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Deuil officiel de trois jours en Birmanie

©

Dernière modification : 20/05/2008

Dix huit jours après le passage du cyclone Nargis, qui a fait près de 134 000 morts et disparus, la Birmanie met ses drapeaux en berne pour un deuil national de trois jours. A Rangoun des souvenirs du drame sont mis en vente. (Reportage : RTBF)

Visiblement inspirée par l’exemple de son allié chinois, la Birmanie a entamé, ce mardi, un deuil national de trois jours en hommage aux victimes du cyclone Nargis qui a dévasté, les 2 et 3 mai, les régions sud-est du pays.

 

Troisième cyclone le plus meurtrier en Asie depuis un demi-siècle, Nargis a fait 133 600 morts et disparus, à en croire le dernier bilan officiel provisoire. Autre chiffre catastrophique, 2,4 millions de personnes sont sinistrées, selon les estimations les Nations unies.

 

Confrontés à une tragédie intenable et livrés à eux-mêmes, les Birmans s’emploient désespérément à faire face à ce drame. La population fait montre d’un extraordinaire élan de mobilisation, rapporte Anaïs Boussat, l’envoyée spéciale de France 24 dans l’Irrawaddy, la région du delta la plus meurtrie par le cyclone. 

 

"Nous avons vu des gens faire don de tout ce qu’ils ont au profit des plus sinistrés parmi les leurs. Nous avons vu des populations traumatisées qui font tout pour survivre", raconte-t-elle.

 

Deuil officiel dans la confusion 

 

Alors que le deuil de trois jours commence, une certaine confusion régnait dans les rues de Rangoun et des principales villes du pays. Les Birmans semblaient surpris à la vue d’une scène plutôt rare dans un pays familier des catastrophes et évènements sanglants : la mise en berne des drapeaux.  

 

Nombre d’entre eux ne semblaient pas informés du deuil officiel. "Nous n’étions pas au courant", avoue, en résumant un sentiment général, une marchande de fleurs contrainte d’élire refuge dans une école publique après la destruction de sa maison. 

 

Un chauffeur de taxi affirme l’avoir appris mardi matin par le bouche-à-oreille. "On ne m’a pas dit comment il fallait que j’exprime mon chagrin", dit-il, l’air perplexe. Habituellement promptes à faire écho à la moindre décision du pouvoir, la radio et la télévision d’Etat n’en ont cette fois pas soufflé mot. 

 

Le cérémonial inaugural de ces trois jours de compassion a été réduit à sa plus simple expression. A rebours des usages dans ce genre de circonstances, et contrairement à ce qui s'est passé lundi en Chine, il n’y a pas eu de minute de silence et les cérémonies publiques ont brillé par leur absence. 

 

Prise contre toute attente, la décision de la junte a d’autant plus dérouté la population qu’elle intervient 18 jours après le passage du cyclone meurtrier. "On a l’impression que la junte prend exemple sur le régime chinois", ironise un diplomate occidental sous couvert de l’anonymat. 

 

Signes d’ouverture

 

La Birmanie s’installe dans le deuil alors que les pressions de la communauté internationale produisent leurs premiers effets. Lundi, la junte s’est résignée à confier à des étrangers la coordination des secours.  

 

Les militaires qui gèrent le pays d’une main de fer depuis 1962 ont accepté que l’Association des nations de l’Asie du sud-est (Asean) coordonne l’aide étrangère. Une première dans l’histoire récente d’un pays connu pour être l’un des plus hermétiques au monde.  

 

Autre signe d’ouverture d’une junte désormais sur la défensive : la tenue, à partir de dimanche à Rangoun, d’une conférence internationale. Organisée sous la bannière des Nations unies et de l’Asean – la Birmanie en est un des dix membres –, la conférence est destinée à hâter la collecte des fonds. 

 

"La conférence portera sur les besoins des personnes affectées par le cyclone et cherchera à obtenir le soutien de la communauté internationale et une assistance financière pour répondre aux besoins les plus urgents, ainsi qu'aux efforts de reconstruction à long terme", indiquent l’Onu et l’Asean, dans un communiqué commun.

 

Le ministre des Affaires étrangères birman a évalué, lundi à Singapour, devant ses pairs de l’Asean, à dix milliards de dollars l’ampleur des dégâts

Première publication : 20/05/2008

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