Rome a décidé lundi d'envoyer un représentant à Madrid pour mettre fin aux tensions créées par la nouvelle politique italienne en matière d'immigration, après avoir remarqué que le gouvernement Zapatero avait lui-même adopté une attitude "très dure" à l'égard des clandestins.
Le ministre chargé des questions européennes Andrea Ronchi rencontrera jeudi son homologue espagnol afin de lui "exposer la politique d'immigration" de son pays, a annoncé le gouvernement.
Plus tôt dans la journée, le ministre italien des Affaires étrangères avait estimé que le gouvernement de gauche de José Luis Rodriguez Zapatero avait eu une politique "dure et même très dure" contre l'immigration clandestine qui pourrait même servir d'"exemple" à l'Italie.
Dimanche, un ministre espagnol avait, pour la seconde fois en trois jours, attaqué le nouveau gouvernement de droite de Silvio Berlusconi, l'accusant de vouloir "criminaliser" les immigrés avec le train de nouvelles mesures qu'il s'apprête à annoncer mercredi.
Vendredi, c'était la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, qui avait déclaré ne pas "partager la politique d'expulsions sans respect de la loi et des droits humains des immigrés" en Italie.
Une jeune ministre espagnole, Bibiana Aido (Egalité des chances), a en outre attaqué Silvio Berlusconi sur un autre front, celui de la composition de son gouvernement qui ne compte que quatre femmes, jugeant que "ce serait bien" si le Cavaliere consultait un psychiatre, après ses moqueries sur le gouvernement espagnol à majorité féminine.
M. Frattini s'est cependant dit lundi "convaincu" que "Zapatero saura expliquer (...) et donner l'ordre à ses ministres d'éviter de se livrer à des déclarations inutilement polémiques".
Le tour de vis que Rome s'apprête à donner contre l'immigration clandestine, après une campagne électorale dominée par les questions de sécurité, a déjà suscité les craintes de la Roumanie, dont le ministre de l'Intérieur a été dépêché à Rome la semaine dernière.
Bruxelles devrait aussi examiner à la loupe les nouvelles mesures pour s'assurer qu'elles respectent bien les directives européennes, notamment en ce qui concerne les Tziganes, qui seraient particulièrement visés par le "plan sécurité" après plusieurs faits divers exploités par la droite.
C'est dans un tel climat d'hostilité qu'au moins deux camps tziganes ont été incendiés la semaine dernière près de Naples (sud) obligeant leurs habitants à s'enfuir, un acte de représailles après qu'une jeune Rom eut tenté d'enlever un bébé italien.
Par rapport au projet initial, les mesures qui seront adoptées sous la forme d'un décret-loi seraient cependant moins dures que prévues, sous la pression notamment du chef de l'Etat, l'ex-communiste Giorgio Napolitano, tandis que l'Eglise catholique a aussi émis des critiques.
La création d'un délit d'immigration clandestine serait ainsi abandonné et la violation d'une mesure d'expulsion ne constituerait plus qu'une circonstance aggravante en cas de délit, selon la presse.
Le gouvernement a aussi dû calmer l'inquiétude des familles italiennes sur le sort des quelque 400.000 aides ménagères en situation irrégulière, en assurant qu'elles seraient épargnées par le plan.
La nécessité d'un revenu minimum d'origine légale et d'un logement décent serait en revanche maintenue pour les ressortissants de l'UE qui pourraient à défaut être expulsés "pour des raisons de sécurité publique".
















Commentaires
marocain
la loi Berlusconi devrai etre applicable sur tout l union europeenne
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