Vendredi, mai 16, 2008 - 20:30
Liste des brèves AFPLa présidentielle se rapproche, les vues de McCain et Obama sur l'Irak aussi Par Daphné BENOIT
Radicalement opposées à l'origine, les positions sur l'Irak du républicain John McCain et du démocrate Barack Obama, candidats à la présidentielle américaine, semblent commencer à converger vers un "juste milieu" à l'approche de l'échéance électorale.
M. McCain, jusqu'ici farouche adversaire d'un quelconque calendrier de retrait américain d'Irak, réclamé par les démocrates, a mentionné pour la première fois jeudi l'échéance à laquelle il souhaitait voir l'essentiel des soldats de retour: 2013.
"D'ici janvier 2013, l'Amérique aura rapatrié la plupart de ses soldats qui se sont sacrifiés pour que l'Amérique soit plus sûre et conserve sa liberté", a lancé le sénateur de l'Arizona dans l'Ohio (nord). "La guerre en Irak aura été gagnée" au terme du prochain mandat présidentiel, a-t-il assuré. "La guerre civile aura été évitée, (...) Al-Qaïda en Irak aura été battu", a promis le sénateur.
Ce discours sonne comme une tentative de séduction à l'égard de l'électorat démocrate et indépendant à l'approche de l'élection de novembre, de la part du seul candidat favorable à la poursuite de la guerre en Irak, un conflit devenu extrêmement impopulaire dans l'opinion publique.
Les démocrates attaquent constamment M. McCain pour avoir suggéré que des soldats américains pourraient y rester pendant "100 ans", comme en Corée du Sud depuis la fin de la Guerre de Corée.
Les ajustements de discours sur l'Irak ne sont toutefois pas l'apanage du camp républicain. Côté démocrate, les risques encourus par les Etats-Unis en cas de retrait précipité, mis en avant par la majorité des militaires et des experts, a également poussé Barack Obama a arrondir les angles.
Adversaire déclaré de la guerre en Irak, le sénateur de l'Illinois promet de retirer les soldats américains d'Irak dans un délai de 16 mois après son entrée en fonction, en janvier 2009.
Mais à l'approche du scrutin et de la possible épreuve du pouvoir, le candidat favori à l'investiture démocrate montre des signes de prudence.
Lors d'un débat mi-avril avec sa rivale Hillary Clinton, M. Obama s'est réservé le droit d'ajuster ses vues en fonction de la situation sur le terrain. "J'écouterai toujours nos commandants concernant la tactique à suivre (...) et nous procèderons de façon ordonnée au retrait d'Irak. S'ils viennent me voir et veulent ajuster la tactique, je prendrai certainement en compte leurs recommandations", a-t-il déclaré.
Samantha Powers, ancienne conseillère de Barack Obama, avait mis les pieds dans le plat en relativisant l'engagement de M. Obama à retirer d'Irak les troupes de combat en 16 mois, le décrivant comme "le scénario le plus optimiste" et susceptible d'être révisé. "Vous ne pouvez pas vous engager en mars 2008 sur ce que seront les circonstances en janvier 2009", avait-elle affirmé à la BBC.
Républicains et démocrates nient toutefois que leurs positions se rapprochent aujourd'hui jusqu'à se ressembler.
"Il n'y a aucune similarité", tranche Steve Schmidt, conseiller de John McCain. Le candidat républicain "ne dit pas +que l'on gagne ou que l'on perde, les boys reviennent dans quatre ans+", renchérit un autre proche, Mark Salter.
Barack Obama est lui-même monté au créneau vendredi pour dénoncer le revirement de M. McCain et mettre en avant leurs persistantes différences.
"John McCain a soudainement dit hier que nos soldats seraient de retour d'ici 2013, mais il n'a pas expliqué comment", a-t-il déclaré. "Il y aura un choix clair à faire en novembre, mener une guerre sans fin ou finir cette guerre et ramener nos troupes à la maison. Nous n'avons pas besoin des prédictions de John McCain sur la date à laquelle s'achèvera la guerre. Nous avons besoin d'un plan pour y mettre fin", a-t-il martelé.
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Radicalement opposées à l'origine, les positions sur l'Irak du républicain John McCain et du démocrate Barack Obama, candidats à la présidentielle américaine, semblent commencer à converger vers un "juste milieu" à l'approche de l'échéance électorale.
© 2007 AFP Craig Mitchelldyer
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Les ajustements de discours sur l'Irak ne sont toutefois pas l'apanage du camp républicain. Côté démocrate, les risques encourus par les Etats-Unis en cas de retrait précipité, mis en avant par la majorité des militaires et des experts, a également poussé Barack Obama a arrondir les angles.
© 2007 AFP Mark Wilson
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Adversaire déclaré de la guerre en Irak, le sénateur de l'Illinois promet de retirer les soldats américains d'Irak dans un délai de 16 mois après son entrée en fonction, en janvier 2009. Mais à l'approche du scrutin et de la possible épreuve du pouvoir, le candidat favori à l'investiture démocrate montre des signes de prudence.
© 2007 AFP Mauricio Lima