“Un bisou pour un ticket, trois bisous pour deux”, dit une des nombreuses pancartes brandies par les courageux qui attendent devant la première mondiale d’"Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal".
Mais de simples bisous ne permettent pas de pénétrer le cercle très prisé des admis à la projection du prochain succès de Spielberg, réservée exclusivement à la presse. Dans le tout Cannes, des festivaliers, coiffés du fameux chapeau d’archéologue, fredonnaient le thème musical d’Indiana Jones. C’est le grand retour de l’aventurier avec lequel la jeune génération a grandi.
On peut d’ailleurs se demander si ce retour annonce un phénomène social plus qu’un événement cinématographique.
Avec les années, le personnage légendaire incarné par Harrison Ford a pénétré l’inconscient collectif, à tel point que ce retour sur les écrans noirs, quand bien même il devrait affronter la comparaison avec les trois premiers, ferait frissonner tout adepte du genre.
Peu importe si Indy échappe à une bombe atomique en s’enfermant dans un réfrigérateur blindé antiradiation, ou s’il enchaîne les prouesses digne de Superman, la continuité dans les aventures que multiplie le personnage excite la curiosité du spectateur. Indiana est maintenant un homme mature avec l’énergie d’un Hercule surexcité, ce qui n’est pas sans ajouter à l’humour du film. Les effets spéciaux ont beau être moins impressionnants que ceux attendus, Harrison Ford, qui s’est investi personnellement dans ses cascades (c’est ce qu’il appelle un "rôle physique"), donne une certaine crédibilité aux scènes d’action.
Un autre élément qui participe de l’extraordinaire intrigue est le décor des années 1950. Difficilement transposable au monde d’aujourd’hui, l’histoire se déroule sur fond de guerre froide pour plus de réalisme.
Spielberg choisit des personnages de "méchants communistes" et force le trait des accents des personnages russes (dont l’un est joué par Cate Blanchett).
En quelques mots, "Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal" peut être sûr de faire revivre des souvenirs de jeunesse. Mais doit-on parler de nostalgie ou de fascination ? C’est au public de décider.

















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