14 mai 2008 - 21H33
- Zimbabwe

Le délai pour le second tour au Zimbabwe passe à 90 jours
Le gouvernement zimbabwéen propose à l'opposition de former des équipes mixtes pour enquêter sur les violences commises depuis les élections fin mars. Le second tour de la présidentielle devrait intervenir au plus tard le 31 juillet.

Le gouvernement zimbabwéen va proposer à l'opposition de former des équipes mixtes pour enquêter sur les violences commises depuis les élections du 29 mars, tandis que la commission électorale annonçait que le second tour de la présidentielle interviendrait au plus tard le 31 juillet.
  
"Chaque fois qu'il y a un soupçon de violence politique, il serait judicieux de former des équipes mixtes composées du ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, parti au pouvoir) et du MDC  (opposition) afin de tirer au clair ce qui s'est réellement passé", a annoncé le ministre de la Justice Patrick Chinamasa à la télévision nationale.
  
Peu auparavant, la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) avait étendu à 90 jours le délai pour le second tour de l'élection présidentielle qui devra donc se tenir au plus tard le 31 juillet, selon un document à publier au journal officiel et auquel l'AFP a eu accès mercredi.
  
"Le délai durant lequel un second scrutin pour le mandat de président doit avoir lieu est étendu de 21 à 90 jours à partir de l'annonce des résultats du premier tour", qui avaient été communiqués le 2 mai, selon ce document.
  
Les résultats du premier tour de la présidentielle avaient été publiés cinq semaines après les élections générales du 29 mars, donnant le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, 56 ans, en tête devant le chef de l'Etat Robert Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir.
  
Mais avec officiellement 47,9% des voix contre 43,2% au plus âgé des présidents africains, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, n'a pas obtenu la majorité absolue nécessaire pour éviter un second tour.
  
Le président de la ZEC, George Chiweshe, a seulement admis que le délai pour le second tour serait allongé, se refusant à toute précision. "Nous allons étendre le délai des 21 jours et nous le publierons officiellement très bientôt", a-t-il déclaré à l'AFP.
  
Le parti de M. Tsvangirai a réagi mercredi en qualifiant la décision de la ZEC de "clairement illégale".
  
"C'est la suite d'une attitude criminelle et scandaleuse", a déclaré à l'AFP le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, en ajoutant: ""Cela va être 90 jours de passages à tabac, de meurtres et de destructions".
  
Des centaines de personnes ont été arrêtées depuis les élections et le MDC a affirmé que 32 de ses militants étaient morts, certaines organisations, dont l'ONU, faisant état de dizaines de blessés et de milliers de déplacés.
  
C'est la première fois que la ZANU-PF émet une telle idée d'équipes mixtes pour enquêter sur ces violences, le parti au pouvoir ayant été accusé d'orchestrer une campagne de terreur contre les sypathisants de l'opposition.
  
Un responsable de la ZANU-PF, Elliot Manyika, a affirmé de son côté, toujours à la télévion nationale, que son parti ne voulait plus une seule mort violente. "Nous ne voulons plus aucune perte de vie, particulièrement pour cette élection. Nous appelons chacun à refuser la violence. Dans ce pays, il y a la loi et l'ordre", a-t-il dit.
  
Pour sa part, l'association des Avocats zimbabwéens pour la justice (ZLJ), très proche du régime zimbabwéen, a appelé le président Mugabe à décréter l'état d'urgence pour enrayer ces violences politiques qu'elle attribue aux militants de l'opposition.
  
A l'issue des législatives, organisées simultanément avec la présidentielle, la Zanu-PF a aussi enregistré une défaite historique, perdant pour la première fois sa majorité à la chambre des députés.

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