TBILISSI - Les Géorgiens ont commencé mercredi à se rendre aux urnes pour des élections législatives considérées par les Occidentaux comme un test pour la démocratie dans un pays qui aspire à entrer dans l'Otan, quatre mois après la réélection controversée du président Mikhaïl Saakachvili.
Nichée au coeur du Caucase, une région hautement stratégique en raison de ses ressources naturelles et de la présence d'un important oléoduc qui relie l'Asie à l'Europe, la Géorgie, pays grand comme l'Irlande, compte près de 4,5 millions d'habitants.
Arrivé à la tête de l'ancien satellite soviétique en 2003, à la faveur de la "Révolution des roses", Saakachvili a fait de l'ouverture vers l'ouest sa principale priorité en déposant simultanément la candidature de la Géorgie à la porte de l'Union européenne, puis devant celle de l'Otan.
Mais la violente répression d'une manifestation antigouvernementale, en novembre dernier, a terni l'image de Saakachvili. Et l'opposition l'accuse de fraudes à l'élection présidentielle de janvier, ce dont il se défend.
Le scrutin a débuté à 8h00 (04h00 GMT) et les bureaux de vote doivent fermer leurs portes à 20h00 locales.
Les sondages effectués pour le parti de Saakachvili par Greenberg Quinlan Rosner, un institut de Washington, le créditaient de 54% d'intentions de vote contre 19% pour le Conseil de l'opposition unies.
L'opposition affirme que les discours de Saakachvili sur la démocratie masquent son intolérence envers toute contradiction.
"La campagne électorale a montré que les autorités ont l'intention de falsifier à nouveau le scrutin", a déclaré Levan Gatchetchiladzé, chef de la coalition d'opposition.
"Nous ne les laisserons pas faire. Tous les Géorgiens descendront dans les rues s'ils truquent les élections", a-t-il ajouté.
CAS D'INTIMIDATION
L'Otan a fait savoir qu'il suivrait de près le scrutin.
Le principal observateur occidental des élections a déclaré dans un rapport qu'il avait relevé plusieurs cas avérés d'intimidation par des fonctionnaires cherchant à faire appuyer le parti de Saakachvili et que la couverture par les stations de télévision penchait en faveur du parti au pouvoir.
Dans sa campagne, Saakachvili a promis d'éradiquer la pauvreté en Géorgie où un tiers de la population vit en dessous du seuil officiel de pauvreté.
Le président géorgien a bouclé sa campagne en mettant en garde contre les ennemis de la Géorgie qui cherchent à se servir du scrutin pour semer la discorde.
Le puissant voisin russe a renforcé le mois dernier ses liens avec les régions séparatistes en envoyant des renforts de troupes en Abkhazie, au grand dam des Etats-Unis, alliés de Tbilissi.
L'opposition a accusé Saakachvili d'avoir provoqué inutilement le Kremlin par ses propos, notamment lorsqu'il a parlé du "petit homme au Kremlin" à propos de l'ancien président russe Vladimir Poutine.














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