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Commémorations de la "Nakba" dans le monde arabe

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Dernière modification : 16/05/2008

Alors que les Israéliens célèbrent le 60e anniversaire de leur Etat, des commémorations ont lieu à Gaza, Damas ou Beyrouth, en souvenir de la "Nakba", la "catastrophe" que fut pour les Palestiniens la création d'Israël. (Récit : M. Amellal)

Les Palestiniens des territoires ont commémoré jeudi le 60e anniversaire de la "Nakba" – littéralement "catastrophe" –, un évènement qui marque, à leurs yeux, l’expulsion de milliers des leurs de Palestine lors de la création de l’Etat d’Israël.

Selon un rituel vieux de plusieurs décennies, des marches ont été organisées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Quasiment au même moment à Jérusalem, des personnalités étrangères, dont le président américain George W. Bush, se joignaient aux Israéliens pour célébrer le 60e anniversaire la création de l’Etat hébreu.

Au fil des années, la Nakba est devenue l’une des références du calendrier commémoratif des Palestiniens. Datée du lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion le 14 mai 1948, elle signifie la perte de la "Palestine historique".

 

5 millions de réfugiés

Quelque 760 000 palestiniens ont été poussés à l’exode au lendemain de la création de l’Etat d’Israël, selon les historiens. Par vagues successives, ils se sont installés dans les pays arabes voisins : Jordanie, Egypte, Liban et Syrie. Sous l’effet d’une démographie galopante – un des taux de natalité les plus élevés au monde –, cette diaspora atteint aujourd’hui les 5 millions de personnes.

Des milliers de Palestiniens se sont donnés rendez-vous en Cisjordanie et à Gaza pour revisiter une page  d'histoire aux allures de "catastrophe". La plus grande manifestation s’est déroulée à Ramallah, la principale ville de Cisjordanie, qui abrite le siège de l’Autorité palestinienne.

Les manifestants se sont d’abord recueillis sur la tombe de Yasser Arafat, le fondateur de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), décédé en décembre 2004. Ils ont rallié par la suite Al Manara, la principale place de la ville, pour un meeting animé par le président de l’Autorité palestinienne.

Abbas : la solution passe par un Etat palestinien


Mahmoud Abbas a rappelé le contexte de cette date, devenue, à force de commémoration, un évènement constitutif de l’imaginaire palestinien. "Soixante ans ont passé depuis la Nakba de notre peuple, lorsque des centaines de milliers de Palestiniens ont été déracinés de leur patrie, leurs maisons et leurs terres, et poussés à l’exode. Aujourd’hui, ils sont des millions", a-t-il dit.

S’en tenant à sa ligne de conduite antérieure, le chef de l’Autorité palestinienne a confirmé son intention de poursuivre les négociations avec Israël en vue d’aboutir à un accord sur la création d’un Etat palestinien. Longtemps bloqués, les pourparlers israélo-palestiniens ont repris en novembre dernier aux Etats-Unis sous les auspices du président américain George W. Bush.

Sans faire allusion au problème des refugiés palestiniens – Israël refuse d’entendre parler de leur retour –, Mahmoud Abbas a répété que la solution du problème israélo-palestinien passait par la mise sur pied d’un Etat palestinien : "La sécurité d’Israël est tributaire de notre indépendance et de notre sécurité. Seule la fin de l’occupation est susceptible d’apporter la sécurité."

Bush et "l'ennemi sioniste" conspués à Gaza

Moins nombreux qu’en Cisjordanie, les manifestants de la bande de Gaza – sous domination du Hamas – ont défilé sous la bannière du mouvement islamiste. Enflammé, à l’instar des précédents, le meeting a été marqué par des attaques contre Israël et les Etats-Unis.

"Nous disons à Bush : retourne chez toi car ni toi ni l’ennemi sioniste n’avez votre place chez nous", a déclaré le chef du Hamas, Fathi Hammad. Au même moment, depuis Jérusalem, George W. Bush prônait "fermeté" et force face aux auteurs de violences.

L'année 2008 voit la première commémoration depuis la crise de l’été dernier dans la bande de Gaza entre l’Autorité palestinienne et le mouvement islamiste Hamas.

Qualifiés de "guerre civile" par la presse et les observateurs étrangers, des affrontements sanglants avaient opposé les partisans du Hamas à ceux de l’Autorité palestinienne. Cette crise inter-palestinienne sans précédent s’est traduite par le limogeage du gouvernement de Ismaël Haniyeh et une rupture de fait entre la bande de Gaza – dominé par le Hamas – et la Cisjordanie.

Première publication : 15/05/2008

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