Cela fait des années que la critique se lamente à propos de l’état du cinéma français. Pourtant, avec « Rois et Reine », Arnaud Desplechin avait su convaincre les plus réticents et s’était fait remarquer au cours de nombreuses compétitions officielles.
Cette année, le Français revient avec "Un conte de Noël", l’histoire poignante d’une famille brisée qui se retrouve lorsque la mère, interprétée par Catherine Deneuve, doit subir une transplantation de moelle épinière urgente. Désirs secrets, ressentiments et douleurs des personnages font penser à la pièce "Who’s afraid of Virginia Wolf" d'Edward Albee, adaptée au cinéma par Mike Nichols. Les protagonistes des deux films partagent les mêmes sentiments, réprimés.
La mise en scène du réalisateur crée pourtant un environnement bien particulier dans ce drame familial. La description des personnages, le mélange esthétique de la photographie et de la musique et la beauté crue des sentiments font de l'œuvre de Desplechin la digne descendante des films d’auteurs qui ont marqués l’histoire du cinéma français.
S’il est encore trop tôt pour se lancer dans les pronostics, il est sûr que le cinéma français lorgne ce prix depuis maintenant vingt ans. Mais on attend toujours la projection des films de Clint Eastwood et d’Atom Egoyan alors que la critique est encore sous le charme du documentaire d’animation "Valse avec Bashir" d’Ari Folman.
"Un conte de Noël" réunit les qualités requises pour une belle récompense. Rêver au prix du meilleur réalisateur serait plus sage, mais qui sait…
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23/05/2008 20:24:29 Signaler un abus
greffe de moelle épinière! ouarf!
Par asap
toujours aussi consternante cette propension hexagonale d'être dans l'approximatif et la boite à cirage. Ce conte de Noël reste bien convenu, et la présence de Mme Deneuve n'apporte rien, si ce n'est le label "films bien de chez nous, bien comme il faut". La crise du cinéma français n'est pas prête de s'achever. Quand je lis ou j'entends certains critiques condescender sur le dernier film des frères Dardenne, je comprends à quel point nous nous sommes isolés culturellement du reste du monde au nom d'une certaine "exception culturelle française" ou d'une certaine "franche touche" qui nous autorise à nous gargariser de rogatons tandis que le reste du monde va de l'avant avec une fulgurance que nous ne sommes même plus à même de percevoir.
18/05/2008 12:16:22 Signaler un abus
Enfin un journaliste cinéma à france 24
Par Anonyme
Très bon article ! enfin un journaliste cinéma sur france 24 ! ca change de l'information, on est séduit par le style et la référence à edward Albee fait du bien... On attend les prochaines critiques avec impatience Mr Banerjee!