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Ban Ki-moon attendu en Birmanie

Dernière modification : 19/05/2008

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, doit se rendre cette semaine en Birmanie. La junte souhaiterait organiser une conférence des donateurs, a affirmé lundi le chef de la diplomatie thaïlandaise. (Récit L. Dupont)

La situation restait désespérée dimanche pour de nombreux survivants du cyclone Nargis plus de quinze jours après la catastrophe, alors qu'un haut responsable de l'ONU arrivait à Rangoun pour tenter d'élargir considérablement les opérations internationales de secours.

Un porte-parole du secrétaire général de l'ONU a annoncé que Ban Ki-moon allait se rendre cette semaine en Birmanie pour discuter de l'acheminement de l'aide internationale aux sinistrés. Par ailleurs, la Birmanie veut organiser une conférence des donateurs afin de rassembler l'aide étrangère en faveur de survivants du cyclone Nargis, a affirmé lundi à Singapour le chef de la diplomatie thaïlandaise.

Des témoins venant de la région du delta de l'Irrawaddy --la plus touchée par Nargis qui a fait 133.600 morts et disparus selon un bilan officiel-- ont pris le contre-pied de la propagande du régime et ont affirmé que les généraux birmans ne distribuaient pas de vivres à tout le monde.

Un homme d'affaires étranger, arrivé de la zone du delta qui reste fermée à la presse, a déclaré à l'AFP avoir vu à un endroit "environ 100 personnes accroupies sous la pluie, sans nourriture, sans eau et grelottant de froid".

L'organisation humanitaire Save the Children a averti que des milliers de jeunes enfants souffrant de "sous-alimentation aiguë" pourraient mourir de faim s'ils ne recevaient pas rapidement de la nourriture.

Alors que le responsable des affaires humanitaires à l'ONU, John Holmes, arrivait dimanche soir en Birmanie, la télévision d'Etat a montré des images du numéro un de la junte, le généralissime Than Shwe, visitant pour la première fois des camps d'hébergement de sinistrés dans la banlieue de Rangoun.

M. Holmes est porteur d'une lettre adressée par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à Than Shwe qui reste habituellement reclus dans la nouvelle capitale administrative, Naypyidaw.

Les derniers rapports de situation de l'ONU dressaient un bilan plus que mitigé sur la distribution de l'aide internationale.

Le gouvernement birman et des organisations humanitaires "atteignent un nombre croissant" de personnes parmi les deux millions de sinistrés, mais "les niveaux d'aide arrivant dans le pays restent bien en deçà de ce qui est requis sur le terrain", indiquait un document.

L'aide de la communauté internationale, qui devrait être massive, n'a atteint que 500.000 personnes, précisait un autre rapport.

Dimanche, le quotidien officiel New Light of Myanmar a publié plus de 20 articles exaltant les efforts des autorités.

"Les opérations de secours peuvent être accélérées efficacement grâce aux mesures prises par le gouvernement", a affirmé ce journal.

Une experte britannique, Sue Wardell, qui a participé samedi à un voyage organisé par les autorités pour des diplomates étrangers, a dit qu'on lui avait montré un camp d'hébergement de sinistrés avec des tentes "impeccables" à l'intérieur, alors que le sol était "incroyablement boueux" dehors.

"Le plus intéressant dans ce voyage, c'est ce que je n'ai pas vu, plutôt que ce que j'ai vu", a-t-elle ajouté.

Dans des déclarations dimanche à l'AFP, la chargée d'affaires américaine à Rangoun, Shari Villarosa, a elle-même indiqué qu'elle n'avait pas été rassurée par ce qu'elle avait vu.

"Il y a toujours beaucoup de gens qui n'ont rien reçu, ni nourriture, ni eau potable", a-t-elle dit, ajoutant qu'elle avait été "aussi frappée par le manque d'urgence" dans l'attitude des autorités.

Samedi, des dirigeants occidentaux avaient fustigé le refus des généraux birmans d'accepter une aide massive.

Le "traitement" par ce régime de ses concitoyens sinistrés est "inhumain", a dit le Premier ministre britannique Gordon Brown, dont le pays était la puissance coloniale en Birmanie jusqu'en 1948.

Le président George W. Bush a, pour sa part, prolongé d'une année les premières sanctions américaines prises en 1997 contre la junte et, dès jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait jugé que l'intransigeance des généraux confinait à un "crime contre l'Humanité".

"Des dizaines de milliers de vies ont été perdues, des centaines de milliers pourraient l'être", a prévenu l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, tandis qu'au large de la Birmanie, un bâtiment de la marine nationale française, le Mistral, n'avait toujours pas été autorisé à décharger sa cargaison humanitaire.

 

Première publication : 18/05/2008

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