'établissement, sans autorisation préalable, en compagnie de quatre autres diplomates du Royaume-Uni, des Pays-Bas, du Japon et de l'Union européenne.
Plus tard, sur la route du retour vers Harare, le convoi diplomatique a été intercepté à un barrage routier pendant près d'une heure.
"Si à deux reprises, on est interrogé pendant près de deux heures par des policiers, je pense qu'on peut qualifier cela de harcèlement", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, interrogé sur l'incident. "C'est symptomatique de l'atmosphère qui règne au Zimbabwe en ce moment", a-t-il ajouté, à Washington.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont appelé le régime à garantir la sécurité de M. Tsvangirai, menacé d'être accusé de trahison et sévèrement battu par la police en 2007.
"A l'heure actuelle, les conditions ne sont pas remplies pour que le second tour soit libre et juste", a déclaré la responsable américaine Jendayi Frazer, secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, demandant l'arrêt des violences "commanditées par l'Etat contre l'opposition" et la présence d'observateurs internationaux.
M. Tsvangirai, qui a quitté le Zimbabwe après les élections générales du 29 mars, doit rentrer d'ici le week-end et participer à un meeting dimanche à Harare.
"Nous serons certainement de retour ce week-end, peut-être même avant", a déclaré son porte-parole George Sibotshiwe à l'AFP.
M. Tsvangirai a précisé qu'il ne serait candidat au second tour, dont la date n'est pas fixée, que si les violences cessent.
Le MDC accuse le régime de réprimer les opposants pour faire pencher la balance en sa faveur. L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) de M. Mugabe "est au centre de la violence qui se répand dans tout le pays. Mais, quoi qu'il en coûte, le peuple du Zimbabwe est prêt au changement", a réaffirmé mardi son porte-parole Nelson Chamisa dans un communiqué.
Le régime de Robert Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, a resserré son étau autour de l'opposition, arrêtant pour la première fois lundi un de ses députés. Le même jour, le président et le secrétaire général de la principale centrale syndicale, le Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), détenus depuis jeudi pour "incitation à la rébellion", se sont vu refuser une libération sous caution.
Des syndicalistes, des centaines de militants politiques et des journalistes ont été arrêtés depuis les élections, à l'issue desquelles la Zanu-PF a aussi perdu la majorité législative. La police a annoncé mardi l'arrestation de 12 autres partisans du MDC après des incendies de maisons dans la ville minière de Mhangura.















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