20 mai 2008 - 13H26
- Assemblée nationale - France

Tensions autour de la réforme des institutions françaises
Opposition et majorité s'affrontent à l'Assemblée nationale sur la réforme des institutions voulues par l'UMP. Le PS reste sur sa position après le rejet de son texte sur une modification du scrutin au Sénat. (Analyse : R. Febvre)

Les hostilités ont débuté mardi à l'Assemblée nationale entre le gouvernement et la gauche sur la réforme des institutions, le PS maintenant son opposition après le rejet de son texte sur une modification du scrutin au Sénat.
  
Après la discussion générale, la majorité a en effet refusé (par 236 voix contre 175) de passer à l'examen des articles du texte PS, le rejetant de fait. Le PS fait de la modification du scrution au Sénat l'un de ses préalables à un vote positif sur la réforme des institutions.
  
A quelques heures du début de l'examen du projet de loi, "c'est un mauvais signe que vous donnez. C'est une attitude repliée et sectaire. Cela, ne permet pas d'envisager un bon climat pour avancer dans le débat sur la révision constitutionnelle", a déclaré le député PS Bruno Le Roux à la tribune de l'Assemblée.
  
"Nous n'avons pas confiance", a martelé le rapporteur PS du texte, Bernard Roman.
  
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, venait de se prononcer contre la proposition PS, jugeant qu'elle "soulève de lourdes difficultés juridiques" et qu'"elle est irréaliste dans sa mise en oeuvre".
  
Appelant au "dialogue républicain", M. Le Roux s'est demandé si "la majorité et le gouvernement soutiennent le président de la République dans sa volonté de réforme des institutions".
  
Pour l'UMP, Etienne Blanc a dénoncé "une manoeuvre du parti socialiste".
  
Mardi soir, c'est François Fillon qui défendra lui-même, à la tribune de l'Assemblée, une première depuis sa nomination à Matignon, le projet de loi constitutionnelle.
  
Le Premier ministre devrait insister sur le renforcement des pouvoirs du Parlement que prévoit le texte après avoir fait d'ultimes concessions à sa propre majorité, UMP et Nouveau Centre, pour tenter d'y faire le plein des voix.
  
C'est en effet lors d'une ultime réunion de la commission des Lois que seront examinées leurs dernières propositions avant le début du débat en séance publique.
  
L'UMP et le NC défendront notamment des amendements, auxquels le gouvernement a donné son feu vert, pour inscrire dans la Constitution le principe d'équilibre des comptes publics.
  
Cette nouvelle concession à la droite a raidi encore les socialistes, Arnaud Montebourg, qui pilote la réflexion sur la réforme au groupe PS, y voyant même une "provocation grotesque".
  
L'Assemblée doit encore discuter jeudi matin, en plein examen du projet de loi constitutionnelle, d'une deuxième niche socialiste (séance réservée à un groupe) sur le pluralisme dans les médias audiovisuels. Ce deuxième préalable posé par le PS à un vote positif sur la réforme des institutions prévoit d'intégrer le temps de parole du chef de l'Etat à celui du gouvernement.
  
L'Elysée pas plus que Matignon n'ont répondu à cette demande mais le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, proche de Nicolas Sarkozy, a ouvert la voie à un compromis.
  
Ni le mode de scrutin ni le temps de parole présidentiel dans les médias n'étant inscrits dans la Constitution, ils ne font pas partie du projet de loi constitutionnelle mais le PS en a fait des conditions sine qua non d'un vote positif.
  
Mardi matin, le patron du parti, François Hollande, a ainsi à nouveau lancé un avertissement: "si on nous dit non à ces deux questions, ça ne préjugera pas du vote favorable des socialistes".
  

Commentaires

Le PS est volontairement un boulet qui s'en repentira

La réforme des institutions est une avancée que la gauche de Jospin souhaitait déjà mais n' en n'avait pas eu le courage politique, comme dailleurs pour toutes les réformes déjà indispensables à l'époque.
Dans le seul but de faire front le PS est capable de s'opposer à une occasion qu ne se représentera pas de si tôt ce dont il se repentira.

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